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Le Revenu - Mensuel Placement - - SOMMAIRE - LAURENT SAILLARD

Il est en­core trop tôt pour se ren­for­cer en actions

Les pre­miers mois de l’an­née 2018 confirment le re­tour de la vo­la­ti­li­té en Bourse, au gré des hu­meurs de Trump – de son ap­proche dé­rou­tante de la né­go­cia­tion in­ter­na­tio­nale – et de la pu­bli­ca­tion des grands in­di­ca­teurs de l’éco­no­mie amé­ri­caine. Les ten­sions entre les États-Unis et la Chine, qui laissent pré­sa­ger une guerre com­mer­ciale, les craintes d’une re­mon­tée des taux d’in­té­rêt ain­si que d’une sur­va­lo­ri­sa­tion des so­cié­tés de tech­no­lo­gie animent les mar­chés, à la hausse comme à la baisse, de­puis le 1er jan­vier, en fonction de l’an­ti­ci­pa­tion do­mi­nante de ces évo­lu­tions. Au 11 avril, le CAC 40 ne cé­dait que 0,6% de­puis le dé­but de l’an­née et ga­gnait 40% de­puis cinq ans. Mais l’en­vi­ron­ne­ment reste-t-il fa­vo­rable aux actions ? Ou le mo­ment est-il ve­nu de dés­in­ves­tir ?

Chine-États-Unis: un match à l’is­sue dé­ci­sive

S’il est trop tôt pour se ren­for­cer en actions, il convient de maintenir les pon­dé­ra­tions ac­tuelles, soit 55% en actions dans le cas d’un pro­fil équi­li­bré (voir ci-contre). De nom­breux in­di­ca­teurs laissent en ef­fet penser que les mar­chés tra­versent une phase de cor­rec­tion bour­sière de mi­lieu de cycle, mais qu’il ne s’agit pas en­core de la fin d’un cycle haus­sier, même s’il a été très long. On peut en tout cas suivre ce scé­na­rio sur un ho­ri­zon de six à douze mois. Au-de­là, un éven­tuel ra­len­tis­se­ment de l’éco­no­mie mon­diale obli­ge­rait à ré­vi­ser cette po­si­tion. Mais pour l’heure, la crois­sance de l’ac­ti­vi­té se main­tient à un ni­veau éle­vé. Sur­tout, la pro­gres­sion des bénéfices des en­tre­prises se confirme par­tout dans le monde – dé­ve­lop­pé comme émergent –, consti­tuant un des prin­ci­paux fac­teurs de sou­tien de l’évo­lu­tion bour­sière. Les in­ves­tis­seurs sont certes dé­con­cer­tés par la di­plo­ma­tie peu conven­tion­nelle de Trump, qui pré­fère le choc fron­tal mus­clé, comme l’ont mon­tré les dos­siers nu­cléaire nord-co­réen et com­mer­cial chi­nois, avant de faire jouer les né­go­cia­teurs, point par point.

Sur les ta­rifs doua­niers avec la Chine et le res­pect de la pro­prié­té in­tel­lec­tuelle des pays dé­ve­lop­pés, le pré­sident chi­nois, Xi Jin­ping, a ré­cem­ment lais­sé la porte ou­verte à la né­go­cia­tion. L’is­sue de ces trac­ta­tions se­ra dé­ci­sive pour la ten­dance bour­sière des pro­chaines se­maines.

Maintenir la voi­lure

Nous re­com­man­dons donc de maintenir la voi­lure dans les pon­dé­ra­tions en actions des por­te­feuilles, afin de ne pas ra­ter les re­bonds que pro­voque chaque bonne nou­velle re­la­tive aux re­la­tions com­mer­ciales si­no-amé­ri­caines.

Mais, contrai­re­ment à l’an­née 2017, l’in­ves­tis­seur en actions doit s’ha­bi­tuer à la pré­sence quo­ti­dienne de la vo­la­ti­li­té sur les mar­chés et à des séances bour­sières riches en re­tour­ne­ments. Les pu­bli­ca­tions de ré­sul­tats des en­tre­prises, elles, conti­nuent de se mon­trer en­cou­ra­geantes quant au ni­veau de crois­sance aux États-Unis, en Eu­rope et au Ja­pon, et dans la plu­part des grands pays émer­gents.

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