UN COUPLE DE RES­CA­PÉS BRE­TONS TÉ­MOIGNE

« Le ca­mion de pom­piers nous a sau­vés », té­moignent ce Brio­chin et sa femme, qui étaient à cinq mètres de l’im­meuble dé­truit par

Le Télégramme - Dinan - Dinard - Saint-Malo - - LA UNE - Pro­pos re­cueillis par Jacques Chan­teau

Ju­lien (ci-des­sus, au centre, avec un pan­se­ment sur le front) et Del­phine Uguet, de Saint-Brieuc, se trou­vaient à cinq mètres de l’im­meuble pa­ri­sien dé­truit par une ex­plo­sion, sa­me­di, lorsque le drame s’est pro­duit. Le couple, as­sure-t-il, a été « mi­ra­cu­leu­se­ment sau­vé » par un ca­mion de pom­piers ga­ré de­vant l’hô­tel où il pre­nait son pe­tit-dé­jeu­ner.

une ex­plo­sion, sa­me­di ma­tin à Pa­ris. Un in­cen­die qui a fait quatre morts et une cin­quan­taine de bles­sés, dont dix griè­ve­ment.

Do­mi­ci­liés à Saint-Brieuc, Ju­lien et Del­phine Uguet ont ef­fec­tué un dé­pla­ce­ment à Pa­ris en vue de faire les soldes. Sa­me­di ma­tin, ils se trou­vaient dans la salle du pe­tit-dé­jeu­ner de leur hô­tel pa­ri­sien si­tué au 3-5 rue Tré­vise, c’est-àdire juste en face de l’im­meuble qui a ex­plo­sé. À table, lui se trou­vait as­sis face à la rue et elle, dos à celle-ci. Le couple ra­conte : « Nous pre­nions notre pe­tit-dé­jeu­ner. Peu après 8 h 35, nous avons vu le ca­mion de pom­piers ar­ri­ver. Il a sta­tion­né juste de­vant notre vi­trine. Quatre pom­piers étaient à bord du vé­hi­cule. Deux d’entre eux sont en­trés dans l’im­meuble qui abri­tait la bou­lan­ge­rie et le res- tau­rant. Et à peine sont-ils en­trés dans l’im­meuble, on a en­ten­du une énorme ex­plo­sion, comme un gros pé­tard mul­ti­plié par 1 000, un son sourd que l’on n’a pas l’ha­bi­tude d’en­tendre ».

« On a cru à un at­ten­tat »

Toutes les vitres ont été souf­flées. Celle qui était de­vant nous l’a été moins vio­lem­ment car il y avait ce ca­mion de pom­pier sta­tion­né juste de­vant. C’est ce ca­mion qui nous a mi­ra­cu­leu­se­ment sau­vés. Les vitres nous sont ce­pen­dant tom­bées des­sus. À cô­té de nous, on a vu une per­sonne qui avait une jambe dé­chi­que­tée et une autre qui avait le ventre ou­vert. C’est dans

notre hô­tel que la tou­riste es­pa­gnole a trou­vé la mort.

Dans un pre­mier temps, on a cru à un at­ten­tat. Nous nous sommes alors ré­fu­giés dans la cave de l’hô­tel avec un em­ployé de l’éta­blis­se­ment et deux tou­ristes russes. Au bout d’un mo­ment, on nous a de­man­dé de re­mon­ter. Et là, on a vu une scène de guerre : notre hô­tel était to­ta­le­ment dé­truit, les pla­fonds étaient éven­trés, les gens criaient, il y avait du sang et de la pous­sière par­tout, les clients des­cen­daient en slip… Vic­times de plu­sieurs cou­pures, nous avons aus­si­tôt été pris en charge par les ri­ve­rains avant d’être trans­por­tés dans un hô­pi­tal de Cli­chy.

« On a eu de la chance »

Nous avons vou­lu ré­cu­pé­rer nos af­faires à l’hô­tel mais, par me­sure de sé­cu­ri­té, on nous a in­ter­dit de re­ve­nir dans l’éta­blis­se­ment. On a été re­lo­gés dans un autre hô­tel. Nous te­nons à mettre en avant la très grande so­li­da­ri­té des Pa­ri­siens qui sont ve­nus por­ter se­cours, don­ner à man­ger à cer­tains, hé­ber­ger d’autres…

On a eu de la chance. C’est vé­ri­ta­ble­ment le ca­mion de pom­piers qui nous a sau­vés, car on était quand même à cinq mètres de l’ex­plo­sion. Et heu­reu­se­ment que nous sommes ve­nus à Pa­ris sans nos en­fants ».

Pho­to PQR/Phi­lippe La­vieille/Le Pa­ri­sien

Les Brio­chins Ju­lien et Del­phine Uguet, (ci-contre au centre) ont été pris en charge par les équipes de la Croix Rouge dans la mai­rie du IXe ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris, où une cel­lule de crise avait été mise en place, sa­me­di, après l’ex­plo­sion rue Tré­vise.

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