Pré­lè­ve­ments à la source Ce qui change pour vos pla­ce­ments

À par­tir du 1er jan­vier 2019, l’im­pôt sur vos re­ve­nus se­ra col­lec­té à la source. Le Re­ve­nu dé­taille les ef­fets de la ré­forme sur les grandes fa­milles de pla­ce­ments.

Le Revenu - Mensuel Placement - - SOMMAIRE - BAR­BA­RA HUFNAGEL

Dif­fi­cile de me­su­rer la ren­ta­bi­li­té d’un pla­ce­ment sans te­nir compte de sa fis­ca­li­té. Le pré­lè­ve­ment for­fai­taire unique (PFU) et la hausse de la CSG ont dé­jà mo­di­fié les règles du jeu. En 2019, la ré­forme fis­cale se pour­suit avec l’ar­ri­vée du pré­lè­ve­ment à la source. Voi­ci ce qu’il faut re­te­nir pour vos in­ves­tis­se­ments.

Li­vrets d’épargne

La faible ren­ta­bi­li­té des li­vrets est mal­heu­reu­se­ment le prix à payer pour une épargne dis­po­nible à tout mo­ment. Pour évi­ter que la ré­mu­né­ra­tion ne se ré­duise comme peau de cha­grin, les li­vrets dé­fis­ca­li­sés sont à pri­vi­lé­gier (Li­vret A, Li­vret de dé­ve­lop­pe­ment du­rable, etc.). Ces li­vrets sont mal­heu­reu­se­ment pla­fon­nés. Pour pla­cer des sommes im­por­tantes, il vous reste les comptes sur li­vret, dont les in­té­rêts sont im­po­sables. De­puis le 1er jan­vier 2018, ils sup­portent au­to­ma­ti­que­ment le pré­lè­ve­ment for­fai­taire unique (PFU) de 30 % (dont 17,2 % de pré­lè­ve­ments so­ciaux). Les in­té­rêts per­çus en 2018 sont fis­ca­li­sés car ils ne bé­né­fi­cient pas de l’an­née blanche. Vous les dé­cla­re­rez en mai 2019. Si vous êtes non im­po­sable, vous pour­rez op­ter pour une im­po­si­tion au ba­rème pro­gres­sif plu­tôt qu’au PFU.

NOTRE CON­SEIL

Si vous op­tez pour le ba­rème pro­gres­sif à la place du PFU, vos in­té­rêts se­ront pris en compte pour le cal­cul de votre fu­tur taux de pré­lè­ve­ment à la source.

As­su­rance vie

Cette en­ve­loppe fis­cale vous per­met d’in­ves­tir sur dif­fé­rentes classes d’ac­tifs (fonds en eu­ros, obli­ga­tions, ac­tions, etc.) en sus­pen­sion d’im­pôt. Vos gains ne sont taxés qu’en cas de re­trait de votre contrat, à l’ex­cep­tion des fonds en eu­ros qui sup­portent les pré­lè­ve­ments so­ciaux de 17,2 % tous les ans. Le PFU a in­tro­duit de nou­velles règles pour l’im­po­si­tion des gains. La taxa­tion sur un re­trait dé­pend de l’an­cien­ne­té de votre contrat, de la date de ver­se­ment des primes, du mon­tant de l’épargne ac­quise et de votre âge lors des ver­se­ments. Le pré­lè­ve­ment à la source ne re­met pas en cause la fis­ca­li­té sur les re­traits, ni celle ap­pli­cable aux ca­pi­taux dé­cès.

NOTRE CON­SEIL

Si vous op­tez pour une im­po­si­tion au ba­rème pro­gres­sif à la place du PFU, l’op­tion s’ap­plique à tous les gains de vos pla­ce­ments.

Bourse

Vos pla­ce­ments bour­siers sont fis­ca­li­sés sur les re­ve­nus et sur les plus

va­lues, sauf si vous les dé­te­nez dans un PEA. Les re­ve­nus de ca­pi­taux mo­bi­liers au sens large comme les in­té­rêts, di­vi­dendes, cou­pons obli­ga­taires ain­si que les plus-va­lues sup­portent le pré­lè­ve­ment

for­fai­taire unique de 30 %. Cette im­po­si­tion for­fai­taire équi­vaut à un pré­lè­ve­ment à la source dont le taux ne tient pas compte de vos autres re­ve­nus ni de votre si­tua­tion de fa­mille. Mais n’es­pé­rez pas pro­fi­ter de l’an­née blanche, car les re­ve­nus de ca­pi­taux mo­bi­liers ne sont pas concer­nés par le pré­lè­ve­ment à la source.

L’op­tion pour le ba­rème pro­gres­sif est éga­le­ment pos­sible pour vos in­ves­tis­se­ments en Bourse.

NOTRE CON­SEIL

Si vous op­tez pour une im­po­si­tion au ba­rème pro­gres­sif en mai 2019, vos re­ve­nus bour­siers 2018 se­ront ex­cep­tion­nel­le­ment taxés à votre taux moyen et non à votre taux mar­gi­nal d’im­po­si­tion (gé­né­ra­le­ment plus éle­vé).

Im­mo­bi­lier lo­ca­tif

À par­tir de jan­vier 2019, vos loyers se­ront im­po­sés sous

forme d’acomptes pré­le­vés par l’ad­mi­nis­tra­tion fis­cale sur votre compte ban­caire. Contrai­re­ment au PFU, le taux d’im­po­si­tion de vos loyers est pro­gres­sif et tient compte de vos autres re­ve­nus. Les loyers per­çus

en 2018 pro­fi­te­ront de l’an­née blanche et ne se­ront pas im­po­sés (sauf re­ve­nus ex­cep­tion­nels). Pour évi­ter que le contri­buable ne re­porte ses tra­vaux en 2019 (in­ef­fi­ca­ci­té fis­cale en 2018), le lé­gis­la­teur a pré­vu une me­sure « an­ti-op­ti­mi­sa­tion ». À l’ex­cep­tion des tra­vaux d’ur­gence, les tra­vaux payés en 2019 ne se­ront dé­duc­tibles qu’à hau­teur de la moyenne des tra­vaux réa­li­sés en 2018 et 2019. Il est pré­fé­rable d’at­tendre 2020 pour pro­fi­ter plei­ne­ment de la dé­duc­ti­bi­li­té de vos tra­vaux sur les loyers.

NOTRE CON­SEIL

Le paie­ment de votre pre­mier acompte (pré­lè­ve­ments so­ciaux in­clus) in­ter­vien­dra le 15 jan­vier ou le 15 fé­vrier 2019 si vous avez choi­si un acompte tri­mes­triel.

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