Trump ca­jole The­re­sa May

Do­nald Trump a loué, ven­dre­di, la re­la­tion « la plus spé­ciale qui soit » avec Londres, au len­de­main d’une at­taque en règle contre la Pre­mière mi­nistre The­re­sa May sur le Brexit, qui a pro­vo­qué la stu­peur au Royaume-Uni.

Le Télégramme - Châteaulin - - MONDE & FRANCE -

Au deuxième jour d’une vi­site au Royaume-Uni mar­quée par de nom­breuses ma­ni­fes­ta­tions, Do­nald Trump a op­té pour un ton conci­liant sur la fa­çon dont il voyait le Brexit. Au cours d’une conférence de presse de­puis la ré­si­dence de cam­pagne des Pre­miers mi­nistres bri­tan­niques à Che­quers (à 70 km de Londres), il a as­su­ré n’avoir ja­mais mis en cause la stra­té­gie de The­re­sa May. « Quoi que vous fas­siez, ça me va », a lan­cé le pré­sident amé­ri­cain, contre­di­sant ses pro­pos pa­rus dans un en­tre­tien au Sun dans le­quel il as­su­rait que le pro­jet de Londres, qui pri­vi­lé­gie une re­la­tion étroite avec l’UE, tue­rait « pro­ba­ble­ment » la pos­si­bi­li­té de conclure un ac­cord de libre-échange avec les États-Unis. Ses pro­pos ont im­mé­dia­te­ment pro­vo­qué une re­mon­tée de la livre ster­ling face à l’eu­ro et au dol­lar. Un peu plus tard, pour­tant, il a sou­li­gné avoir fait des « sug­ges­tions » à The­re­sa May sur la fa­çon d’abor­der cet épi­neux dos­sier. Af­fi­chant sa vo­lon­té de par­ve­nir à un « for­mi­dable » ac­cord d’échange bi­la­té­ral avec Londres, Do­naldT­rump s’est vou­lu op­ti­miste : « Nous vou­lons faire des échanges avec le Royaume Uni, ils veulent en faire avec nous ». « Lorsque le Royaume-Uni quit­te­ra l’Union eu­ro­péenne, nous cher­che­rons à éta­blir un ac­cord de libre-échange Royaume-Uni/États-Unis am­bi­tieux », a ren­ché­ri la Pre­mière mi­nistre.

« J’ai dit des choses très gen­tilles sur elle »

Ten­tant de com­pen­ser la dé­fla­gra­tion pro­vo­quée par son en­tre­tien au Sun, le lo­ca­taire de la Mai­son Blanche a dé­plo­ré la fa­çon dont le ta­bloïd avait re­trans­crit ses pro­pos. « J’ai dit des choses très gen­tilles sur elle mais ils ne les ont pas mises en titre », a-t-il lan­cé, avant de louer lon­gue­ment The­re­sa May, fra­gi­li­sée au sein de son propre par­ti conser­va­teur après les ré­centes dé­mis­sions, dont celle du mi­nistre des Af­faires étran­gères, Bo­ris John­son. « C’est une très bonne né­go­cia­trice, très dure, elle est très in­tel­li­gente, très dé­ter­mi­née », a-t-il mar­te­lé. Après avoir ver­te­ment cri­ti­qué l’Al­le­magne lors d’un som­met de l’Al­liance, les pro­pos de Do­nald Trump contre The­re­sa May ont sus­ci­té un réel émoi au Royaume-Uni. « Où sont vos bonnes ma­nières, Mon­sieur le pré­sident ? », a twee­té le mi­nistre de l’Édu­ca­tion, Sam Gyi­mah.

Dans l’in­ter­view, le pré­sident amé­ri­cain a éga­le­ment ju­gé que son « ami » Bo­ris John­son, par­ti­san d’un Brexit dur, fe­rait, se­lon lui, un « grand Pre­mier mi­nistre ». Cette sor­tie de Do­nald Trump consti­tuait une claque d’au­tant plus cin­glante pour The­re­sa May que, jeu­di soir, elle lui a dé­rou­lé le ta­pis rouge et a van­té la force du lien trans­at­lan­tique. Les États-Unis et le Royaume-Uni ne sont pas seule­ment « les plus proches al­liés, mais aus­si les amis les plus chers », avait-elle dé­cla­ré en ac­cueillant le pré­sident amé­ri­cain et son épouse Me­la­nia pour un dî­ner au pa­lais de Blen­heim, près d’Ox­ford. Le couple pré­si­den­tiel s’est ren­du, ven­dre­di après-mi­di, au pa­lais de Wind­sor, pour prendre le thé avec Eli­za­beth II. Ce par­cours l’a te­nu éloi­gné des ma­ni­fes­ta­tions qui se dé­rou­laient, à Londres, contre sa ve­nue, et qui ont culmi­né par un ras­sem­ble­ment de plu­sieurs di­zaines de mil­liers de per­sonnes à Tra­fal­gar Square pour dé­non­cer sa po­li­tique mi­gra­toire, son « sexisme » et son « dé­ni » du chan­ge­ment cli­ma­tique.

Tête-à-tête avec Pou­tine

Le pré­sident amé­ri­cain a quit­té Londres, en fin de jour­née, pour re­joindre l’Écosse. Der­nière étape de sa tour­née eu­ro­péenne, il re­join­dra en­suite Hel­sin­ki où il re­trou­ve­ra son ho­mo­logue russe, Vla­di­mir Pou­tine, pour un tête-à-tête très at­ten­du. « Nous avons été beau­coup plus fermes sur la Rus­sie que qui­conque », a-t-il as­su­ré ven­dre­di, alors que l’ombre de l’en­quête sur l’in­ter­fé­rence russe dans la cam­pagne de 2016 pèse sur sa pré­si­dence. « Ce­ci étant dit, si nous pou­vons dé­ve­lop­per une re­la­tion » avec Vla­di­mir Pou­tine, « ce se­rait fan­tas­tique », a-t-il ajou­té.

Photo AFP

Plu­sieurs di­zaines de mil­liers de ma­ni­fes­tants se sont réunis, hier, à Tra­fal­gar Square, à Londres, pour dé­non­cer la po­li­tique mi­gra­toire de Do­nald Trump, son « sexisme » et son « dé­ni » du chan­ge­ment cli­ma­tique.

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