Les Bleus en­core en fi­nale !

Le Télégramme - Lannion - Paimpol - - LA UNE -

« Les Fran­çais ont joué une de­mi-fi­nale stra­to­sphé­rique», «Ni­co­las Ma­hut et Ju­lien Ben­ne­teau (ci-des­sus) ont joué le meilleur double que j’ai vu de ma vie»... Le ca­pi­taine de l’équipe es­pa­gnole de la coupe Da­vis, Ser­gi Bru­gue­ra, ne ta­ris­sait pas d’éloges, hier, sur la vic­toire du double fran­çais qui pro­pulse les Bleus une nou­velle fois en fi­nale.

Que d’émo­tions ! Non re­te­nus lors de la fi­nale l’an pas­sé, Ju­lien Ben­ne­teau (de dos) et Ni­co­las Ma­hut ont ap­por­té face à l’Es­pagne le point de la qua­li­fi­ca­tion pour la fi­nale de la Coupe Da­vis, sa­me­di à Ville­neuve-d’Ascq. En cor­ri­geant l’Es­pagne 3 à 0, la bande à Noah a fait le plein de confiance pour ten­ter de conser­ver le sa­la­dier d’ar­gent face aux Croates ou aux Amé­ri­cains (2-1 pour la Croa­tie).

Un scé­na­rio par­fait. Les Bleus ont dé­cro­ché, sa­me­di, leur place en fi­nale de Coupe Da­vis, la deuxième d’af­fi­lée, en ba­layant une Es­pagne di­mi­nuée avant même le der­nier jour, grâce au 3e point dé­cro­ché par la paire de double Ma­hut-Ben­ne­teau. Une ba­lade… Ou presque. Qui va­lait bien cette ten­ta­tive de danse « à la Um­ti­ti » ten­tée par les joueurs après la vic­toire (6-0, 6-4, 7-6 (9/7)).

De­puis ven­dre­di et les vic­toires de Be­noît Paire et Lu­cas Pouille en simples, la peau de l’Es­pagne, qui jouait cette de­mi-fi­nale sans Ra­faël Na­dal, ne va­lait pas bien cher. Et elle n’a ef­fec­ti­ve­ment pas coû­té grand­chose. La paire his­to­rique du double fran­çais Ni­co­las Ma­hut et le re­trai­té Ju­lien Ben­ne­teau, qui a peut-être joué son der­nier match, n’a pas lais­sé beau­coup de place au sus­pense dans une jour­née aus­si idéale que la veille (lire ci-des­sous).

« Au­jourd’hui ça s’est pas­sé ma­gni­fi­que­ment, c’était un sen­ti­ment in­croyable », a ré­su­mé le vé­té­ran Ben­ne­teau (36 ans), sur un nuage. La messe était qua­si­ment dite de­puis la veille de toute fa­çon. Et rien qu’à voir l’im­pli­ca­tion du duo fran­çais dès la des­cente vers le court, et l’at­ti­tude quelque peu ré­si­gnée des Es­pa­gnols dès le dé­but de match, ce­la s’an­non­çait com­pli­qué pour les Ibé­riques.

Pied de nez

Les Bleus vont donc avoir l’oc­ca­sion, a prio­ri contre les Croates (qui mènent 2-1 contre les États-Unis) et donc a prio­ri en France, de ren­trer dans un club as­sez fer­mé des pays ayant rem­por­té le sa­la­dier d’ar­gent deux fois d’af­fi­lée (Suède, États-Unis, Es­pagne, Ré­pu­blique tchèque, Al­le­magne). Un must pour une équipe dont le meilleur joueur se trouve aux portes du top 20 (Lu­cas Pouille, 19e), avec une ri­bam­belle de bles­sés (Tson­ga, Mon­fils), et qui n’a ja­mais pu ali­gner ses meilleurs joueurs lors de cette cam­pagne 2018. Mais peu im­porte. Comme un pied de nez à la ré­forme de la Coupe Da­vis vo­tée par l’ITF cet été, ses plus fa­rouches op­po­sants vont se re­trou­ver en po­si­tion de scel­ler leur his­toire d’amour avec cette com­pé­ti­tion. Une com­pé­ti­tion qui n’au­ra plus rien à voir avec cette for­mule. Tous les joueurs fran­çais se sont ex­pri­més contre ce nou­veau for­mat qui met fin aux ren­contres à do­mi­cile sur trois jours.

Et on peut les com­prendre vu l’am­biance qui a ré­gné à Ville­neu­ved’Ascq (Nord). Les sup­por­teurs bleus, qui por­taient sa­me­di un tee-shirt noir en signe de deuil, ont d’ailleurs en­voyé un mes­sage très clair aux ins­tances in­ter­na­tio­nales, re­layés par leurs ho­mo­logues es­pa­gnols en dé­ployant une ban­de­role « Change it back » (Re­chan­gez-la). Un ap­pel qui res­te­ra évi­dem­ment sans ré­ponse.

Noah n’a ja­mais per­du de fi­nale

Pour Yan­nick Noah, la belle his­toire avec cette com­pé­ti­tion va donc se pour­suivre en­core un peu. Pour sa toute der­nière an­née, il at­teint sa 4e fi­nale en tant que ca­pi­taine. Il n’en a pour l’ins­tant ja­mais per­du une. « Je suis tel­le­ment bé­ni d’être le ca­pi­taine de cette équipe (…). Je suis tel­le­ment heu­reux d’être en fi­nale », a-t-il es­ti­mé en confé­rence de presse. Si la chance a beau­coup à voir dans ce par­cours qua­si­ment par­fait de­puis deux ans, la France ayant joué la plu­part de ses ad­ver­saires les plus dan­ge­reux sans leur N.1 (Mur­ray, Djo­ko­vic, Ni­shi­ko­ri, Rao­nic, Ber­dych, Na­dal), il reste in­dé­niable que le seul vain­queur fran­çais d’un Grand Che­lem (1983, Ro­land Gar­ros) a du nez. Son coup de po­ker avec Be­noît Paire, qui n’avait ja­mais joué en Coupe Da­vis et qu’il a choi­si de lan­cer dans le grand bain d’en­trée, a par­fai­te­ment fonc­tion­né. Son choix de faire jouer Lu­cas Pouille pour­tant pas dans une grande forme ces der­niers mois, aus­si. En ali­gnant la paire Ma­hut-Ben­ne­teau, celle-là même qu’il avait pri­vée de fi­nale la sai­son der­nière face à la Bel­gique, il n’a pas pris de grand risque, et s’est peu­têtre même fait par­don­ner par les deux joueurs.

Avec cette qua­trième fi­nale de Coupe Da­vis, il a l’oc­ca­sion de re­joindre au pal­ma­rès l’Aus­tra­lien Neal Fra­ser et le Croate Ni­ki Pi­lic (4 vic­toires). Les Bleus, eux, de gla­ner le der­nier sa­la­dier à la sa­veur d’an­tan…

Face à l’Es­pagne, il n’au­ra fal­lu que trois matchs aux Bleus pour se qua­li­fier en Fi­nale de Coupe Da­vis.

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