In­ves­tis­se­ment PME

Le Revenu - Mensuel Placement - - SOMMAIRE -

L’in­ves­tis­se­ment en di­rect dans des PME non co­tées est un pla­ce­ment qui peut s’avé­rer très ren­table. Dé­sor­mais moins taxé, il reste for­te­ment ris­qué. Un ob­jec­tif de ren­ta­bi­li­té de 10 % Se­lon France In­vest, l’as­so­cia­tion des in­ves­tis­seurs pour la crois­sance, 6,6 mil­liards d’eu­ros d’épargne ont été le­vés au pre­mier se­mestre 2018. Sur la même pé­riode, 6,1 mil­liards d’eu­ros ont été in­ves­tis dans plus de 1 100 en­tre­prises non co­tées, et plus de 800 so­cié­tés ont été cé­dées en par­tie ou en to­ta­li­té. Ces mon­tants sont proches des ni­veaux re­cords at­teints sur la même pé­riode en 2017, signe de l’in­té­rêt des in­ves­tis­seurs.

L’ob­jec­tif de ren­ta­bi­li­té in­terne du pla­ce­ment est d’au moins 10 %, mais l’im­mo­bi­li­sa­tion de l’épargne in­ves­tie est au mi­ni­mum de cinq ans dans le meilleur des cas, et le risque de faillite d’un pro­jet ou d’une so­cié­té exis­tante est tou­jours pos­sible. L’in­ves­tis­seur perd alors 100 % de sa mise. Il faut donc mu­tua­li­ser le risque d’une ma­nière ou d’une autre, en di­ver­si­fiant ses in­ves­tis­se­ments. Les pro­fes­sion­nels du non-co­té re­ven­diquent des taux bruts de ren­ta­bi­li­té in­terne de leurs in­ves­tis­se­ments d’en­vi­ron 9,5 % sur très longue pé­riode, mais cette moyenne in­tègre de grandes dis­pa­ri­tés de per­for­mance, de – 8 % à + 15 %. Le taux réel pour l’in­ves­tis­seur n’est en tout cas connu qu’au mo­ment de la cession ef­fec­tive des parts dé­te­nues ou du por­te­feuille de par­ti­ci­pa­tions. Quatre pos­si­bi­li­tés d’ac­cès Il existe plu­sieurs moyens de réa­li­ser ce type de pla­ce­ment. Le pre­mier d’entre eux consiste à in­ves­tir en di­rect dans le ca­pi­tal d’une PME à l’oc­ca­sion d’une aug­men­ta­tion de son ca­pi­tal, avec une ré­duc­tion de l’im­pôt sur le re­ve­nu de 18 % des ver­se­ments. Il convient de bien connaître les di­ri­geants et le sec­teur d’ac­ti­vi­té et de pou­voir suivre de près l’évo­lu­tion de la so­cié­té. Ce n’est pas don­né à tout le monde. Plu­tôt que d’agir seul, mieux vaut re­joindre un cercle de bu­si­ness an­gels qui étu­dient les dos­siers en co­mi­té d’in­ves­tis­se­ment avant de re­te­nir un pro­jet, ou de par­ti­ci­per à un « club deal », une offre ré­ser­vée à un nombre li­mi­té de clients pa­tri­mo­niaux par des so­cié­tés de ges­tion spé­cia­li­sées dans le ca­pi­tal in­ves­tis­se­ment – ou via des banques pri­vées et des conseillers en ges­tion de pa­tri­moine, qui dis­tri­buent les offres de ces gé­rants.

Une se­conde pos­si­bi­li­té consiste à sous­crire à un fonds com­mun de pla­ce­ment à risque (FCPR), qui mu­tua­lise un por­te­feuille de par­ti­ci­pa­tions. Les FCPR sont conçus par des so­cié­tés de ges­tion spé­cia­li­sées, qui éla­borent aus­si des FIP et des FCPI (lire page 47). Les FCPR étaient sur­tout conçus pour des in­ves­tis­seurs ins­ti­tu­tion­nels, mais la sup­pres­sion de l’ISF-PME a sus­ci­té une offre en FCPR à des­ti­na­tion d’épar­gnants pa­tri­mo­niaux. Ces sup­ports pro­posent le plus sou­vent d’in­ves­tir dans des pro­grammes d’obli­ga­tions conver­tibles en ac­tions (OCA), ce qui re­vient à in­ves­tir dans les « qua­si-fonds propres » de l’en­tre­prise (et non pas di­rec­te­ment dans le ca­pi­tal so­cial).

Une troi­sième pos­si­bi­li­té est of­ferte par le fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif ( crowd­fun­ding pour un ac­cès au ca­pi­tal, crowd­len­ding pour des prêts à l’en­tre­prise), ac­ces­sible avec quelques cen­taines d’eu­ros, ce qui n’est pas le cas dans les autres formes d’in­ves­tis­se­ment en di­rect. Soyez pru­dent de­vant les pro­po­si­tions de ren­de­ment trop al­lé­chantes, qui n’in­tègrent pas d’éven­tuelles dé­faillances d’en­tre­prises.

On peut en­fin tout sim­ple­ment uti­li­ser son PEA ou son PEA-PME (lire page 61), à condi­tion de ne pas dé­te­nir plus de 25 % d’une en­tre­prise in­di­vi­duelle. L’exo­né­ra­tion fis­cale des di­vi­dendes d’ac­tions non co­tées y est en outre li­mi­tée à 10 % de leur prix d’ac­qui­si­tion. Cer­tains FCPR peuvent aus­si être éli­gibles au PEA et au PEA-PME.

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