Qua­li­té de l’air. La France ren­voyée de­vant la jus­tice

Le Télégramme - Loudéac - Rostrenen - - FRANCE -

La Com­mis­sion eu­ro­péenne, après plus d’une dé­cen­nie de mises en garde, a dé­ci­dé, jeu­di, de ren­voyer six États membres de­vant la jus­tice de l’UE, tous mis en cause pour ne pas res­pec­ter les normes de qua­li­té de l’air. L’Al­le­magne, la France et le Royau­meU­ni sont sanc­tion­nés pour le non-res­pect des li­mites fixées pour les émis­sions de di­oxyde d’azote (NO2), qui s’échappent des pots d’échap­pe­ment, étouffent les ag­glo­mé­ra­tions conges­tion­nées et se­raient res­pon­sables de 75 000 morts pré­ma­tu­rées par an en Eu­rope, dont 9 300 en France. En 2016, 12 zones, dont Pa­ris, Mar­seille et Lyon, ont ain­si dé­pas­sé la li­mite moyenne an­nuelle de 40 mi­cro­grammes/m3, la ca­pi­tale at­tei­gnant même 96 mi­cro­grammes/m3. La France reste, d’autre part, sous sur­veillance concer­nant les par­ti­cules fines (PM10) qui valent au­jourd’hui à la Hon­grie, l’Ita­lie et la Rou­ma­nie d’être mises en cause et qui, se­lon l’Agence eu­ro­péenne de l’en­vi­ron­ne­ment sont res­pon­sables de près de 400 000 dé­cès pré­ma­tu­rés par an, dont 35 000 en France.

« Nous hé­ri­tons des choix du pas­sé en ma­tière d’amé­na­ge­ment du ter­ri­toire, de po­li­tique éner­gé­tique ou de trans­ports », a com­men­té, jeu­di, le mi­nistre de la Tran­si­tion éco­lo­gique, Ni­co­las Hu­lot. « Mais nous avons, d’ores et dé­jà, en­ta­mé une pro­fonde trans­for­ma­tion et le gou­ver­ne­ment est « ré­so­lu à agir pour per­mettre à cha­cun de res­pi­rer un air qui ne nuise pas à sa san­té », a-t-il ajou­té, rap­pe­lant qu’un « pa­quet de nou­velles me­sures se­ront ins­crites dans la loi d’orien­ta­tion des mo­bi­li­tés, en juin ».

« Ef­fets d’an­nonce »

La Com­mis­sion avait ac­cor­dé, en jan­vier, une « der­nière chance » à plu­sieurs pays eu­ro­péens, leur ré­cla­mant un plan d’ac­tion. La France l’avait sou­mis en fé­vrier, avant de pré­sen­ter des plans spé­ci­fiques pour les 14 zones les plus pol­luées du pays.

Le plan d’ac­tion na­tio­nal, qua­li­fié d’in­suf­fi­sant par les ONG, doit, se­lon le mi­nis­tère, per­mettre d’éli­mi­ner les dé­pas­se­ments en PM10 « à par­tir de 2020 », sauf dans quelques « points noirs », et de di­mi­nuer le nombre de sta­tions de me­sures dé­pas­sant les pla­fonds en NO2 (49 en 2010, dix en 2020, trois en 2030).

Mais, même si la France a fait « beau­coup d’ef­forts », les en­ga­ge­ments ne per­mettent pas « d’ar­ri­ver à une mise en oeuvre d’ici à 2020 », a com­men­té un res­pon­sable au sein de la Com­mis­sion eu­ro­péenne. « De nom­breuses me­sures ne sont pas ju­ri­di­que­ment an­crées dans la lé­gis­la­tion », a-t-il ajou­té, dé­cri­vant des « ef­fets d’an­nonce qui doivent être concré­ti­sés ». La fu­ture loi mo­bi­li­té pré­voit no­tam­ment « des fi­nan­ce­ments pour ac­com­pa­gner le dé­ploie­ment de zones à faibles émis­sions dans les ter­ri­toires les plus pol­lués » et pour sou­te­nir le vé­lo et le co­voi­tu­rage, ont as­su­ré, jeu­di, les mi­nis­tères de la Tran­si­tion éco­lo­gique et des Trans­ports.

Le Ré­seau Ac­tion Cli­mat, qui fé­dère des ONG comme Green­peace ou WWF, a ju­gé « très urgent de re­fondre struc­tu­rel­le­ment la po­li­tique de trans­ports ». Il ré­clame no­tam­ment l’aban­don des grands pro­jets rou­tiers, le fi­nan­ce­ment de trans­ports al­ter­na­tifs (vé­lo, trans­ports en com­mun), l’in­ter­dic­tion des vé­hi­cules die­sel et es­sence dans cer­taines par­ties des ag­glo­mé­ra­tions les plus pol­luées d’ici à 2025.

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