Aides-soi­gnants. « Des be­soins énormes »

L’Ins­ti­tut de for­ma­tion d’aide-soi­gnant (Ifas) du centre hos­pi­ta­lier de Guin­gamp or­ga­ni­sait, sa­me­di ma­tin, sa jour­née porte ou­verte. L’oc­ca­sion de dé­cou­vrir une for­ma­tion courte (neuf mois), qui at­tire moins que par le pas­sé, mais offre tou­jours au­tant de

Le Télégramme - Guingamp - - Guingamp - Ju­lien Vaillant

Les cours théo­riques se dé­roulent dans les lo­caux de l’Ifas, place du Champ au Roy. Et les tra­vaux pra­tiques, à l’hô­pi­tal.

> Un mé­tier qui at­tire de moins en moins

En cinq ans, les ins­ti­tuts fran­çais de for­ma­tion au mé­tier d’aide-soi­gnant ont per­du 35 % des can­di­dats à leurs concours.

À Guin­gamp, le plus im­por­tant Ifas des Côtes-d’Ar­mor, les chiffres sont en­core plus élo­quents. Le nombre de can­di­dats au cur­sus com­plet est pas­sé de 435 en 2014 à 156 l’an pas­sé.

« C’est une pro­fes­sion dif­fi­cile, avec des condi­tions de tra­vail com­pli­quées, des ho­raires dé­ca­lés, un tra­vail phy­si­que­ment éprou­vant et la po­pu­la­tion soi­gnée est vieillis­sante.»

« Quant à la ré­mu­né­ra­tion, elle tourne au­tour de 1 400 € nets en dé­but de car­rière », ex­pose Gil­bert Cor­son, res­pon­sable, de­puis sep­tembre, de l’Ifas guin­gam­pais, pour ex­pli­quer cette désaf­fec­tion pour la pro­fes­sion d’ai­de­soi­gnante.

> La qua­si-cer­ti­tude de trou­ver du tra­vail

Pour au­tant, le coor­di­na­teur de la for­ma­tion in­siste : « À l’is­sue, vous êtes sûr d’avoir du tra­vail. Il y a du bou­lot par­tout : dans les hô­pi­taux, à do­mi­cile, dans les Eh­pad (éta­blis­se­ment d’hé­ber­ge­ment pour per­sonnes âgées dé­pen­dantes), dans les struc­tures pour han­di­ca­pés. Il y a d’énormes be­soins. D’ici 2022, le pays au­ra be­soin de 250 000 aides-soi­gnants en rai­son du vieillis­se­ment de la po­pu­la­tion, des dé­parts à la re­traite et de ceux qui changent de pro­fes­sion », dé­taille Gil­bert Cor­son.

> Neuf mois de for­ma­tion et six stages

Le cur­sus com­plet dans l’éta­blis­se­ment guin­gam­pais dure neuf mois, de sep­tembre à juin, avec huit mo­dules de for­ma­tion. Six stages de quatre se­maines cha­cun sont éga­le­ment au pro­gramme de l’an­née sco­laire. « Nous sommes dans une dé­marche de pro­fes­sion­na­li­sa­tion », in­dique Gil­bert Cor­son. À no­ter qu’une ma­jo­ri­té de ces stages se dé­roule au centre hos­pi­ta­lier de Guin­gamp. « Mais tous les éta­blis­se­ments de soins, sa­ni­taires et so­ciaux du bas­sin de Guin­gamp, sont concer­nés. Nos sta­giaires sont aus­si ac­cueillis au CHU de Brest ou au centre hos­pi­ta­lier Yves-Le Foll de Saint-Brieuc. » À chaque re­tour de stage, une jour­née de cours est consa­crée à l’ana­lyse des pra­tiques.

> Dé­but du concours d’en­trée en fé­vrier

Cette an­née, l’épreuve écrite du concours se dé­rou­le­ra le 27 fé­vrier et les oraux, du 1er au 5 avril. Les ins­crip­tions, uni­que­ment en ligne (sur le site in­ter­net de l’hô­pi­tal de Guin­gamp) sont ou­vertes jus­qu’au 8 fé­vrier. « Nous sommes d’abord à la re­cherche de per- sonnes ayant un po­ten­tiel et l’en­vie d’exer­cer ce mé­tier et de s’oc­cu­per des gens. Nous sou­hai­tons éga­le­ment qu’ils aient une re­pré­sen­ta­tion réa­liste de ce mé­tier », an­nonce Gil­bert Cor­son. Au­cune li­mi­ta­tion d’âge n’est fixée. « Nos étu­diants ont, cette an­née, entre 18 ans et 53 ans, pour une moyenne d’âge de 24,7 ans ».

> Une pas­se­relle pos­sible vers le mé­tier d’in­fir­mière

Chaque an­née, 20 % des places dans les concours des écoles d’in­fir­mières sont ré­ser­vées aux aides-soi­gnants. Ceux-ci peuvent se pré­sen­ter à l’exa­men dès l’ins­tant où ils ont trois ans de pra­tique de leur mé­tier.

« Ce sont sou­vent les élèves les plus in­ves­tis et les plus ma­tures. Et leur ex­pé­rience pro­fes­sion­nelle les aide énor­mé­ment dans ces études », ex­plique le res­pon­sable de l’Ifas.

> Un ins­ti­tut ins­tal­lé au Champ au Roy

L’ins­ti­tut de for­ma­tion d’aide-soi­gnant (Ifas) du centre hos­pi­ta­lier de Guin­gamp est ins­tal­lé… place du Champ au Roy, dans des lo­caux ap­par­te­nant à la mai­rie de Guin­gamp. Une lo­ca­li­sa­tion qui ré­sulte de la fu­sion, en 2013, de deux centres de for­ma­tion, ce­lui de l’UCO et ce­lui de l’hô­pi­tal. « Il n’y avait pas suf­fi­sam­ment d’es­pace pour nous ac­cueillir au centre hos­pi­ta­lier », dé­taille Gil­bert Cor­son. Les tra­vaux pra­tiques se dé­roulent ce­pen­dant à l’hô­pi­tal.

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