Une fa­mille re­trou­vée morte

Le Télégramme - Brest Abers Iroise - - BRETAGNE - Gwen­dal Ha­meu­ry

Les corps de quatre membres d’une même fa­mille ont été découverts, ven­dre­di après-mi­di, à leur do­mi­cile de Gui­clan, au lieu-dit Ke­rher­vé.

Les pa­rents et leurs deux en­fants ont été vic­times d’une « mort vio­lente ». Il pour­rait s’agir d’un drame in­tra­fa­mi­lial.

Que s’est-il pas­sé dans cette grande mai­son bar­dée de bois blanc, aux vo­lets et aux portes closes, si­tuée au ha­meau de Ke­rher­vé, à deux pas du bourg de Gui­clan ? Et quand ? Ce ven­dre­di, en dé­but d’après-mi­di, les pom­piers y ont dé­cou­vert les corps des quatre membres de la fa­mille Ker­va­rec : les pa­rents Yann et San­drine, 40 et 41 ans, leur fille Eléa, 11 ans, et leur fils Ra­phaël, 6 ans, élèves en classes de CM2 et de CP à l’école du Sa­cré- Coeur. L’in­ter­ven­tion des se­cours fai­sait suite aux ap­pels in­quiets de la di­rec­tion de l’éta­blis­se­ment sco­laire, où les en­fants ne s’étaient pré­sen­tés ni jeu­di ni ven­dre­di. Mais aus­si de l’em­ployeur de San­drine Ker­va­rec, aide-soi­gnante à As Do­mi­cile, à Lan­di­vi­siau (ex-Aca­dia), qui n’avait pas pris son ser­vice le ma­tin même. « Nous avons été aler­tés vers 13 h. Tout ce que l’on peut dire, c’est qu’il s’agit de morts vio­lentes. Et que ça ne s’est pas for­cé­ment pro­duit ce ven­dre­di », com­men­tait, la­co­nique, le co­lo­nel Ni­co­las Du­vi­nage, com­man­dant le grou­pe­ment de gen­dar­me­rie du Fi­nis­tère.

Un pé­ri­mètre de sé­cu­ri­té

Très vite après la ma­cabre dé­cou­verte, un pé­ri­mètre de sé­cu­ri­té de plu­sieurs cen­taines de mètres a été éta­bli au­tour de l’ha­bi­ta­tion. Pas moyen de pas­ser. Même pour les ri­ve­rains, dont cet homme qui ve­nait cher­cher des ali­ments bios pour bé­tail. Jean-Phi­lippe Ré­cap­pé, pro­cu­reur de Brest, s’est ra­pi­de­ment ren­du sur les lieux. De même que la bri­gade de re­cherches de la com­pa­gnie de Plou­rin-lès-Mor­laix, à la­quelle la jus­tice a confié l’en­quête. Éga­le­ment sur place, un groupe du pe­lo­ton de sur­veillance et d’in­ter­ven­tion de la gen­dar­me­rie de Plou­rin-lèsMor­laix, une ving­taine de mi­li­taires de la com­mu­nau­té de bri­gades de Saint-Pol-de-Léon et des tech­ni­ciens en in­ves­ti­ga­tion cri­mi­nelle, ve­nus de Quim­per. Le mé­de­cin lé­giste bres­tois n’est ar­ri­vé à Gui­clan qu’en tout dé­but de soi­rée. Vers 19 h 30, hor­mis quelques mi­li­taires en fac­tion de­vant la mai­son, dé­sor­mais plon­gée dans le noir et en­tou­rée de ru­ba­lise, tout le monde était par­ti.

Se­lon nos in­for­ma­tions, l’en­quête de voi­si­nage n’au­rait rien ré­vé­lé de sus­pect, les ha­bi­tants du ha­meau n’ayant rien vu, rien en­ten­du de par­ti­cu­lier ces der­niers jours. Quant à la fa­mille Ker­va­rec, elle ne fai­sait pas beau­coup par­ler d’elle.

Gui­cla­nais depuis 2011

« Je ne l’ai ren­con­trée qu’une fois, l’an­née der­nière, en juin, à l’oc­ca­sion d’une jour­née Bien­ve­nue au jar­din », confie le maire, Ray­mond Mer­cier. Pas­sion­né de per­ma­cul­ture, le couple dis­po­sait d’un ter­rain de 5 000 m2 com­pre­nant un po­ta­ger de 1 200 m2, des serres, un ver­ger, des pâ­tures… Il s’était ins­tal­lé à Gui­clan en 2011 et ai­mait re­ce­voir du pu­blic (dont des sco­laires), de temps à autre, dans ce pe­tit coin de pa­ra­dis. « Pour au­tant, à la mai­rie, on ne les connais­sait pas vrai­ment. Un peu la ma­man, qui ve­nait pour payer la can­tine », re­prend un Ray­mond Mer­cier se­coué, qui s’est ren­du à Ke­rher­vé à deux re­prises dans la jour­née.

Yann Ker­va­rec sem­blait en­core plus dis­cret. Au bar l’Hé­lios, ven­dre­di soir, une femme en pleurs connais­sait bien son épouse San­drine. « Et les en­fants, sur­tout, qui étaient à l’école avec les miens. Mais lui, non ». De ce père de fa­mille, on sait juste qu’il avait un temps tra­vaillé au sein d’une grande en­seigne bres­toise, dans la main­te­nance. Et qu’il était en re­con­ver­sion. Il était aus­si in­ves­ti dans le club de bad­min­ton lo­cal.

La piste du drame in­tra­fa­mi­lial

Ven­dre­di soir, quelques voi­sins, ap­pre­nant la nou­velle, in­di­quaient avoir aper­çu les Ker­va­rec en fa­mille, au mo­ment d’Hal­lo­ween. Un couple nor­mal.

Quant au par­quet et aux gen­darmes, ils res­taient muets. Leur en­quête ne fait que dé­mar­rer. Au­cune piste n’est pour l’heure écar­tée. Mais se­lon nos sources, la piste pri­vi­lé­giée se­rait celle d’un ter­rible drame in­tra­fa­mi­lial.

G.H.

Les corps des quatre membres de la fa­mille Ker­va­rec ont été découverts à leur do­mi­cile de Ke­rher­vé, à Gui­clan.Pho­to

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