Nos ré­ponses à vos ques­tions

J’en­vi­sage d’em­ployer l’ar­gent de mon pee pour m’agran­dir. Quand dois-je ef­fec­tuer le re­trait?”

Le Revenu - Mensuel Placement - - SOMMAIRE -

L’achat de son lo­ge­ment, que vous soyez pri­mo-ac­cé­dant ou non, fait par­tie des nom­breux cas de dé­blo­cage an­ti­ci­pé. Vous ré­cu­pé­re­rez donc les sommes pla­cées sans im­pôts ni pé­na­li­tés. Vous ne de­vrez payer que les pré­lè­ve­ments so­ciaux sur vos gains.

En pra­tique, vous pou­vez dé­blo­quer votre ar­gent soit au mo­ment de la si­gna­ture de la pro­messe de vente, soit lors de la si­gna­ture de l’acte dé­fi­ni­tif. Si vous n’avez pas de pro­blèmes de tré­so­re­rie, re­ti­rez-le le plus tard pos­sible afin de dis­po­ser d’un ap­port plus im­por­tant. L’idéal est d’at­tendre qu’aient été ver­sés la par­ti­ci­pa­tion et l’in­té

res­se­ment de l’an­née pré­cé­dente. À sa­voir, pour un mo­tif don­né, vous ne pou­vez ef­fec­tuer qu’un seul dé­blo­cage.

scpi et di­ver­si­fi­ca­tion Je vais vendre un bien im­mo­bi­lier et veux me di­ver­si­fier. Que pen­sez­vous des scpi et des fon­cières co­tées en Bourse?

Pre­mière re­marque, vendre de la pierre afin de ré­in­ves­tir dans de la pierre pa­pier, c’est di­ver­si­fier à la marge son pa­tri­moine. Les SCPI, à l’image des fon­cières co­tées en Bourse telles que Kle­pierre ou bien Uni­bail-Ro­dam­co, sont des actifs dont la va­leur dé­pend entre autres de la bonne te­nue du mar­ché im­mo­bi­lier.

Se­conde re­marque, au-de­là de ce point com­mun, les SCPI et les fon­cières sont des pla­ce­ments très dif­fé­rents. Les scpi dis­tri­buent des re­ve­nus. elles sont des­ti­nées à com­plé­ter votre re­traite et offrent une sorte de rente via­gère.

Kle­pierre et Uni­bail-Ro­dam­co sont des ac­tions qui se montrent sen­sibles à la conjonc­ture im­mo­bi­lière comme aux va­ria­tions bour­sières. Ces va­leurs étaient éli­gibles au PEA mais ne le sont plus. Il faut do­ré­na­vant les ac­qué­rir à par­tir d’un compte-titres clas­sique.

Les SCPI peuvent être ache­tées dans le cadre de cer­tains contrats d’as­su­rance vie. La ques­tion qui se pose vé­ri­ta­ble­ment est celle de l’op­por­tu­ni­té d’ache­ter de la pierre

pa­pier au­jourd’hui. Dans un contexte de prix éle­vés sur le mar­ché im­mo­bi­lier, nous res­tons pru­dents sur le su­jet.

re­traits sur pLan pour fi­nan­cer les études de mon fils, vaut-il mieux faire des re­traits sur mon peL ou pui­ser dans mon pea?

re­ti­rer un eu­ro d’un peL force à le clô­tu­rer. ce n’est pas le cas avec un pea, sur le­quel des re­traits par­tiels sont pos­sibles au-de­là de huit ans de dé­ten­tion. Autre point im­por­tant, le PEL est un pla­ce­ment sans risques. Le PEA re­pose sur le ren­de­ment d’ac­tions, c’est un pla­ce­ment aléa­toire. Si vous pui­sez dans votre PEL, toutes choses égales par ailleurs, vous aug­men­tez le poids des in­ves­tis­se­ments à risque dans votre pa­tri­moine, ce qui n’est pas le cas quand vous ef­fec­tuez des re­traits sur votre PEA.

Conclu­sion: le choix est très per­son­nel. Tout dé­pend de votre si­tua­tion, de votre de­gré d’ac­cep­ta­tion du risque no­tam­ment. Dans le doute, mieux vaut mi­ser sur la sé­cu­ri­té et ef­fec­tuer un re­trait par­tiel sur le PEA si ce­la est pos­sible. Mieux vaut ga­gner un peu moins que mettre ses éco­no­mies en dan­ger.

ca­deaux et do­na­tions Je viens de re­ce­voir de mes pa­rents 1500 eu­ros pour mon an­ni­ver­saire. dois-je les dé­cla­rer en don ma­nuel ou sont-ils consi­dé­rés comme des pré­sents d’usage par le fisc?

Les pré­sents d’usage sont les ca­deaux que l’on se fait à Noël et aux an­ni­ver­saires. Ils sont exo­né­rés de droits de do­na­tion. S’il n’existe pas de pla­fond, leur mon­tant doit être pro­por­tion­nel au pa­tri­moine de la per­sonne qui donne. Un don ma­nuel est une do­na­tion qui n’est pas consta­tée par un acte no­ta­rié. Il porte gé­né­ra­le­ment sur une somme plus

im­por­tante. Fis­ca­le­ment, les dons d’ar­gent

sont exo­né­rés à hau­teur de 31865 eu­ros, mais le contri­buable doit les dé­cla­rer à son centre des im­pôts.

Dans le cas qui vous pré­oc­cupe, à moins que vos pa­rents ne dis­posent que de tout­pe­tits moyens, cette somme peut être consi­dé­rée comme un ca­deau.

FONDS STRUC­TU­RÉS Mon conseiller me pro­pose un pro­duit struc­tu­ré in­dexé sur le CAC 40 avec une pro­tec­tion du ca­pi­tal à 50% et un cou­pon an­nuel de 5%.”

Dif­fi­cile d’ar­gu­men­ter sans dis­po­ser de la do­cu­men­ta­tion tech­nique. No­tons tou­te­fois que la pro­tec­tion du ca­pi­tal, as­sez faible (50%), s’en­tend cer­tai­ne­ment hors frais sur ver­se­ments et hors frais de ges­tion du contrat d’as­su­rance vie, si ce fonds est sous­crit dans ce cadre, ce qui est le cas d’un fonds struc­tu­ré sur deux.

Notre conseil : construi­sez votre propre fonds ga­ran­ti. Ce n’est pas com­pli­qué. Si vous dis­po­sez de 100 eu­ros d’épargne, in­ves­tis­sez 80 eu­ros sur le fonds en eu­ros d’un contrat vie et 20 eu­ros sur une Si­cav d’ac­tions in­ter­na­tio­nales. Sur la base d’un ren­de­ment de 2% du fonds en eu­ros, vous ne pou­vez pas perdre d’ar­gent sur une pé­riode de dix ans à douze ans et vous avez toutes les chances d’en­cais­ser un gros bo­nus en cas de hausse de la Bourse. C’est la stra­té­gie des 80-20, sou­vent évo­quée dans Le Re­ve­nu.

CLÔ­TU­RER UN PEL AN­CIEN J’ai ou­vert en 1993 un PEL sur le­quel il y a près de 100000 eu­ros. La Banque Pos­tale me conseille de le fer­mer et de trans­fé­rer le ca­pi­tal sur un contrat d’as­su­rance vie avec 80% sur un fonds en eu­ros et 20% d’uni­tés de compte. Dois-je l’écou­ter?”

Votre PEL n’a pas de du­rée de vie maxi­male. Vous pou­vez le conser­ver aus­si long­temps que vous le sou­hai­tez. Reste à sa­voir si c’est votre in­té­rêt. Les PEL ou­verts entre mai 1986 et fé­vrier 1994 rap­portent au­jourd’hui 4,62% brut. Pour un pla­ce­ment sans risques, to­ta­le­ment li­quide, il est im­pos­sible de trou­ver mieux. Bien sûr, ce qui compte c’est le taux de ren­de­ment net de pré­lè­ve­ments so­ciaux et d’im­pôts. Si vous êtes sou­mis au PFU de 30%, votre PEL vous rap­porte 3,23% net, soit da­van­tage qu’un bon contrat d’as­su­rance vie en eu­ros. Tout dé­pend donc de vos ob­jec­tifs pa­tri­mo­niaux, sa­chant que la stra­té­gie pro­po­sée en as­su­rance vie (80% fonds en eu­ros, 20% en uni­tés de compte) tient la route dans l’op­tique d’un pla­ce­ment de long terme.

ÂGE ET AS­SU­RANCE VIE On dit qu’il faut ali­men­ter son contrat vie avant 70 ans. Est-ce avant le soixante-dixième ou avant le soixante et on­zième an­ni­ver­saire?

La fis­ca­li­té des sommes ver­sées sur un contrat vie dé­pend de nom­breux pa­ra­mètres, dont l’âge du sous­crip­teur. Les ver­se­ments qui sont ef­fec­tués avant l’âge de 70 ans sont exo­né­rés de droits de suc­ces­sion à hau­teur de 152500 eu­ros par bé­né­fi­ciaire, puis taxés à 20 ou 31,25%. À comp­ter du soixante-dixième an­ni­ver­saire, les sommes ver­sées ne sont exo­né­rées qu’à hau­teur de 30500 eu­ros pour l’en­semble des bé­né­fi­ciaires, mais les gains res­tent exo­né­rés. La fis­ca­li­té la plus avan­ta­geuse s’ap­plique avant le soixante-dixième an­ni­ver­saire.

CADRE DU PRÊT FA­MI­LIAL Mon père de­vrait me prê­ter 20000 eu­ros pour m’ai­der à ache­ter un stu­dio. Quelles sont les pré­cau­tions à prendre?”

Pour évi­ter les brouilles entre frères et soeurs, il est vrai­ment pré­fé­rable de res­pec­ter un cer­tain for­ma­lisme et de confier la ré­dac­tion du contrat à un no­taire. Le prêt peut être consen­ti avec ou sans in­té­rêts. At­ten­tion, il doit être rem­bour­sé. Si­non, il ne s’agit plus d’un prêt mais d’une do­na­tion, sus­cep­tible d’être taxée à ce titre.

Le prê­teur doit dé­cla­rer les éven­tuels in­té­rêts dans la ru­brique des re­ve­nus et ca­pi­taux mo­bi­liers de sa dé­cla­ra­tion de re­ve­nus. De son cô­té, l’em­prun­teur est te­nu de dé­cla­rer tout prêt d’un mon­tant su­pé­rieur à 760 eu­ros en rem­plis­sant l’im­pri­mé spécial n° 2062 qui peut-être té­lé­char­gé sur le site In­ter­net du mi­nis­tère des Fi­nances : im­pots.gouv.fr.

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