Comment mieux gé­rer votre ar­gent au­jourd’hui

Le Revenu - Mensuel Placement - - VOTRE PATRIMOINE -

R epre­nez ef­fi­ca­ce­ment vos af­faires en main. Nous sommes dans un nou­veau contexte qui im­pose de mieux com­prendre les évo­lu­tions éco­no­miques mon­diales pour adop­ter une stra­té­gie per­met­tant d’as­su­rer la sé­cu­ri­té et sur­tout la ren­ta­bi­li­té sou­hai­tée sans cou­rir de trop grands risques.

Les com­men­taires sur les chan­ge­ments qui s’ac­cu­mulent sont, certes, par­fois dé­sta­bi­li­sants. C’est d’ailleurs ce qui res­sort des nom­breuses interrogat­ions que vous me trans­met­tez. Je sou­haite donc re­faire le point sur un cer­tain nombre de su­jets clés.

Beau­coup d’in­ter­mé­diaires cherchent à vous faire croire que tout ira bien pour vous si vous leur confiez votre ar­gent. Face à la com­plexi­té et à la ver­sa­ti­li­té des mar­chés, vous avez in­té­rêt à ou­vrir les yeux. At­ten­tion aux pro­fes­sion­nels qui se disent les plus aver­tis pour prendre les bonnes dé­ci­sions à votre place.

Gé­rer soi-même ou faire gé­rer par un tiers? Il ne s’agit pas, dans mon es­prit, de li­mi­ter la réus­site de vos pla­ce­ments à ce seul choix. Il existe de bonnes so­lu­tions pro­po­sées par des banques, des com­pa­gnies d’as­su­rances, des pro­fes­sion­nels de l’im­mo­bi­lier. Des or­ga­nismes spé­cia­li­sés dans l’as­su­rance vie, la pré­voyance et la re­traite sont ef­fi­caces. Mais la dé­ci­sion fi­nale vous

ap­par­tient. C’est pour­quoi il convient de tou­jours prendre le temps de com­pa­rer les frais et les pers­pec­tives de ren­de­ment net d’im­pôts. N’ou­bliez pas non plus les diverses pé­na­li­tés et les risques sou­vent ca­chés.

Faites preuve de bons sens et de flair. Car nombre de conseiller­s en pla­ce­ments se livrent trop sou­vent à d’ha­biles pré­sen­ta­tions, non dé­nuées d’ar­rière-pen­sées com­mer­ciales. Fort heu­reu­se­ment, le nombre de bons pro­duits s’est dé­ve­lop­pé depuis vingt-cinq ans. Mais la vi­gi­lance reste de mise. Voi­ci d’abord ma vi­sion de cer­tains pa­ra­mètres d’ana­lyse éco­no­mique. Ce­la, afin de re­mettre les pen­dules à l’heure. Car le trouble de­vient par­fois si in­si­dieux que le grand pu­blic, comme beau­coup d’ex­perts, fi­nit par s’in­quié­ter au­tant quand tout va bien que lorsque tout va mal. Je veux in­sis­ter sur cer­taines dé­rives de la pen­sée.

1 Les taux d’in­té­rêt res­tent bas

His­to­ri­que­ment, les taux n’ont ja­mais été aus­si bas dans les grands pays in­dus­tria­li­sés, malgré la re­mon­tée ré­cente. Leur ni­veau est même proche de zé­ro au Ja­pon (l’une des pre­mières puis­sances éco­no­miques mon­diales) et en Suisse, le pa­ra­dis fis­cal pré­fé­ré des grandes mul­ti­na­tio­nales et des pro­duc­teurs de pé­trole. De telles évo­lu­tions ont d’énormes in­ci­dences. Je suis sou­vent éton­né que l’évo­ca­tion d’une va­ria­tion, après tout as­sez in­fime, des taux d’in­té­rêt dans un sens ou dans l’autre cha­hute au­tant les cours des Bourses. Je fi­nis par me de­man­der si les plus in­quiètes sont les grandes en­tre­prises ou la masse gran­dis­sante de spé­cu­la­teurs à cré­dit sur l’en­semble des mar­chés.

Il fau­dra un jour mieux contrô­ler ces dé­rives fi­nan­cières qui ébranlent à court terme le dé­ve­lop­pe­ment des so­cié­tés, co­tées ou pas, dont l’es­sor dope la crois­sance pour le bien de tous.

Mon conseil: les ren­de­ments des pla­ce­ments sans risques des dif­fé­rents li­vrets et du plan d’épargne lo­ge­ment res­tent voi­sins de l’in­fla­tion, malgré une baisse des ré­mu­né­ra­tions. L’as­su­rance vie en euros, qui per­met des avances peu coû­teuses, conserve ses atouts pour une du­rée de pla­ce­ment de quelques an­nées, voire plus. Con­ser­vez vos contrats au moins huit ans pour pro­fi­ter de la fis­ca­li­té la plus avan­ta­geuse.

Adop­tez une di­ver­si­fi­ca­tion bour­sière adap­tée à votre si­tua­tion et don­nez des ordres d’achat sur re­pli.

2 L’en­det­te­ment perturbe

C’est un su­jet mon­dial d’in­quié­tude. Et pour­tant, les États-Unis, lea­der éco­no­mique depuis près de cent ans, ont tou­jours bat­tu des re­cords d’en­det­te­ment. Comme le Ja­pon, autre géant, d’ailleurs.

Je ne suis pas par­ti­san d’un es­sor des dettes qui nui­rait aux pro­chaines gé­né­ra­tions et pè­se­rait sur les re­traites à ve­nir. Mais l’ac­cé­lé­ra­tion de la pro­duc­ti­vi­té, de l’in­no­va­tion, de la consom­ma­tion, des exi­gences de sé­cu­ri­té et de la sti­mu­la­tion so­ciale exige des in­ves­tis­se­ments. Fa­vo­ri­sons la crois­sance.

Mon conseil: vous en­det­ter à taux fixe au­tour de 1% pour l’ac­qui­si­tion de votre lo­ge­ment et, si vos moyens vous le per­mettent, d’une ré­si­dence se­con­daire. Être pro­prié­taire de son toit reste une prio­ri­té.

3 Pre­nons l’es­pé­rance de vie en compte

Elle est dé­ter­mi­nante à bien des titres, et en par­ti­cu­lier pour les re­traites. L’al­lon­ge­ment de l’es­pé­rance de vie pro­voque di­vers ef­fets, aus­si bien sur l’équilibre de la vie des fa­milles que sur les dé­penses de san­té. Mais aus­si sur le train de vie fu­tur de ceux qui cessent leur ac­ti­vi­té.

Je veux rap­pe­ler que, dans les an­nées qui ont pré­cé­dé 1900, la du­rée moyenne de vie va­riait au­tour de 4550 ans se­lon les ré­gions. L’âge des hé­ri­tiers avoi­si­nait 30 ans, ce qui per­met­tait, jeune, de dis­po­ser de moyens pour prendre des res­pon­sa­bi­li­tés. En 1950, la du­rée de vie moyenne a at­teint près de 65 ans. Les suc­ces­sions se réa­li­saient alors que les en­fants avaient 40 ans.

Au­jourd’hui, l’es­pé­rance de vie at­teint 80 ans. Si bien que nombre d’hé­ri­tiers ont en­vi­ron 60 ans et ap­prochent de la re­traite.

Mon conseil: en un siècle, la satisfacti­on de voir la du­rée de vie s’al­lon­ger bute sur l’in­quié­tude de bien des re­trai­tés de trans­mettre de leur vi­vant leur pa­tri­moine. Dans un monde qui les trouble, ils re­doutent d’avoir à ré­duire leur train de vie en cas de crise éco­no­mique. Les nom­breuses in­ci­ta­tions fis­cales et bien des sub­ti­li­tés ju­ri­diques per­mettent de mettre en place des do­na­tions adap­tées.

4 Quel ave­nir pour les Bourses?

Une vi­sion à long terme me pa­raît consti­tuer un sti­mu­lant pour une ges­tion bour­sière fa­vo­rable. Adop­tez une di­ver­si­fi­ca­tion adap­tée à votre si­tua­tion.

Mon conseil: je pri­vi­lé­gie cinq va­leurs par­mi celles de la liste que pro­pose Le Re­ve­nu ce mois- ci : Cap­ge­mi­ni, Mi­che­lin, Bouygues, Car­re­four, LVMH. Et deux tra­ckers: Amun­di ETF MSCI World et Lyxor MSCI Emer­ging. Mais don­nez des ordres d’achat sur re­pli après des prises de bé­né­fices ré­gu­lières.

Toutes ces ré­flexions et orien­ta­tions sont des­ti­nées à vous per­mettre d’agir plus ef­fi­ca­ce­ment pour mieux sti­mu­ler votre ar­gent dans un nou­veau contexte.

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