Jean Las­salle gal­va­nise les troupes

Le Télégramme - Brest Abers Iroise - - BREST. ACTUS - Jean-Luc Pa­del­lec

Avant de te­nir une confé­rence ven­dre­di soir sur la thé­ma­tique ma­ri­time, à Brest, Jean Las­salle, le dé­pu­té béar­nais et can­di­dat aux Eu­ro­péennes à la tête de son mou­ve­ment Ré­sis­tons !, s’est of­fert un bain de foule au mi­lieu des gi­lets jaunes qui oc­cupent tou­jours le rond-point de Pen ar C’hleuz. Il n’a pas man­qué de gal­va­ni­ser les troupes avant les nou­velles ma­ni­fes­ta­tions de ce sa­me­di. > Vous vous êtes fait re­mar­quer ré­cem­ment en ar­bo­rant le gi­let jaune à l’As­sem­blée. Com­ment ju­gez-vous ce mou­ve­ment ?

C’est un mou­ve­ment ex­cep­tion­nel. On l’ou­blie par­fois, mais la France est tou­jours sur­pre­nante. Elle était em­bour­bée dans ses em­bar­ras depuis 20 ans, avec des chan­ge­ments de pré­si­dents, d’as­sem­blées… Depuis que je suis dé­pu­té, j’ai vu dé­guer­pir pré­ci­pi­tam­ment 350 Chi­ra­quiens, en­suite 400 Sar­ko­zystes, puis je ne sais plus com­bien de Hol­lan­distes, dont cer­tains se sont depuis re­con­ver­tis, fort heu­reu­se­ment pour eux, mais pas pour la France. Les gi­lets jaunes montrent au­jourd’hui qu’on ne peut pas tordre la France, qu’on ne peut pas la mettre à sa dis­po­si­tion. Une fois de plus, je suis éton­né de voir l’in­tel­li­gence, le gé­nie de ce peuple qui, le pre­mier, s’est dé­cla­ré sou­ve­rain. C’est ce grand peuple qui a écrit la dé­cla­ra­tion des droits de l’Homme et du ci­toyen qui est im­pri­mée sur le marbre de l’As­sem­blée na­tio­nale. Et au­jourd’hui, il dit qu’il n’en peut plus de perdre du pou­voir d’achat tous les jours, de voir se ra­jou­ter des taxes depuis 20 ans. Et la France, sou­dain, se trouve désem­pa­rée, alors qu’elle pen­sait avoir le meilleur sys­tème.

> Le gou­ver­ne­ment re­doute une nou­velle flam­bée de vio­lences à Pa­ris. Vous qui sou­te­nez les gi­lets jaunes, avez-vous un mes­sage à leur faire pas­ser ?

Je vou­drais sur­tout dire au gou­ver­ne­ment de se cal­mer. Il me fait peur avec toute son agi­ta­tion. Et vos confrères des chaînes té­lé pa­ri­siennes qui nous font croire qu’une di­zaine de chars d’as­saut vont ren­trer dans Pa­ris comme si c’était l’Ar­mée rouge, ils de­vraient se cal­mer aus­si. Mais de quoi parle-t-on ? C’est ce contexte an­xio­gène qui ne peut qu’en­cou­ra­ger la vio­lence. Au­jourd’hui, j’en ap­pelle à notre res­pon­sa­bi­li­té de dé­pu­tés. Nous de­vrions être ce sa­me­di dans toutes les ma­nifs de France. Il faut al­ler se faire en­gueu­ler, et la no­blesse de l’élu choi­si par le peuple, c’est de sa­voir en prendre plein la fi­gure quand il le mé­rite. Les ci­toyens re­con­naissent ce­lui ou celle qui a le cou­rage d’al­ler écou­ter.

> Que doit faire le pré­sident ?

Ac­tuel­le­ment, qu’il parle ou ne parle pas, c’est pa­reil. Les gens ne peuvent plus le voir, mais ça re­vien­dra. Je le lui sou­haite. Il est jeune, il peut en­core ser­vir. Mais il a très mal dé­mar­ré et tout le gou­ver­ne­ment est cris­pé.

> Quand vous en­ten­dez le cri « Ma­cron dé­mis­sion » dans les cor­tèges, vous êtes d’ac­cord ?

Moi, je n’ai pas don­né ce mot d’ordre, car le mou­ve­ment ne m’ap­par­tient pas. Je dis aux gi­lets jaunes : évi­tez de tom­ber le piège de la vio­lence, parce que c’est tou­jours la vio­lence qui fait tom­ber les luttes, mais conti­nuez ! Le peuple a du bon sens. Il veut juste que nous com­pre­nions que ça ne peut plus conti­nuer comme ça. Si nous n’en­ten­dons pas ce mes­sage main­te­nant, alors que c’est en­core pos­sible, la pro­chaine fois, nous se­rons tous ba­layés !

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Jean Las­salle qui sou­tient les gi­lets jaunes, ap­pelle tous les dé­pu­tés à « ve­nir se faire en­gueu­ler », sa­me­di, dans les ma­ni­fes­ta­tions.

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