La cen­trale de Cor­de­mais reste in­dis­pen­sable

Le Télégramme - Carhaix - - LA UNE -

Si sa conver­sion à la bio­masse réus­sit, la cen­trale à char­bon de Cor­de­mais (44) pour­ra fonc­tion­ner après 2022. Dans l’at­tente de l’EPR de Fla­man­ville et de la cen­trale à gaz de Lan­di­vi­siau, Cor­de­mais reste in­dis­pen­sable à l’ali­men­ta­tion de la Bre­tagne.

La cen­trale à char­bon de Cor­de­mais pour­ra fonc­tion­ner au-de­là de 2022 pour ga­ran­tir l’ap­pro­vi­sion­ne­ment en élec­tri­ci­té de la Bre­tagne, si son pro­jet de conver­sion à la bio­masse réus­sit, a an­non­cé le mi­nistre de la Tran­si­tion éco­lo­gique, dans un cour­rier aux syn­di­cats dé­voi­lé ven­dre­di. Fran­çois de Ru­gy, qui rap­pelle que le gou­ver­ne­ment s’est en­ga­gé à fer­mer toutes les cen­trales à char­bon d’ici à 2022, af­firme ce­pen­dant que ce ca­len­drier de­vra « bien évi­dem­ment prendre en compte la né­ces­si­té d’as­su­rer la sé­cu­ri­té d’ap­pro­vi­sion­ne­ment ». « La pré­ser­va­tion de la sé­cu­ri­té d’ap­pro­vi­sion­ne­ment est (…) un pré­re­quis à la fer­me­ture », in­siste Fran­çois de Ru­gy. Il sou­ligne no­tam­ment « l’im­por­tance » de la cen­trale de Cor­de­mais dans l’ap­pro­vi­sion­ne­ment de la pé­nin­sule bre­tonne, qui dis­pose de peu de moyens de pro­duc­tions propres, ain­si que « les in­cer­ti­tudes » en­tou­rant les dates de mise en ser­vice du ré­ac­teur nu­cléaire EPR de Fla­man­ville (50) et de la cen­trale à gaz à Lan­di­vi­siau (29), cen­sés cou­vrir les be­soins élec­triques de l’ouest de la France après 2020.

Un dis­po­si­tif de co-com­bus­tion

Dans un mes­sage à l’AFP, le Ré­seau de trans­port d’élec­tri­ci­té (RTE) es­ti­mait, jeudi, que la mise en ser­vice de l’EPR de Fla­man­ville, de la cen­trale de Lan­di­vi­siau et d’un parc éo­lien en mer ne ren­draient « plus in­dis­pen­sable la pro­duc­tion de Cor­de­mais ». Mais si l’EPR ne fonc­tionne pas, « la fer­me­ture de la cen­trale de Cor­de­mais en­traîne bien un risque spé­ci­fique », pré­ve­nait le ges­tion­naire de ré­seau, en 2018. À Cor­de­mais, EDF teste un dis­po­si­tif de co-com­bus­tion à base de bio­masse, avec pour ob­jec­tif de par­ve­nir à un ra­tio de 80 % de bio­masse et 20 % de char­bon à « l’hi­ver 2022/2023 », avant d’at­teindre le « 100 % bio­masse à l’ho­ri­zon 2025-2027 », se­lon Gwe­nael Plagne, dé­lé­gué syn­di­cal CGT d’EDF. Un es­sai a été va­li­dé en août. « La pre­mière étape de la lutte pour ga­gner un ave­nir à la cen­trale à char­bon a été fran­chie. Le ver­rou de 2022 pour la cen­trale de Cor­de­mais n’est plus un cou­pe­ret », s’est fé­li­ci­té Gwe­nael Plagne, dans un mes­sage à l’AFP, à l’is­sue d’une réunion avec les re­pré­sen­tants syn­di­caux au mi­nis­tère de la Tran­si­tion éco­lo­gique, jeudi ma­tin. « Face à l’ag­gra­va­tion du dé­rè­gle­ment cli­ma­tique, il faut lais­ser les éner­gies fos­siles dans le sol, ré­duire nos consom­ma­tions et ac­com­pa­gner les sa­la­riés et ter­ri­toires im­pac­tés », a, de son cô­té, pro­tes­té Cé­cile Mar­chand, char­gée de cam­pagne cli­mat aux Amis de la Terre.

Si­tuée en bord de Loire, à 30 km à l’ouest de Nantes, la cen­trale de Cor­de­mais em­ploie 378 sa­la­riés EDF et 250 sa­la­riés d’en­tre­prises pres­ta­taires.

À Cor­de­mais, EDF teste un dis­po­si­tif de co-com­bus­tion à base de bio­masse.

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