Mi­chel Dru­cker : tou­jours là !

Le pré­sen­ta­teur de « Vi­ve­ment Di­manche » sort un nou­veau livre, « Il faut du temps pour res­ter jeune », sur son su­jet fé­tiche, son ob­ses­sion même : la peur du vieillis­se­ment et de la ma­la­die, sa pas­sion du sport et celle de sa lon­gé­vi­té, dans la vie comme

Le Télégramme - Loudéac - Rostrenen - - SÉLECTION TV - Pho­to Ber­nard Bar­be­reau/FTV Claire Stein­len

At­ta­blé au Ca­fé de l’Al­ma, son res­tau­rant pré­fé­ré, à un jet de pierre de la rue Co­gnac-Jay, où étaient hé­ber­gés les stu­dios de la té­lé­vi­sion fran­çaise jus­qu’en 1992, Mi­chel Dru­cker at­taque un car­pac­cio d’avo­cat ar­ro­sé d’eau mi­né­rale. Cet hy­po­con­driaque re­ven­di­qué sur­veille sa ligne, cher­chant à re­trou­ver les 70 kg de ses 18 ans, dont il ne s’est éloi­gné que d’à peine 2 kg. Sa pas­sion ? Le vieillis­se­ment, en­fin sur­tout, la meilleure fa­çon de le contrer comme il l’ex­plique dans son der­nier livre « Il faut du temps pour res­ter jeune » (Ro­bert Laf­font). L’âge, il en par­lait d’ailleurs sou­vent avec feu Charles Az­na­vour. Les deux hommes avaient dé­ci­dé en­semble qu’il ani­me­rait à la té­lé­vi­sion la fête du cen­te­naire de l’ar­tiste, place de la Con­corde. « Charles vou­lait être cen­te­naire, mais par­lait beau­coup de la mort », ra­conte Mi­chel Dru­cker sur son ami.

De­ve­nir cen­te­naire

L’ani­ma­teur de « Champs-Ély­sées » es­père, lui aus­si, pou­voir at­teindre le siècle, chiffres à l’ap­pui. « Re­gar­dez Hu­ghes Au­fray, quand vous le voyez, vous ne pou­vez pas ima­gi­ner qu’il a 90 ans. En France, il y a au­jourd’hui 20 000 cen­te­naires, vous vous ren­dez compte ? Vieillir, c’est du bou­lot, moi je veux res­ter vif le plus long­temps pos­sible. Mais je ne fais pas du jeu­nisme, tout le monde sait que je fais beau­coup de sport, et tout pour bien vieillir. Je ne suis pas le seul : Jean-Mi­chel Jarre, Po­lans­ki, on est un cer­tain nombre à être bien conser­vés. On peut vieillir sans de­ve­nir vieux. Tant que je se­rai cré­dible pour la troi­sième gé­né­ra­tion d’ar­tistes que je cô­toie, je reste. » Pour­tant, après 50 ans de mé­tier, 4 500 heures d’émis­sion dis­po­nible à l’INA, et la re­con­nais­sance de toute la pro­fes­sion, Mi­chel Dru­cker reste un an­xieux, qui re­garde ses émis­sions d’un oeil cri­tique et a tou­jours peur de ne pas plaire. Une an­goisse hé­ri­tée de ses an­nées de cancre, alors que ses pa­rents rê­vaient pour lui d’ex­cel­lence.

Ja­mais gué­ri de son en­fance

À Vire, en Nor­man­die, où il est né, son père mé­de­cin gé­né­ra­liste est très ad­mi­ra­tif de ses deux autres frères. L’un, Jean, énarque et an­cien pa­tron de M6, l’autre Jacques, le père de l’ac­trice Léa Dru­cker, émi­nent mé­de­cin. « De mes pre­miers pas­sages à la té­lé, ma mère n’a re­le­vé que les trois fautes de syn­taxe et les deux mau­vaises liai­sons. Et mon père a ap­pe­lé l’ORTF pour de­man­der que l’on me re­tire de l’an­tenne ». Ré­sul­tat, un homme ja­mais ras­su­ré, qui parle de ses pa­rents à lon­gueur de dé­jeu­ner. Mais ce qu’aime par-des­sus tout l’ani­ma­teur de « Vi­ve­ment Di­manche », c’est par­ler de lui, et des gens qu’il connaît, preuve de son suc­cès. « Les rap­peurs ? Je les connais tous, ils ont fait une chan­son sur moi. Je connais bien Fran­çois Pi­nault. Tous les chefs d’État, je les ai croi­sés, ils m‘ont tous pro­po­sé de ren­trer en po­li­tique. J’ai beau­coup par­lé ré­cem­ment avec Ni­co­las Hu­lot… Az­na­vour ve­nait tout le temps à la mai­son, comme Jean Re­no, Omar Sy, Ja­mel… » Ce­lui qui a souf­fert d’être bro­car­dé comme ani­ma­teur lisse, tou­jours adepte du « for­mi­dable », montre en vieillis­sant des as­pé­ri­tés, comme l’at­teste sa prise de bec avec Laurent De­la­housse qu’il a ac­cu­sé de vou­loir lui pi­quer sa place le di­manche soir. Mieux, il trouve que, de Ru­quier à Ar­dis­son, tout le monde s’est « Dru­cke­ri­sé », par­lant vo­lon­tiers de lui à la troi­sième per­sonne. « Nul n’est gué­ri de son en­fance », dit-il, comme pour s’ex­cu­ser de n’être ja­mais ras­sa­sié.

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