Un nou­veau di­rec­teur gé­né­ral pour Dia­logues

L’en­tre­pre­neur bres­tois Jacques Jo­li­vet a été nom­mé di­rec­teur gé­né­ral de la li­brai­rie Dia­logues, et du groupe épo­nyme. Il ex­plique ré­pondre à une de­mande de la fa­mille de Charles Ker­ma­rec, co­fon­da­teur de l’ins­ti­tu­tion.

Le Télégramme - Brest Abers Iroise - - LA UNE - Pierre Cha­pin

Pour évi­ter les amal­games et rac­cour­cis fa­ciles, Jacques Jo­li­vet a dé­ci­dé de prendre la pa­role ce ven­dre­di, un bon mois après avoir été of­fi­ciel­le­ment nom­mé di­rec­teur gé­né­ral du groupe Dia­logues. Pour rem­bo­bi­ner l’his­toire : « En sep­tembre, ma fille a re­pris les En­fants de Dia­logues. En oc­tobre, j’ai ra­che­té le Ca­fé Fleu­riot. Ce même mois d’oc­tobre est sur­ve­nu un évé­ne­ment as­sez lourd pour dé­clen­cher la né­ces­si­té de faire les choses au­tre­ment, puisque Charles Ker­ma­rec est ac­tuel­le­ment em­pê­ché de ve­nir dans ses af­faires et de les gé­rer. Sa fa­mille m’a de­man­dé de prendre en mains les af­faires. Il fal­lait faire vite. J’ai ac­cep­té, sim­ple­ment ».

Il y a les faits et leur contexte, cet « évé­ne­ment » du mois d’oc­tobre : Charles Ker­ma­rec a été mis en exa­men pour « agres­sion sexuelle et har­cè­le­ment sexuel » suite à une plainte dé­po­sée par une sa­la­riée de la li­brai­rie. S’il de­meure pré­su­mé in­nocent, il a été pla­cé, dans le cadre de la pro­cé­dure, sous contrôle ju­di­ciaire avec in­ter­dic­tion de se rendre à Dia­logues.

« Il fal­lait un pi­lote »

« Dia­logues est une vé­ri­table ins­ti­tu­tion pour la ville, la troi­sième li­brai­rie in­dé­pen­dante fran­çaise, avec un rayon­ne­ment na­tio­nal », dé­crit Jacques Jo­li­vet, en­tre­pre­neur (H2j, Plmp…) bien connu de la place bres­toise. « Cette belle vi­trine ris­quait d’être ter­nie par cette af­faire. Il fal­lait un pi­lote à bord, si­non elle au­rait pu se re­trou­ver en dif­fi­cul­té ». Jacques Jo­li­vet pré­vient : « Je ne suis pas là pour rem­pla­cer Charles Ker­ma­rec. Je ne suis pas li­braire ! Par contre, il y a des équipes ex­trê­me­ment com­pé­tentes en place et moi j’ai une ex­pé­rience de ma­na­ge­ment qui peut être utile dans la si­tua­tion ac­tuelle ».

Jacques Jo­li­vet pi­lote donc dé­sor­mais la li­brai­rie bres­toise (64 sa­la­riés à l’an­née), le Ca­fé Fleu­riot, la pa­pe­te­rie, Dia­logues mu­siques, Les En­fants de Dia­logues et la pla­te­forme Les­li­braires.fr. « Je laisse de cô­té les édi­tions, car je n’ai pas les com­pé­tences, et Dia­logues Mor­laix, qui fonc­tionne par­fai­te­ment de fa­çon in­dé­pen­dante ». L’en­semble des ac­ti­vi­tés qu’il di­rige dé­sor­mais em­ploie une cen­taine de per­sonnes, pour un chiffre d’af­faires an­nuel de quelque 16 mil­lions d’eu­ros.

Dia­logues mu­siques conser­vé

S’il dit se re­po­ser sur les équipes en place, qu’il a ren­con­trées ces der­nières se­maines « pour les ras­su­rer et créer une confiance ré­ci­proque », Jacques Jo­li­vet a tou­te­fois dé­jà pris deux dé­ci­sions stra­té­giques. La pre­mière, ou­vrir trois soirs par se­maine le Ca­fé Fleu­riot. La se­conde, plus forte : main­te­nir l’ac­ti­vi­té de dis­quaire, alors que la fin de Dia­logues mu­siques sem­blait ac­tée. « C’est un chal­lenge com­plé­men­taire. On sait que la si­tua­tion est dif­fi­cile, mais on va se battre pour que les disques vivent », com­mente Jacques Jo­li­vet.

Pour l’heure, l’en­tre­pre­neur re­fuse d’évo­quer un pos­sible ra­chat du groupe. « La ques­tion ne se pose pas au­jourd’hui : je suis là pour as­su­rer l’ac­com­pa­gne­ment des équipes, pré­ser­ver l’es­prit de cette ins­ti­tu­tion et pré­pa­rer la suite. Dans quelques an­nées, par contre, il est pos­sible que l’on se po­si­tionne ».

Jacques Jo­li­vet est dé­sor­mais di­rec­teur gé­né­ral du groupe.

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