Trans­fert aux Ca­pu­cins d’ici 2023

D’ici à 2023, Le Fourneau, centre na­tio­nal des arts de la rue et des es­paces pu­blics, au­ra pris ses quar­tiers aux Ca­pu­cins. Joux­tant la Mé­dia­thèque, l’équi­pe­ment ren­for­ce­ra en­core la place oc­cu­pée par les arts en coeur de ville. Dé­cryp­tage d’un trans­fert

Le Télégramme - Brest Abers Iroise - - LA UNE -

« Un sen­ti­ment d’ex­cep­tion­na­li­té ».

En dé­cou­vrant le site des Ca­pu­cins, Fran­çois Cho­chon ex­plique avoir, d’em­blée, été frap­pé par « un sen­ti­ment d’ex­cep­tion­na­li­té ». « Je n’avais ja­mais vu de tels vo­lumes cou­verts dé­vo­lus à l’usage pu­blic, et dans les­quels s’in­tègrent si bien des usages de ville », as­sure l’ar­chi­tecte. Dis­po­ser d’un tel « es­pace de li­ber­té » est « une ri­chesse vrai­ment in­croyable », es­time en­core ce­lui-ci, cons­ta­tant que « le pu­blic ne s’y trompe pas » tant « les gens y viennent et y re­viennent ».

« Un mo­teur du re­dé­mar­rage ».

Se­lon l’ar­chi­tecte, tout l’en­jeu consis­tait à conser­ver, dans cette « im­men­si­té », « le plai­sir du par­cours » et « la li­ber­té que cha­cun éprouve en s’y dé­pla­çant ». De fait, « nous avons pro­po­sé un pro­jet qui tente de ré­pondre à un fais­ceau de contra­dic­tions, comme tou­jours », in­dique-t-il, avant de pour­suivre : « On met tout dans nos des­sins, nos ré­flexions, et tout ce­la se contre­dit très vite. À nous de tran­cher pour obte- nir des pro­po­si­tions spa­tiales vi­vantes, gé­né­reuses, qui s’adressent aux gens ». L’ob­jec­tif était donc d’in­té­grer dans ces es­paces le fu­tur Fourneau, tout en conser­vant l’es­prit des lieux. « On a es­sayé de re­lan­cer la par­ti­cu­la­ri­té de cette halle de pierres qui par le pas­sé a ac­cueilli de grandes ma­chines et de grands pro­jets », in­dique Fran­çois Cho­chon, qui voit dans le Fourneau « un mo­teur du re­dé­mar­rage » des Ca­pu­cins, au même titre que la Mé­dia­thèque.

Soi­gner l’ac­cueil.

Le Fourneau 3 of­fri­ra 2 670 m² de sur­face utiles, dé­ve­lop­pés au­tour de plu­sieurs fonc­tion­na­li­tés (es­paces de pra­tique/créa­tion et de fa­bri­ca­tion/sto­ckage pour les ar­tistes en ré­si­dence ; es­pace de res­tau­ra­tion ; bu­reaux ; hé­ber­ge­ments…). L’image ci-des­sus donne ain­si à voir un im­meuble en forme de che­mi­née (en rouge), qui se­ra « l’antre des gens du Fourneau », fait sa­voir l’ar­chi­tecte. « C’est là où ils se­ront chez eux. Et comme on n’est ja­mais aus­si ac­cueillants que quand on est bien chez soi… ». Un im­meuble à étages qui per­met, aus­si, de « re­lan­cer la hau­teur de la halle et la fait vivre dans sa di­men­sion mo­nu­men­tale ». La mai­son sus­pen­due, elle, ap­pe­lée à de­ve­nir un lieu de réunion et de pé­da­go­gie, of­fri­ra « aux vi­si­teurs le sen­ti­ment d’in­té­grer un es­pace de tra­vail, d’être cou­pé de la ville, mais tout en en oc­cu­pant le coeur ». L’in­té­gra­tion de la ca­bine du pont rou­lant (en haut à gauche de l’image) ou du cro­chet en sus­pens (à droite) sert, elle, « la pa­tri­mo­nia­li­sa­tion de l’ob­jet in­dus­triel ».

Le « plus » du pro­jet Cho­chon-Jou­lin.

Si, des trois ca­bi­nets ayant ré­pon­du à l’ap­pel d’offres lan­cé par la col­lec­ti­vi­té, l’Ate­lier Cho­chon-Jou­lin a em­por­té la mise, c’est aus­si parce que ce­lui-ci a su ti­rer pro­fit de l’en­so­leille­ment po­ten­tiel d’un site pour­tant mal ex­po­sé. « On a tout ar­ti­cu­lé au­tour des trois arches ex­té­rieures qui, ini­tia­le­ment, ne de­vaient lais­ser la place qu’à un simple pas­sage de sé­cu­ri­té », fait sa­voir l’ar­chi­tecte. Der­rière l’arche de gauche, on re­trou­ve­ra ain­si « un dé­bou­ché du bar », « l’ac­cueil des ar­tistes » et « un pas­sage pour al­ler du Bel­vé­dère à la salle des Ma­chines ». « À cet en­droit-là, on a aus­si mis une pe­tite ca­bane, sur des tré­pieds, qu’on a pen­sée comme une ca­ra­vane d’ar­tistes », pour­suit Fran­çois Cho­chon.

Sur un fil.

S’il a fal­lu aux ar­chi­tectes prendre en compte les ca­rac­té­ris­tiques ar­chi­tec­tu­rales et pa­tri­mo­niales des lieux, la vo­ca­tion même du Fourneau a, elle aus­si, na­tu­rel­le­ment in­fluen­cé la na­ture du pro­jet. « Quand on joue avec des gens, des pro­gram­ma­tions et des pu­blics, qui ont leurs ha­bi­tudes et leur an­té­rio­ri­té, il faut être dé­li­cat dans la ma­nière de re­faire les choses pour eux », fait ain­si sa­voir l’ar­chi­tecte qui s’est « beau­coup im­pré­gné » des usages du Fourneau dans ses lo­caux du port de com­merce pour me­ner à bien ce pro­jet. « Parce qu’un pro­jet neuf, c’est une ma­nière de dé­ve­lop­per les choses, et en au­cun cas les éteindre. Parce que ça peut ar­ri­ver… ».

Fran­çois Cho­chon, ar­chi­tecte

(Pho­to DR)

À l’image de Nantes, qui a dé­dié un es­pace s’étant li­bé­ré en son coeur aux Ma­chines de l’Île, Brest a mi­sé sur les arts pour ani­mer les Ate­liers des Ca­pu­cins.

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