Tro Breizh des re­ven­di­ca­tions

Le Télégramme - Concarneau - - FRANCE -

Les re­trai­tés en tête.

Dans les mai­ries bre­tonnes, ce sont vi­si­ble­ment les re­trai­tés qui ont le plus rem­pli les ca­hiers de do­léances. À Ca­rhaix (29), ce re­trai­té évoque « les re­traites de mi­sère des pay­sans. Après avoir tra­vaillé sous tous les temps, 70 heures par se­maine, ne per­ce­voir qu’une re­traite de moins de 900 € pour l’homme et moins de 600 € pour la femme, ce, après avoir co­ti­sé 40 ans cha­cun. Les pay­sans res­tent igno­rés, mé­pri­sés, comme du temps de Fran­çois Ier entre le XVe et le XVIe siècle ». À Quim­per, un re­trai­té ré­clame « l’in­dexa­tion des re­traites sur le coût de la vie et la re­va­lo­ri­sa­tion des pen­sions ». « J’ai tra­vaillé 48 ans et je touche 716 € de re­traite par mois. Je ne vis pas, je sur­vis », in­dique ce re­trai­té ma­louin.

Et le per­son­nel soi­gnant.

Après les re­trai­tés, c’est le per­son­nel soi­gnant qui a le plus ré­di­gé de re­ven­di­ca­tions. « On donne aux mo­destes, aux riches et nous rien, alors que notre mé­tier est dan­ge­reux », écrit ain­si cet in­fir­mier sur le ca­hier de do­léances de la mai­rie de Douar­ne­nez (29). « Nous sommes les grands ou­bliés du plan San­té de M. Ma­cron, nous n’ap­pa- rais­sons nulle part, dé­plorent Lau­ra et Ni­co­las, in­fir­miers à Quim­per. Nous tra­vaillons jour, nuit, ma­tin, soir, jours fé­riés et jours de fête, week-end. Nous sommes con­fron­tés à la mi­sère so­ciale, la dé­tresse mo­rale, le mor­cel­le­ment des corps, l’ac­com­pa­gne­ment de fin de vie et la mort. Nous vous de­man­dons d’étu­dier la re­va­lo­ri­sa­tion de nos condi­tions de tra­vail, la re­con­nais­sance de notre mé­tier ».

Hausse des sa­laires, baisse des taxes…

À Ca­rhaix, un cer­tain Gré­goire ré­sume la pen­sée de la ma­jo­ri­té des contri­bu­teurs : « Pour la re­lance éco­no­mique : res­tau­ra­tion de l’ISF (im­pôt de so­li­da­ri­té sur la for­tune), aug­men­ta­tion des sa­laires de 12 %, aug­men­ta­tion des re­traites, di­mi­nu­tion des taxes sur les den­rées de pre­mière né­ces­si­té, sur l’eau et le car­bu­rant et aus­si re­lance des ser­vices pu­blics ». « Des sa­laires plus éle­vés et pas de primes qui ne se­ront pas prises en compte pour la re­traite », peut-on lire éga­le­ment du cô­té de la mai­rie de Lo­rient.

Le RIC plé­bis­ci­té.

À Hen­ne­bont (56), la pro­po­si­tion de ré­fé­ren­dum d’ini­tia­tive ci­toyenne (RIC) est plé­bis­ci­tée comme dans bon nombre d’autres mai­ries bre­tonnes, à l’image de ce gi­let jaune de Saint-Brieuc qui ré­clame « un maxi­mum d’ou­tils pour une dé­mo­cra­tie di­recte, ou­verte et par­ti­ci­pa­tive ». Ce même Brio­chin qui en a « marre d’être re­pré­sen­té par des élus qui votent des lois qui pour­rissent notre quo­ti­dien. »

Sup­pres­sion de la CSG.

« Je trouve in­ad­mis­sible qu’on nous ponc­tionne nos re­traites avec la CSG, s’in­surge cette re­trai­tée quim­pé­roise. Nous avons tra­vaillé 40 ans pour nos aî­nés et main­te­nant, on nous de­mande de payer pour les jeunes. Com­ment avons-nous fait quand nous étions jeunes ? ».

Du Père Noël au Ras­sem­ble­ment na­tio­nal.

En mai­rie de Lan­der­neau (29), cette in­fir­mière a écrit ce­ci : « J’ai vo­té pour Em­ma­nuel Ma­cron, il y a 18 mois, j’ai cru au Père Noël ! En tant qu’in­fir­mières, nous n’avons pas été aug­men­tées de­puis des an­nées, l’in­dice est en­core ge­lé. À quand le dé­gel ? ». L’in­fir­mière ter­mine en abor­dant les élec­tions eu­ro­péennes du mois de mai pro­chain et s’adres­sant à Em­ma­nuel Ma­cron : « J’ai vo­té pour vous pour faire bar­rage au Ras­sem­ble­ment na­tio­nal, comme beau­coup de monde. Au mois de mai, je pense vo­ter Ras­sem­ble­ment na­tio­nal ».

« La fin des pri­vi­lèges ».

À Saint-Brieuc, un ha­bi­tant exige « la fin des pri­vi­lèges des élus. Les élus doivent, comme nous, payer leurs re­pas, lo­ge­ments ». « Il fau­drait d’ailleurs ré­duire leur nombre », ajoute un autre brio­chin. À SaintMa­lo (35), une per­sonne de­mande l’ins­tau­ra­tion d’une « cour de jus­tice pour ju­ger les po­li­tiques cor­rom­pus ».

Do­léances lo­cales et ori­gi­nales.

À Tré­gas­tel (22), les re­ven­di­ca­tions sont très lo­cales. La po­pu­la­tion se plaint de l’état « la­men­table » de cer­taines routes de la com­mune, des « trot­toirs en­va­his d’herbe », des ho­raires d’hi­ver de la dé­chè­te­rie, d’un arbre qui « de­vrait être rac­cour­ci » ou en­core « du manque de pan­neaux concer­nant les dé­jec­tions ca­nines ». À Con­car­neau (29), les re­ven­di­ca­tions d’un gi­let jaune sont plu­tôt ori­gi­nales : « L’ar­rêt de la fa­bri­ca­tion des armes, du pain pour tout le monde ou la fin du mas­sacre des re­quins ».

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