Pé­ris en mer. « L’Al­cyon » dis­pa­rais­sait il y a 40 ans

Le Télégramme - Auray - - AURAY. LOISIRS -

Dans la nuit du mar­di 12 dé­cembre 1978, « L’Al­cyon », cha­lu­tier de l’ar­me­ment étel­lois Pierre-Mor­vant, som­brait lors d’une tem­pête au large des côtes Sud-Ouest de l’An­gle­terre, entre la pointe de Cor­nouaille et le ca­nal de Bris­tol. Bi­lan : les 10 ma­rins por­tés dis­pa­rus, lais­sant sept veuves et 18 or­phe­lins. Mer­cre­di pro­chain, à 40 ans jour pour jour de ce drame, la caisse de se­cours des ma­rins et pé­ris en mer in­vite à un dé­pôt de gerbe à la stè­le­sou­ve­nir, à Sainte-Anne d’Au­ray. Pour les ma­rins du pays d’Etel et Belz, comme Yvon Le Vi­sage, vice-pré­sident de la caisse de se­cours, ce drame reste très pré­sent. Lui-même avait d’ailleurs na­vi­gué un temps sur ce ba­teau de 32 m à coque acier,, construit en 1965 à Saint-Ma­lo, so­lide, bien équi­pé, sans pro­blème et re­nom­mé. « L’Al­cyon » avait quit­té Lo­rient le 7 dé­cembre. À bord, le pa­tron, re­con­nu et très ex­pé­ri­men­té, Georges Le La­mer, 39 ans, du Bo­no ; Ro­land Drea­no, d’Er­de­ven, 30 ans, lieu­te­nant ; Louis Grou­hel, d’Er­de­ven, 42 ans, chef-mé­ca­ni­cien ; Jean Le Port, de Belz (Lar­mor), 44 ans, se­cond ; Jean Le Gar­rec, de La­nes­ter, 41 ans, cui­si­nier ; Mi­chel Le Clanche, de Belz, 23 ans, Édouard Lam­bert, d’Au­ray, 26 ans, An­dré Le Lan, de Rian­tec, 24 ans, Re­my Le Thoer, de Clo­harsCar­noet, 21 ans, ma­te­lots ; Marc Ri­veau, de Saint-Phi­li­bert, 17 ans, no­vice.

Au ma­tin, le ba­teau reste muet

Alors que la mer avait été plu­tôt bonne de­puis le dé­part, un « coup de chien » s’est le­vé au soir du 12 dé­cembre, avec des vagues de 10 m : des condi­tions dif­fi­ciles, mais les ma­rins connais­saient pire. À 22 h, une fu­sée de dé­tresse avait été re­pé­rée. Au ma­tin, à la va­ca­tion de 7 h, le ba­teau res­tait muet. Les au­to­ri­tés an­glaises avaient en­voyé deux hé­li­co­ptères, un avion, et un ca­not. Les din­ghies avaient fi­na­le­ment été re­pé­rés, vides, au mi­lieu de dé­bris et de bouées-cou­ronne. Mais au­cune trace des ma­rins. La rai­son du naufrage reste in­con­nue. Une hy­po­thèse est qu’un pa­quet de mer ait pu s’en­gouf­frer et dé­sta­bi­li­ser le ba­teau, dont la par­ti­cu­la­ri­té était d’avoir le cô­té bâ­bord re­fer­mé. L’émo­tion et la so­li­da­ri­té avaient été à la hau­teur du drame : la cé­lé­bra­tion à la mé­moire des dix ma­rins avait réuni 2 000 per­sonnes à l’église de Belz. L’of­fice avait été cé­lé­bré par l’évêque de Vannes, Mgr Bous­sard, et l’abbé Mi­chel Ezan, alors au­mô­nier des gens de mer, en pré­sence de Chris­tian Bon­net, mi­nistre de l’in­té­rieur, et des dé­pu­tés JeanYves Le Drian et Ai­mé Ker­gue­ris.

« L’Al­cyon », un ba­teau so­lide et me­né par un équi­page che­vron­né, a som­bré corps et biens le 12 dé­cembre 1978. Bi­lan : Dix ma­rins por­tés dis­pa­rus, lais­sant sept veuves et 18 or­phe­lins (pho­to : mu­sée des Tho­niers).

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