Le Re­ve­nu oriente ses lec­teurs

Le Revenu - Mensuel Placement - - SOMMAIRE - CH­RIS­TIAN FONTAINE

Pa­trick : « Comment fi­nan­cer ma nou­velle vie ? »

Six heures de trans­ports en com­mun à l’al­ler, six heures au re­tour: il faut le vou­loir! De­puis qu’il a ren­con­tré Ca­the­rine sur In­ter­net en 2009, Pa­trick fait la na­vette deux wee­kends par mois entre la ré­gion parisienne, où il ré­side, et Zurich, où vit sa com­pagne. Une co­ha­bi­ta­tion à dis­tance que ces lec­teurs du Re­ve­nu, qui ont de nou­velles ambitions, ne sup­portent plus. Ils ont donc dé­ci­dé d’y mettre fin dès que pos­sible en te­nant compte des contrainte­s de cha­cun. Une étape im­por­tante va être fran­chie dans quelques jours à l’oc­ca­sion du dé­part à la re­traite de Ca­the­rine, cadre dans la grande dis­tri­bu­tion. Après avoir pas­sé qua­rante ans en Suisse, elle a dé­ci­dé de re­ve­nir ha­bi­ter la France, en Bre­tagne, près de ses pa­rents âgés dont elle doit s’oc­cu­per. Le couple ne vi­vra tou­jours pas sous le même toit. Mais le Mor­bi­han est tout de même plus près de Pa­ris que la Suisse ! Pa­trick envisage une mu­ta­tion pro­fes­sion­nelle La vie com­mune sui­vra plus tard. Pa­trick doit d’abord amor­cer un vi­rage sur le plan pro­fes­sion­nel. Dans la même en­tre­prise de­puis vingt et un ans, il sen­tait la las­si­tude le ga­gner. Pour faire le point sur ses ac­quis et mieux re­bon­dir, il a en­ta­mé un bi­lan

de com­pé­tences. Son ob­jec­tif : s’in­ves­tir dans un pro­jet mo­ti­vant en ré­gion parisienne ou, mieux, en Bre­tagne. Son en­tre­prise y pos­sède des ins­tal­la­tions. Une mu­ta­tion pro­fes­sion­nelle pour­rait donc être en­vi­sa­gée, même si rien n’est fait.

Avant de quit­ter la ré­gion parisienne, Pa­trick a un pro­blème plus dé­li­cat à ré­soudre. Au­jourd’hui, il vit avec son frère, cé­li­ba­taire sans en­fants comme lui, et leur mère, qui a de nom­breux problèmes de san­té. Mi-contrainte, mi-vou­lue, cette co­ha- bi­ta­tion à trois est le fruit d’une his­toire fa­mi­liale longue et com­plexe. Pa­trick as­pire à la faire évo­luer sans per­tur­ber la vie de sa mère. Le trio, très uni, trou­ve­ra bien sûr une so­lu­tion adap­tée à cha­cun.

Pa­trick a con­tac­té Le Re­ve­nu parce qu’il sait qu’il va être con­fron­té à de mul­tiples dé­fis dans la ges­tion de ses fi­nances per­son­nelles. Les bons pla­ce­ments ne sont pas for­cé­ment les mêmes pour un cé­li­ba­taire que pour un couple. Sur­tout, il va fal­loir penser à se lo­ger en Bre­tagne. En­fin, à 51 ans, im­pos­sible de ne pas penser à la re­traite et à la né­ces­si­té de se consti­tuer une ca­gnotte pour la com­plé­ter. Pour l’ai­der à réus­sir sa nou­velle vie pa­tri­mo­niale, nous avons ana­ly­sé ses re­ve­nus, dé­penses, ac­tifs et dettes. Conclu­sion: mal­gré des re­ve­nus dans la moyenne su­pé­rieure, Pa­trick pos­sède de réelles marges de ma­noeuvre pour amé­lio­rer sa si­tua­tion fi­nan­cière. À condi­tion de prendre cer­taines dé­ci­sions. Vite. Com­men­çons par un in­ven­taire de ses avoirs et pla­ce­ments. La mai­son, qu’il dé­tient

en in­di­vi­sion pour moi­tié avec son frère, re­pré­sente son prin­ci­pal ac­tif. Sa part est éva­luée à 500000 eu­ros. Le reste du patrimoine se com­pose de li­vrets, d’un PEA, d’as­su­rances vie et d’un plan d’épargne d’en­tre­prise (PEE) pour un mon­tant to­tal de plus de 500000 eu­ros. In­té­res­sé par le monde des af­faires (il lit la presse fi­nan­cière tous les jours dans le train en al­lant tra­vailler), il gère bien son patrimoine, mais il peut en­core mieux faire.

Pré­co­ni­sa­tion n° 1 Pour­suivre l’ef­fort d’épargne

De­puis sa der­nière traite pour la mai­son en dé­but d’an­née, Pa­trick met de cô­té 1500 eu­ros par mois, soit un tiers de son sa­laire. Il a trou­vé le juste équi­libre entre épargne et consom­ma­tion. Compte te­nu de son pro­jet d’achat im­mo­bi­lier à deux (le mo­ment ve­nu), l’ou­ver­ture d’un bon vieux plan d’épargne lo­ge­ment (PEL) semble sou­hai­table. Le ren­de­ment (1% sans risques) est peu éle­vé. Mais dans quatre ans, il pour­ra em­prun­ter à 2,2%, un taux peu in­té­res­sant au­jourd’hui, mais qui pour­rait le de­ve­nir de­main en cas de dur­cis­se­ment des po­li­tiques mo­né­taires.

Pré­co­ni­sa­tion n° 2 Ne pas mettre tous ses oeufs dans son lo­ge­ment

En termes de bud­get, pour leur mai­son, nous conseillon­s à Pa­trick et à Ca­the­rine de ne pas dé­pas­ser 600000 eu­ros fi­nan­cés à 50-50.

Pas­sé 50 ans, il est dé­rai­son­nable de mettre tous ses oeufs dans sa ré­si­dence prin­ci­pale. Mieux vaut gar­der

des li­qui­di­tés pour faire face aux im­pré­vus et pré­pa­rer sa re­traite. Les par­ti­cu­liers qui réus­sissent le mieux avec leurs pla­ce­ments sont sou­vent me­su­rés dans leurs dé­ci­sions. Tout mi­ser sur un seul ac­tif est dan­ge­reux, sur­tout s’il est fi­nan­cé à cré­dit.

Pré­co­ni­sa­tion n° 3 Al­lé­ger le poste actions

Pa­trick a un autre dos­sier à trai­ter. Les actions re­pré­sentent 75% de ses pla­ce­ments fi­nan­ciers. À 51 ans, dans un contexte fi­nan­cier in­cer­tain, c’est beau­coup. Nous lui sug­gé­rons de pro­fi­ter des cours éle­vés pour s’al­lé­ger. Et d’uti­li­ser les li­qui­di­tés pour ren­for­cer les pla­ce­ments à long terme sans risques, à com­men­cer par l’as­su­rance vie en eu­ros, dont les ren­de­ments réels res­tent in­té­res­sants.

Pré­co­ni­sa­tion n° 4 Choi­sir une forme d’union adap­tée

Con­cu­bi­nage, Pacs ou ma­riage ? Pa­trick et Ca­the­rine s’in­ter­rogent sur la forme ju­ri­dique de leur union. Nous in­sis­tons sur les dif­fé­rences en

cas de décès. S’ils ne se ma­rient pas et si Pa­trick dis­pa­raît, Ca­the­rine ne tou­che­ra pas un cen­time. S’ils se ma­rient, Ca­the­rine tou­che­ra sa de­mi­re­traite et hé­ri­te­ra de la moi­tié de ce patrimoine. L’autre moi­tié se­ra par­ta­gée à éga­li­té entre les pa­rents de Pa­trick. Ces consi­dé­ra­tions sont im­por­tantes pour ce der­nier, qui est très at­ta­ché à sa fa­mille. Conclu­sion: notre lec­teur gère de

fa­çon ac­tive son patrimoine. C’est bien. Il doit main­te­nant le mettre au ser­vice de sa nou­velle vie à ve­nir. Il n’est pas ques­tion de prendre des vi­rages à quatre-vingt-dix de­grés. C’est trop tôt et ra­re­ment sou­hai­table. Il s’agit de se mettre en condi­tion pour être prêt à prendre les bonnes dé­ci­sions le mo­ment ve­nu. An­ti­ci­per est l’une des règles im­muables de la bonne ges­tion de ses af­faires.

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