Le vi­rus de la mé­de­cine à dis­tance va se ré­pandre

Pe­tite ré­vo­lu­tion dans l’exer­cice de la mé­de­cine : le cham­pion de la prise de ren­dez-vous mé­di­caux en ligne, Doc­to­lib, a an­non­cé di­manche qu’il com­men­çait à dé­ployer, chez les pra­ti­ciens, son ou­til de té­lé­con­sul­ta­tion en ligne.

Le Télégramme - Lannion - Paimpol - - LA UNE -

La té­lé­con­sul­ta­tion pour­rait être ap­pe­lée à se dé­ve­lop­per très ra­pi­de­ment après son ou­ver­ture au rem­bour­se­ment, sous cer­taines condi­tions, par la Sé­cu­ri­té so­ciale. Avec 70 000 pro­fes­sion­nels de san­té uti­li­sant son ser­vice de prise de ren­dez-vous en ligne, Doc­to­lib, qui a ra­che­té mi-2018 son prin­ci­pal concur­rent, MonDoc­teur, re­pré­sente une force de frappe ma­jeure. Moyen­nant 79 eu­ros par mois, les mé­de­cins peuvent dis­po­ser d’un ou­til vi­déo sé­cu­ri­sé pour dia­lo­guer avec leurs pa­tients, ob­te­nir un té­lé­paie­ment et en­voyer l’or­don­nance par mail. De leur cô­té, les pa­tients doivent être équi­pés d’un smart­phone. « Pour l’ins­tant, nous ins­tal­lons ce ser­vice plu­tôt pour les gé­né­ra­listes et plu­tôt en Ile-deF­rance, mais nous cou­vri­rons l’en­semble de la France » et les spé­cia­listes « d’ici à quelques mois », in­dique Ju­lien Mé­raud, le di­rec­teur de la stra­té­gie de Doc­to­lib.

« Des ré­ti­cences à le­ver »

De nom­breux ac­teurs ont com­men­cé à s’im­plan­ter sur le mar­ché. « Nous avons quelques cen­taines de mé­de­cins qui uti­lisent dé­jà notre so­lu­tion », dé­clare Ar­nault Billy, pa­tron de Do­ca­ve­nue, fi­liale de té­lé­mé­de­cine du groupe de lo­gi­ciels mé­di­caux Ce­ge­dim. Se­lon lui, des pro­fes­sion­nels en­vi­sagent d’uti­li­ser la té­lé­con­sul­ta­tion dans le cadre d’une pré-re­traite, en ré­dui­sant leur temps de tra­vail en ca­bi­net. Cer­taines start-up se po­si­tionnent comme de vé­ri­tables « centres de san­té en ligne ». Elles re­crutent des mé­de­cins li­bé­raux tra­vaillant pour elles à temps par­tiel. C’est le cas de Qare, sou­te­nue par l’as­su­reur Axa, de MesDoc­teurs, liée au groupe mu­tua­liste VYV ou en­core Li­vi, fi­liale fran­çaise du Sué­dois Kry. « De­puis le 15 sep­tembre, on a fait 8 000 té­lé­con­sul­ta­tions vi­déo avec un taux de sa­tis­fac­tion co­los­sal », af­firme, chez Li­vi, Maxime Cau­ter­man. La Caisse na­tio­nale d’as­su­rance ma­la­die ef­fec­tue­ra un pre­mier bi­lan chif­fré en mars. Dans ses pré­vi­sions bud­gé­taires 2018, le gou­ver­ne­ment avait ta­blé sur 500 000 actes de té­lé­con­sul­ta­tion en 2019, un mil­lion en 2020 puis 1,3 mil­lion en 2021. Mais pour Mi­ckaël Cha­leuil, pré­sident d’« Agir pour la té­lé­mé­de­cine », « il y a en­core de grosses ré­ti­cences, chez les pra­ti­ciens, qu’il va fal­loir le­ver ». De son cô­té, l’Ordre des mé­de­cins veille au grain, sou­cieux de com­battre « toute ten­ta­tive d’ubé­ri­sa­tion » de la san­té.

Pho­to Fran­çois Des­toc

Dans ses pré­vi­sions bud­gé­taires, le gou­ver­ne­ment avait ta­blé sur 500 000 actes de té­lé­con­sul­ta­tion en 2019, un mil­lion en 2020 puis 1,3 mil­lion en 2021.

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