Dor­sale, une oeuvre mo­nu­men­tale

Le Télégramme - Lorient - - Lorient. Actus -

Dans le cadre de Ports en fête, trois ar­tistes ont créé Dor­sale, une sculp­ture mo­nu­men­tale consti­tuée de sangles de le­vage. L’oeuvre peut évo­quer une na­geoire de pois­son pour cer­tains, ou une coque de ba­teau pour d’autres. Cha­cun se fait son his­toire.

Pre­nez un peu de bois, des vis, des clous et quelques mètres de sangles de le­vage et vous ob­tien­drez Dor­sale. La sculp­ture n’est ce­pen­dant réa­li­sable qu’avec l’aide de trois ar­tistes : Si­mon Au­gade, Ni­co­las Des­ver­ron­nières et Syl­vain Le Corre.

Un lieu his­to­rique

À l’ori­gine, les trois tren­te­naires, tous di­plô­més de l’école des beauxarts de Lo­rient, n’avaient pas idée de ce qu’ils fe­raient. « Nous avons com­men­cé par cher­cher un lieu. Quand on a trou­vé la ca­thé­drale construite par les na­zis, on a sou­hai­té tra­vailler avec des ma­té­riaux du port », ex­plique Syl­vain Le Corre. Si­tuée sur l’aire de ré­pa­ra­tion na­vale, la ca­thé­drale offre de très nom­breuses pos­si­bi­li­tés d’amé­na­ge­ment tant par sa hau­teur que sa lar­geur.

Dor­sale, qui me­sure 6 m de haut pour 30 m de large, tient donc très confor­ta­ble­ment dans son ha­bi­tat. « Il y avait un en­jeu avec le bâ­ti­ment, pour trou­ver sa place sans se faire écra­ser par l’im­men­si­té », té­moigne Si­mon Au­gade.

Un tra­vail en amont

Les trois amis, ha­bi­tués à tra­vailler en­semble sur dif­fé­rents pro­jets, ont réa­li­sé leurs pre­mières es­quisses cha­cun de leurs cô­tés. « Nous étions fi­na­le­ment as­sez proches, alors nous avons gar­dé ces no­tions­là et va­li­dé une forme com­mune », pour­suit Si­mon Au­gade.

Plan, des­sins, ma­té­riaux, par­te­na­riats… En deux se­maines, la sculp­ture était en place, mais « un gros tra­vail de pré­pa­ra­tion a été fait en amont », pré­cise Ni­co­las Des­ver­ron­nières.

L’oeuvre est consti­tuée de sangles de le­vage por­tées par une char­pente de bois. Du bois pro­ve­nant du par­te­na­riat avec l’en­tre­prise Par­te­dis. Pour les sangles, elles ont été trou­vées sur l’aire de ré­pa­ra­tion na­vale. « Elles n’étaient plus uti­li­sables par me­sure de sé­cu­ri­té », ex­plique Ni­co­las Des­ver­ron­nières.

Une oeuvre et plu­sieurs per­cep­tions

« Nous avons vou­lu jouer avec l’inerte et le vi­vant, mais aus­si avec le cô­té se­cret du bâ­ti­ment qui pose des ques­tions sur la tem­po­ra­li­té », dé­ve­loppe Syl­vain Le Corre. « Il y a plein d’amorces de ré­cits ou cha­cun se fait son his­toire », ajoute-t-il. Au to­tal, Dor­sale est consti­tuée d’une quin­zaine de sangles toutes dé­cou­pées en quatre, et ten­dues vers le haut. « C’est un re­tour­nant de la ma­tière », ex­plique Si­mon Au­gade.

Mais la réa­li­sa­tion de l’oeuvre ne cou­lait pas de source. Comme dit le dic­ton : « c’est en for­geant que l’on de­vient for­ge­ron ». Pour les pre­mières sangles, les ar­tistes, ai­dés de quelques étu­diants de l’École eu­ro­péenne su­pé­rieure d’art de Bre­tagne (Ee­sab), tra­vaillaient à deux mais « pas­saient une heure pour dé­cou­per une sangle. À la fin, nous met­tions dix mi­nutes à six per­sonnes, c’était presque une cho­ré­gra­phie », conclut Si­mon Au­gade.

Si­mon Au­gade, Syl­vain Le Corre et Ni­co­las Des­ver­ron­nières, trois amis et ar­tistes à l’ori­gine de la sculp­ture Dor­sale.

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