Des rues rouges de monde à Pa­ris

Ce jeu­di, plus de 6.000 per­sonnes ont ma­ni­fes­té pour sou­te­nir le pro­jet de di­vorce entre Ar­kéa et la Con­fé­dé­ra­tion na­tio­nale du Cré­dit Mu­tuel. Une dé­mons­tra­tion de force qui n’a pas lais­sé in­dif­fé­rents les Pa­ri­siens.

Le Télégramme - Brest Abers Iroise - - BREST. LE FAIT DU JOUR - Di­dier Dé­niel

6 h du ma­tin. Le TGV spé­cial quitte la gare de Brest. La nuit a été courte pour les cen­taines de mi­li­tants qui convergent vers Pa­ris. Tous ha­billés de rouge, le « dress code » dé­fi­ni pour cette ma­ni­fes­ta­tion. Les mi­nutes s’écoulent. Cer­tains en pro­fitent pour faire re­char­ger leurs bat­te­ries avant la grande marche pré­vue dans les rues de la ca­pi­tale. D’autres dis­cutent au­tour d’un ca­fé. Après Rennes, les res­pon­sables de Vent De­bout, le col­lec­tif pour l’in­dé­pen­dance d’Ar­kéa, pro­posent aux sa­la­riés d’en­ton­ner les chants pré­vus pour la ma­nif. Cer­tains donnent de la voix ; d’autres, plus ti­mo­rés, re­plongent dans leur jour­nal ou leur livre.

10 h 40. Le train ar­rive en gare Mont­par­nasse. Et c’est la ma­rée rouge. Des mil­liers de sa­la­riés du groupe s’en­gouffrent dans les cou­loirs du mé­tro. Cer­tains Pa­ri­siens qui n’ont ja­mais en­ten­du par­ler d’Ar­kéa s’in­forment sur les raisons de cette ma­ni­fes­ta­tion. « Vous, les Bre­tons, vous lut­tez tou­jours pour votre au­to­no­mie, votre in­dé­pen­dance », com­mente, amu­sé, un jeune homme. D’autres plus ren­fro­gnés, et à la vue de dra­peaux de la CFDT, rap­prochent le mou­ve­ment de la grève des che­mi­nots.

Des mil­liers de pa­niers-re­pas dis­tri­bués aux ma­ni­fes­tants

Il est mi­di et la place de la Bas­tille est rouge de monde. Tout a été sa­vam­ment pen­sé. Des mil­liers de pa­niers-re­pas at­tendent les ma­ni­fes­tants. Et la so­no dé­verse ses dé­ci­bels sous un beau ciel dé­ga­gé. Pour sé­cu­ri­ser le cor­tège, le col­lec­tif a fait ap­pel à 200 sa­la­riés char­gés de la sécurité. Et pour les se­con­der, au­tant de vi­giles du sec­teur pri­vé oreillette en alerte. Au Ca­fé Fran­çais, les or­ga­ni­sa­teurs ont convié à un point presse quelques per­son­na­li­tés. Au­tour de par­le­men­taires bre­tons, on re­trouve Pa­trick Le Lay, an­cien di­rec­teur gé­né­ral de TF1, ou en­core Ch­ris­tophe Guille­mot mais aus­si Thier­ry Mer­ret, pré­sident fi­nis­té­rien de la FNSEA.

« On a grim­pé d’un étage »

Il est 13 h, le cor­tège s’ébranle en sui­vant une ba­tu­ca­da. Plus loin, ce sont des son­neurs qui donnent le la. Les ri­ve­rains ap­pré­cient le spec­tacle. Même si leur quar­tier est in­ter­dit à la cir­cu­la­tion. Le cor­tège est im­pres­sion­nant. On lit sur les pan­cartes : « À Brest aus­si on sait comp­ter » ou « In­de­pen­dance Day for Ar­kéa ». La foule scande : « Ber­cy Ber­cy, en­tends-nous, pour nos em­plois on ira jus­qu’au bout ». Il est 14 h 30. Les quais de Seine et le mi­nis­tère de l’Éco­no­mie et des Fi­nances sont en vue. De­vant l’im­po­sant bâ­ti­ment a été mon­tée une grande scène pour des prises de pa­role. « À 16 h 30, nous se­rons re­çus par le di­rec­teur de ca­bi­net du mi­nistre, an­nonce An­toine Mi­chaud, du col­lec­tif des sa­la­riés. En fé­vrier, c’était un conseiller qui nous avait re­çus. La ma­ni­fes­ta­tion a été payante. On a grim­pé d’un étage ».

Les rues de Pa­ris em­prun­tées par le cor­tège sont vite de­ve­nues rouges de monde. « Vous, les Bre­tons, vous lut­tez tou­jours pour votre au­to­no­mie, votre in­dé­pen­dance », com­men­tait, amu­sé, un jeune homme.

Sou­tien in­at­ten­du et at­ten­dris­sant au pas­sage du cor­tège.

De nom­breux élus sont ve­nus don­ner de la voix.

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