Thi­baut Pi­not, 21 ans après Laurent Ja­la­bert

Pu­dique, na­tu­rel, at­ta­chant, Thi­baut Pi­not (Grou­pa­ma-FDJ) a re­con­nu avoir éprou­vé un sen­ti­ment « très fort » dans sa der­nière ligne droite vic­to­rieuse du Tour de Lombardie, sa­me­di, une course dont il rê­vait, sa­me­di, sur les rives du lac de Côme.

Le Télégramme - Carhaix - - LA UNE -

Thi­baut Pi­not (Grou­pa­ma-FDJ) a rem­por­té, sa­me­di, le Tour de Lombardie, la der­nière grande clas­sique de la sai­son cy­cliste, 21 ans après Laurent Ja­la­bert qui était le der­nier vain­queur fran­çais.

> Êtes-vous de­ve­nu un cou­reur de clas­siques ?

Pour moi, cette pé­riode est comme une course par étapes qui com­mence au Tour d’Emi­lie (le sa­me­di pré­cé­dent) et fi­nit en Lombardie. Et je suis tou­jours mieux en fin de se­maine.

> Avez-vous craint d’être par­ti de trop loin ?

J’en avais tel­le­ment en­vie ! J’avais les jambes qui me dé­man­geaient. Quand j’ai vu Ni­ba­li at­ta­quer, je me suis dit « Bin­go, c’est le bon coup ». On s’est re­trou­vé à quatre, avec de très bons cou­reurs. Avec 40-50 se­condes d’avance, c’était dif­fi­cile pour les autres de re­ve­nir.

> Comment s’est pas­sé le match avec Ni­ba­li ?

J’ai sen­ti qu’il était li­mite. Quand j’at­ta­quais il se met­tait à ma hau­teur et me re­gar­dait. J’ai pen­sé qu’il bluf­fait. Il a lâ­ché, mon in­tui­tion était la bonne.

Et la des­cente ?

Je ne vou­lais sur­tout pas re­vivre le même Lombardie que l’an­née pas­sée, quand Ni­ba­li m’avait lâ­ché dans la des­cente du Ci­vi­glio. Pour moi, l’ar­ri­vée était en haut, il me fal­lait quelques se­condes, je l’avais dit avant la course. Presque tout le monde a peur d’être lâ­ché par Ni­ba­li, il est im­pres­sion­nant dans les tra­jec­toires.

> À quoi avez-vous pen­sé dans la der­nière ligne droite ?

Je pen­sais à cher­cher mes co­équi­piers, je sa­vais qu’ils se­raient là, sur la ligne ou avant. J’ai ta­pé dans la main de Jé­ré­my (Roy), je crois qu’ils étaient en­core plus heu­reux que moi. C’est le plus beau jour de ma car­rière. Un sen­ti­ment ex­trê­me­ment fort. Je ne l’ai peu­têtre pas mon­tré beau­coup mais, in­té­rieu­re­ment, c’était très fort.

Vous en rê­viez ?

C’est une course qui me cor­res­pond tel­le­ment ! Le par­cours est ma­gni­fique, on ne s’en­nuie pas. Ga­gner ici, c’est un abou­tis­se­ment. S’il avait une course à ga­gner pour moi, c’était la Lombardie.

> Comment ex­pli­quez-vous votre at­trac­tion en­vers l’Ita­lie ?

J’ai tou­jours eu une vraie re­la­tion avec l’Ita­lie, de­puis tout jeune dé­jà. C’est un pays avec beau­coup de ca­rac­tère, une tra­di­tion, une langue ma­gni­fique, une gas­tro­no­mie qui me plaît beau­coup. J’aime les dé­parts et les ar­ri­vées au coeur des villes, dans les vil­lages, même au Gi­ro. En Lombardie, j’ai ce res­sen­ti, cette har­mo­nie avec le par­cours, les routes, les pay­sages. J’aime beau­coup cette ré­gion.

> Ce­la vous donne-t-il des idées pour Liège-Bas­togne-Liège, l’autre clas­sique des grim­peurs ?

Je ne connais pas du tout, je ne l’ai ja­mais cou­rue. Je dois en être à mon sep­tième ou hui­tième Tour de Lombardie (7e, NDLR), j’ai mis du temps à l’ap­pri­voi­ser. Les clas­siques, il faut les ap­prendre. Peut-être Liège-Bas­to­gneLiège me plai­ra. Mais, ce qui m’a tou­jours fait rê­ver, c’est la Lombardie.

Pho­to EPA/MAXPPP

Thi­baut Pi­not : « C’est le plus beau jour de ma car­rière ».

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