L’étrange his­toire d’une ma­cabre dé­cou­verte

À Rennes, un corps en dé­com­po­si­tion a été dé­cou­vert, ce sa­me­di, rue Poul­lain Du­parc. Il y a dix jours, les au­to­ri­tés avaient pen­sé que l’odeur ve­nait de l’ap­par­te­ment voi­sin, rem­pli, du sol au pla­fond, de dé­tri­tus.

Le Télégramme - Loudéac - Rostrenen - - LA UNE -

Le 11, rue Poul­lain Du­parc, dans le centre de Rennes, re­ce­lait bien des sur­prises. La pre­mière date du 1er août der­nier, ce mer­cre­di où des ha­bi­tants se dé­cident à aler­ter les pom­piers. Une odeur nau­séa­bonde s’échappe d’un ap­par­te­ment au deuxième étage. Ce qui les at­tend der­rière la porte a de quoi éton­ner : un in­son­dable ca­phar­naüm, consti­tué d’ob­jets en tous genres en­tas­sés jus­qu’au pla­fond, em­pêche d’en­trer dans les lieux. Un corps se cache-t-il des­sous ? Le dé­blayage com­mence.

Le pro­prié­taire, un sexa­gé­naire jus­qu’ici in­trou­vable, ré­ap­pa­raît la nuit sui­vante. Es­to­ma­qué de voir ses af­faires em­bar­quées, il crie au scan­dale et à l’er­reur. « Le bor­del, ça ne sent pas », fait-il re­mar­quer. La suite lui don­ne­ra rai­son. C’est que l’odeur per­siste. Dix jours plus tard, ce sa­me­di, il se dé­cide à son tour à pré­ve­nir les pom­piers. Cette fois, ils forcent la porte de l’ap­par­te­ment d’à cô­té. Un ca­davre en état de dé­com­po­si­tion avan­cé est al­lon­gé là.

Une en­quête ou­verte

En fin d’après mi­di, une équipe de la po­lice scien­ti­fique est en­voyée sur place. Avant de faire les consta­ta­tions, elle doit at­tendre plu­sieurs di­zaines de mi­nutes que le cou­rant d’air éva­cue un peu les ef­fluves, tant elles sont in­sup­por­tables.

À cette heure, im­pos­sible de dé­ter­mi­ner les cir­cons­tances et la date de la mort. Une en­quête a été ou­verte pour ten­ter no­tam­ment de sa­voir s’il s’agit du lo­ca­taire de l’ap­par­te­ment.

« On a sa­li ma ré­pu­ta­tion »

Le voi­sin, lui, ne dé­co­lère pas. « Ils ont em­bar­qué mes af­faires, c’est toute une vie », se plaint-il. L’homme pa­raît déso­rien­té. « Je n’ai plus mes pa­piers, les lettres de ma mère, ses bi­joux,… Tout ça re­pré­sente beau­coup d’ar­gent. Et en plus, on a sa­li ma ré­pu­ta­tion ». Un autre ha­bi­tant de l’im­meuble, où il a em­mé­na­gé avec sa pe­tite amie il y a un mois à peine, cherche où dor­mir cette nuit.

« J’es­père que l’odeur pas­se­ra vite. Si­non, je ne sais pas comment on va faire, on ne connaît per­sonne sur Rennes ».

Pho­to R.R.

Une équipe de la po­lice scien­ti­fique a été en­voyée en fin d’après-mi­di pour faire les consta­ta­tions.

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