Le gly­pho­sate, tou­jours dé­fen­du par son pro­prié­taire

Le Télégramme - Lannion - Paimpol - - LE FAIT DU JOUR -

Le groupe phar­ma­ceu­tique Bayer, nou­veau pro­prié­taire de Mon­san­to, a dé­fen­du, sa­me­di, l’in­no­cui­té du gly­pho­sate, au len­de­main de sa condam­na­tion in­édite pour ne pas avoir in­for­mé de la dan­ge­ro­si­té de son her­bi­cide Roun­dup. Et mal­gré cette dé­ci­sion qui pour­rait faire ju­ris­pru­dence, le groupe phar­ma­ceu­tique al­le­mand ne semble pas vou­loir ar­rê­ter la pro­duc­tion du gly­pho­sate. « Sur la base de preuves scien­ti­fiques, d’éva­lua­tions ré­gle­men­taires à l’échelle mon­diale et de dé­cen­nies d’ex­pé­rience pra­tique de l’uti­li­sa­tion du gly­pho­sate, Bayer es­time que le gly­pho­sate est sûr et non can­cé­ro­gène », a dé­cla­ré un porte-pa­role de l’en­tre­prise.

« Un ou­til es­sen­tiel, ef­fi­cace et sans dan­ger »

Pour les avo­cats de De­wayne John­son, Mon­san­to a fait pas­ser ses bé­né­fices avant la san­té pu­blique en ba­taillant contre des études évo­quant des risques can­cé­ri­gènes au­tour du Roun­dup. Pour­tant, le géant de l’agro­chi­mie es­time qu’il n’y a au­cun lien entre can­cer et gly­pho­sate et donc au­cune rai­son d’aver­tir d’un dan­ger quel­conque. « Nous fe­rons ap­pel de la dé­ci­sion et conti­nue­rons à dé­fendre vi­gou­reu­se­ment ce pro­duit qui bé­né­fi­cie de 40 ans d’his­toire d’une uti­li­sa­tion sans dan­ger et qui conti­nue à être un ou­til es­sen­tiel, ef­fi­cace et sans dan­ger pour les agri­cul­teurs et autres usa­gers», avait ex­pli­qué le groupe.

Bayer n’a, de son cô­té, pas vou­lu faire de ce pro­cès un cas d’école. « L’ar­rêt de la Cour contre­dit les conclu­sions scien­ti­fiques se­lon les­quelles il n’existe au­cun lien entre l’uti­li­sa­tion du gly­pho­sate » et la maladie de De­wayne John­son. « D’autres af­faires peuvent être por­tées de­vant d’autres tri­bu­naux et d’autres ju­rys, qui peuvent abou­tir à des conclu­sions dif­fé­rentes », a-t-il es­ti­mé.

Ce­pen­dant, ce pro­cès his­to­rique pour­rait bien faire ef­fet boule de neige. Avec des consé­quences qui pour­raient coû­ter cher à Bayer qui avait bou­clé, dé­but juin, pour 63 milliards de dol­lars, le ra­chat de l’amé­ri­cain. Le groupe phar­ma­ceu­tique n’a pas vou­lu pré­ci­ser s’il avait com­men­cé à pro­vi­sion­ner ses comptes pour sol­der les mul­tiples en­nuis ju­di­ciaires aux­quels doit faire face leur nou­velle ac­qui­si­tion.

« Mon­sa­tan ou « Mu­tan­to »

Conscient de la mau­vaise image por­tée par Mon­san­to, par­fois sur­nom­mée « Mon­sa­tan » ou « Mu­tan­to » par ses dé­trac­teurs, le groupe al­le­mand avait ra­pi­de­ment fait sa­voir que la marque « Mon­san­to » de­vrait être aban­don­née. Le Roun­dup, son her­bi­cide ve­dette, lan­cé en 1976, contient du gly­pho­sate, sub­stance qui fait l’ob­jet d’études scien­ti­fiques contra­dic­toires quant à son ca­rac­tère can­cé­ri­gène. Plé­bis­ci­té par les culti­va­teurs pour son ef­fi­ca­ci­té et son faible coût, le gly­pho­sate fait par­ti­cu­liè­re­ment po­lé­mique en Eu­rope et no­tam­ment en France. Her­bi­cide le plus uti­li­sé au monde sous di­verses marques, il est aus­si ac­cu­sé d’être né­faste pour l’en­vi­ron­ne­ment et de contri­buer à la dis­pa­ri­tion des abeilles, ou en­core d’être un per­tur­ba­teur en­do­cri­nien.

Pho­to AFP

« Le ju­ry a eu tort », a dé­cla­ré le vice-président de Mon­san­to, Scott Par­tridge, de­vant le tri­bu­nal.

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