1 200 lo­ge­ment éva­cués pour un dé­mi­nage

L’opé­ra­tion de dé­mi­nage de la bombe amé­ri­caine dé­cou­verte sur un chan­tier du pla­teau des Ca­pu­cins le 7 no­vembre s’est par­fai­te­ment dé­rou­lée, hier. Dès 11 h, les ri­ve­rains ont pu re­ga­gner leur lo­ge­ment. Quant à la bombe, elle se­ra dé­truite en mer.

Le Télégramme - Brest - - LA UNE - Ca­the­rine Le Guen

« Si ja­mais ça pète, vous se­rez contents de ne pas être là ! »

« Cette bombe amé­ri­caine de 1 100 livres contient 360 kg d’ex­plo­sifs. Elle nous a don­né un peu de fil à re­tordre, en rai­son de la cor­ro­sion et du fait que les mises à feu que l’on re­tire aux ex­tré­mi­tés étaient vrillées. C’est un mo­dèle plu­tôt des an­nées 30. En rai­son de son poids et de sa charge, nous n’al­lons pas la trans­por­ter jus­qu’au centre de l’ar­mée de l’Air à Bayonne, comme c’est le cas ha­bi­tuel­le­ment. La Ma­rine na­tio­nale a ac­cep­té de la prendre en charge et elle se­ra dé­truite en mer », ex­pliquent Mi­chel et Chris­tophe, les deux dé­mi­neurs qui étaient de ser­vice ce di­manche.

Jus­qu’à cinq bombes sur un site

Ce­pen­dant, il ne leur a pas fal­lu trop long­temps pour ve­nir à bout de l’en­gin, puisque l’opé­ra­tion com­men­cée à 10 h 23 très exac­te­ment s’est ter­mi­née à 11 h. Chaque an­née, les dé­mi­neurs bres­tois, qui in­ter­viennent dans le Fi­nis- tère, mais aus­si dans le Mor­bi­han et les Côtes-d’Ar­mor, sont sol­li­ci­tés en moyenne 500 fois par an pour des mu­ni­tions de toutes sortes, dont quelques bombes.

« Ce­la s’était plu­tôt cal­mé ces der­nières an­nées, mais il y a eu par­fois jus­qu’à cinq bombes sur un même site de chan­tier, comme pour la ro­cade de Mont­ba­rey, et cinq autres sur une épave de bom­bar­dier re­trou­vée avec ses mu­ni­tions à poste », pré­cise Mi­chel.

Leur qua­trième évacuation !

La jour­née du di­manche avait dé­mar­ré très tôt, pour les ri­ve­rains du quar­tier des Ca­pu­cins qui de­vaient quit­ter leur lo­ge­ment si­tué dans le pé­ri­mètre d’évacuation. L’opé­ra­tion avait été plu­sieurs fois re­por­tée, en rai­son de l’ac­tua­li­té agi­tée, de­puis la dé­cou­verte de cette bombe amé­ri­caine sur un chan­tier du pla­teau des Ca­pu­cins, en bor­dure de la rue de Mais­sin, le 7 no­vembre der­nier. Pour beau­coup, ce n’était pas une pre- mière. « C’est notre se­conde évacuation, nous avons dé­ci­dé d’al­ler nous pro­me­ner à La Roche-Mau­rice pen­dant ce temps », dit Yvonne, qui sort de chez elle à 8 h 30. Cer­tains dé­tiennent même un re­cord ; c’est la qua­trième évacuation pour Mi­chèle et Jacques, qui gardent le sou­rire : ils vont pas­ser la jour­née à quelques rues de là, dans la fa­mille. Cer­tains rous­caillent un peu d’être obli­gés de se le­ver si tôt. « Mais si ja­mais ça pète, vous se­rez contents de ne pas être là ! », leur ré­torque la jeune femme ve­nue les cher­cher.

L’Eh­pad Louise-Le Roux éva­cué

La plus im­por­tante opé­ra­tion était l’évacuation de l’Eh­pad (éta­blis­se­ment d’hé­ber­ge­ment pour per­sonnes âgées dé­pen­dantes) Louise-Le Roux et du centre d’ac­cueil tem­po­raire An­toi­neSa­laün, deux éta­blis­se­ments gé­rés par le CCAS (centre com­mu­nal d’ac­tion so­ciale) de la ville de Brest. Sur la cen­taine de ré­si­dents, une quin­zaine, les plus fra­giles, ont été trans­fé­rés par am­bu­lances vers l’hô­pi­tal ; une autre quin­zaine a re­joint éga­le­ment en am­bu­lance un autre Eh­pad de la ville, ce­lui de Ker­le­ve­nez à Bel­le­vue. En­fin, les ré­si­dents va­lides ont été trans­por­tés en bus jus­qu’à la ré­si­dence au­to­no­mie de Poul-ar-Ba­chet, où ils de­vaient dé­jeu­ner avant de re­joindre leur éta­blis­se­ment. Les équipes étaient sur le pont de­puis 5 h pour me­ner à bien cette évacuation, qui a mo­bi­li­sé de nom­breuses am­bu­lances. L’Eh­pad avait dé­jà fait l’ob­jet d’une évacuation il y a dix ans, pour une autre bombe.

Mille deux cents lo­ge­ments au to­tal ont été éva­cués. En­vi­ron 80 ha­bi­tants avaient fait le choix d’at­tendre la fin du dé­mi­nage dans le sa­lon Ri­che­lieu, où ils ont trou­vé de quoi prendre un pe­tit-dé­jeu­ner.

Mi­chel et Chris­tophe, les deux dé­mi­neurs, ont com­men­cé les opé­ra­tions de dé­mi­nage à 10 h 23. À 11 h, la bombe ne pré­sen­tait plus de dan­ger.

En­vi­ron 80 per­sonnes ont été ac­cueillies au sa­lon Ri­che­lieu de la mai­rie, dans l’at­tente de la fin d’opé­ra­tion de dé­mi­nage de la bombe aux Ca­pu­cins.

Près d’une cen­taine de ré­si­dents de l’Eh­pad (éta­blis­se­ment d’hé­ber­ge­ment pour per­sonnes âgées dé­pen­dantes) Louise-Le Roux ont été éva­cués, pour cer­tains en am­bu­lances, et pour d’autres en bus vers l’hô­pi­tal et les autres ré­si­dences de la ville.

Le pont de l’Har­te­loire était in­ter­dit à la cir­cu­la­tion du­rant toute l’opé­ra­tion de dé­mi­nage.

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