As­su­rance vie

Le Revenu - Mensuel Placement - - SOMMAIRE -

’as­su­rance vie est un pla­ce­ment ou­vert à tous qui s’adapte à vos pro­jets : bâ­tir un pa­tri­moine, faire fruc­ti­fier une épargne pour un achat im­mo­bi­lier ou les études des en­fants, pré­pa­rer des re­ve­nus com­plé­men­taires pour la re­traite, trans­mettre un ca­pi­tal dans un cadre fis­cal avan­ta­geux… D’où son sur­nom de cou­teau suisse du pa­tri­moine.

Deux grands types de contrat d’as­su­rance vie vous sont pro­po­sés

On pense sou­vent que l’as­su­rance vie ne s’ap­pré­hende que pour de gros mon­tants. Pour­tant, le pla­ce­ment est très souple et per­met de do­ser les ver­se­ments et de dé­bu­ter avec quelques di­zaines d’eu­ros par mois. Au mo­ment de sous­crire, deux types de contrats sont pro­po­sés : les contrats mo­no­sup­ports (de­ve­nus rares) et les contrats mul­ti­sup­ports. Les pre­miers ne vous donnent ac­cès qu’au fonds en eu­ros. Les avan­tages du sup­port en eu­ros sont nom­breux : l’in­ves­tis­se­ment est ga­ran­ti en ca­pi­tal, les avoirs sont dis­po­nibles et un ef­fet cli­quet sé­cu­rise tous les ans les in­té­rêts ac­quis. Le ren­de­ment des fonds en eu­ros a pro­gres­sé en moyenne de 1,8 % en 2017 (près de 2,5 % pour les contrats Tro­phées d’Or du Re­ve­nu) et de­vrait évo­luer au­tour de 1,6 % en 2018. Cette ré­mu­né­ra­tion, en ap­pa­rence faible, est en réa­li­té com­pé­ti­tive au re­gard de la com­po­si­tion fi­nan­cière, es­sen­tiel­le­ment obli­ga­taire, d’un fonds en eu­ros. À titre d’exemple, les taux à 10 ans fran­çais (OAT 10 ans) se si­tuaient au­tour de 0,8 % dé­but no­vembre 2018. D’ailleurs, les épar­gnants ne s’y trompent pas. Ils y consacrent en­core plus de 70 % de leurs ver­se­ments.

Les contrats d’as­su­rance vie mul­ti­sup­ports pro­posent, eux, en plus du sup­port en eu­ros, de mul­tiples fonds (ap­pe­lés uni­tés de compte) pour in­ves­tir dans di­verses classes d’ac­tifs (ac­tions, obli­ga­tions…). Les contrats mo­dernes élar­gissent les in­ves­tis­se­ments aux tra­ckers (ap­pe­lés aus­si ETF) pour re­pro­duire la per­for­mance d’un in­dice bour­sier avec peu de frais, aux SCI-SCPI-OPCI pour suivre le mar­ché im­mo­bi­lier pro­fes­sion­nel, voire à des ac­tions en di­rect. Mais at­ten­tion, si le po­ten­tiel de per­for­mance des uni­tés de compte est su­pé­rieur à ce­lui du sup­port en eu­ros, elles ne bé­né­fi­cient d’au­cune ga­ran­tie en ca­pi­tal et peuvent donc vous faire su­bir des pertes. Il est tout à fait pos­sible d’in­ves­tir l’in­té­gra­li­té d’un contrat mul­ti­sup­port dans le fonds en eu­ros ga­ran­ti. Pour di­verses rai­sons, no­tam­ment de contraintes ré­gle­men­taires, les com­pa­gnies d’as­su­rances sont ré­ti­centes à ac­cep­ter de gros ver­se­ments sur ce seul sup­port. Un pa­na­chage avec des uni­tés de compte est alors sou­vent pré­co­ni­sé. At­ten­tion, il convient pour ce­la de bien dé­fi­nir votre pro­fil d’in­ves­tis­seur. Plus il est pru­dent, plus la part consa­crée au fonds en eu­ros, sé­cu­ri­sé, doit être im­por­tante. Et in­ver­se­ment.

Une al­lo­ca­tion fi­nan­cière libre, conseillée ou to­ta­le­ment dé­lé­guée

Le plus sou­vent, le contrat est en ges­tion libre, ce qui vous laisse une to­tale li­ber­té dans le choix des sup­ports fi­nan­ciers. En­core faut-il être au­to­nome. Pour vous ai­der, uti­li­sez des op­tions d’ar­bi­trage au­to­ma­tique (in­ves­tis­se­ment pro­gres­sif, ar­rêt des pertes…), au­jourd’hui plus ré­pan­dues et sou­vent as­sez peu coû­teuses. Pour qui sou­haite être épau­lé, un ac­com­pa­gne­ment est pos­sible. Clas­si­que­ment pro­po­sée en banque pri­vée, la ges­tion conseillée per­met de gar­der la main sur le contrat tout en pro­fi­tant de re­com­man­da­tions d’ex­perts. Vous pou­vez aus­si dé­lé­guer en­tiè­re­ment la ges­tion de votre contrat en op­tant pour une ges­tion pi­lo­tée (grand pu­blic) ou sous man­dat (plus per­son­na­li­sée). Ces dif­fé­rentes mé­thodes sont à étu­dier se­lon des cri­tères de per­ti­nence et de frais. Quand vous sou­hai­tez ré­cu­pé­rer tout ou par­tie de votre épargne, vous de­vrez faire des re­traits, que les as­su­reurs ap­pellent ra­chats. Cette opé­ra­tion peut se faire épi­so­di­que­ment, par le biais

de ra­chats par­tiels, ou de fa­çon ré­gu­lière par des ra­chats par­tiels pro­gram­més. Si vous op­tez pour la se­conde so­lu­tion, le mon­tant du ra­chat est alors ver­sé à votre compte ban­caire à la fré­quence dé­si­rée : men­suelle, tri­mes­trielle…

Lors d’un re­trait, l’as­siette im­po­sable est ré­duite car seuls les in­té­rêts com­pris dans l’opé­ra­tion sont fis­ca­li­sés. La part en in­té­rêts de votre re­trait re­prend exac­te­ment la part en in­té­rêts de votre contrat. Par exemple, si vous re­ti­rez 1 000 eu­ros d’un contrat d’as­su­rance vie d’une va­leur de 100 000 eu­ros com­pre­nant 20 % d’in­té­rêts, le re­trait com­por­te­ra 200 eu­ros d’in­té­rêts (20 % × 1 000 eu­ros). Les gains gé­né­rés par des ver­se­ments ef­fec­tués avant le 27 sep­tembre 2017 suivent par dé­faut le ba­rème pro­gres­sif de l’im­pôt sur le re­ve­nu. Se­lon votre tranche mar­gi­nale d’im­po­si­tion, vous pou­vez avoir in­té­rêt à op­ter pour le pré­lè­ve­ment for­fai­taire li­bé­ra­toire (PFL) : 35 % entre zé­ro et quatre ans, 15 % entre quatre et huit ans et 7,5 % au-de­là. Sur­tout, les contrats de plus de huit ans per­mettent de bé­né­fi­cier d’un abat­te­ment an­nuel sur les gains (tous contrats confon­dus) de 4 600 eu­ros pour un cé­li­ba­taire ou de 9 200 eu­ros pour un couple ma­rié ou pac­sé. Ain­si, une per­sonne seule peut re­ti­rer chaque an­née en fran­chise d’im­pôts 23 000 eu­ros d’un contrat com­pre­nant 20 % d’in­té­rêts (le double pour un couple ma­rié ou pac­sé). Il fau­dra ac­quit­ter les pré­lè­ve­ments so­ciaux de 17,2 % de­puis le 1er jan­vier 2018, qui n’ont pas été payés au fil du temps (prin­ci­pa­le­ment sur les uni­tés de compte).

La meilleure en­ve­loppe pour vous consti­tuer des re­ve­nus ré­gu­liers

Les gains cor­res­pon­dant aux ver­se­ments ef­fec­tués de­puis le 27 sep­tembre 2017 sont sou­mis au pré­lè­ve­ment for­fai­taire unique (PFU) de 12,8 % (30 % avec les pré­lè­ve­ments so­ciaux). Une bonne nou­velle, avant les huit ans du contrat, pour de nom­breux épar­gnants. Après huit ans, l’abat­te­ment est conser­vé et le PFL de 7,5 % s’ap­plique jus­qu’à 150 000 eu­ros de ver­se­ments (nets de re­traits). Au-de­là, le PFU à 12,8 % in­ter­vient. L’op­tion de l’im­pôt sur le re­ve­nu reste pos­sible.

Con­si­dé­rée comme un ac­tif hors suc­ces­sion, l’as­su­rance vie per­met de trans­mettre, via la clause bé­né­fi­ciaire, un ca­pi­tal dans des condi­tions sou­vent plus avan­ta­geuses que celles d’une suc­ces­sion clas­sique (jus­qu’à 60 % de droits pour un tiers). De nom­breuses trans­mis­sions sont exo­né­rées grâce à un abat­te­ment fis­cal de 152 500 eu­ros par bé­né­fi­ciaire (voir le ta­bleau page ci-contre). Pour mé­moire, de­puis 2007, le conjoint et le par­te­naire de Pacs sont exo­né­rés de droits de suc­ces­sion et de taxes sur les ca­pi­taux dé­cès des contrats vie.

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