Im­pôt à la source. Les PME face à des bugs et des frais en plus

Le Télégramme - Loudéac - Rostrenen - - ÉCONOMIE -

Le pré­lè­ve­ment à la source de l’im­pôt sur le re­ve­nu en­tre­ra en vi­gueur en jan­vier 2019. Une vé­ri­table mon­tagne qui se dresse de­vant les pe­tits pa­trons qui, dans une grande ma­jo­ri­té, ont mis en place une phase de tests afin d’être prêtes. Pour prendre la tem­pé­ra­ture au­près de ses adhé­rents, la Con­fé­dé­ra­tion des pe­tites et moyennes en­tre­prises (CPME) a créé un ques­tion­naire en ligne, dont les ré­sul­tats ont été dé­voi­lés jeu­di. 528 so­cié­tés de moins de 250 sa­la­riés y ont ré­pon­du. Par­mi les en­sei­gne­ments de cette en­quête, on re­tient que « 15 % des en­tre­prises ont fait face à des er­reurs » lors de leur ex­pé­ri­men­ta­tion, si­gnale Her­vé Ker­mor­gant, pré­sident de la CPME du Fi­nis­tère. Dans la plu­part des cas, elles sont liées à des taux d’im­po­si­tion er­ro­nés dus à des pro­blèmes in­for­ma­tiques.

Des bugs « en train d’être cor­ri­gés »

« Tout se met en place, des bugs pro­ve­nant de lo­gi­ciels sont en train d’être cor­ri­gés », ras­sure Sté­phane Ker­dat, pré­sident de l’Ordre des ex­perts­comp­tables de Bre­tagne.

La ré­forme de­vrait aus­si in­duire une hausse des fac­tures des pres­ta­taires de paye, pour les pe­tites en­tre­prises. 36 % l’ont dé­jà consta­té dans l’étude de la CPME, note Her­vé Ker­mor­gant. Le pré­sident des comp­tables bre­tons a une ex­pli­ca­tion : « Même si c’est l’ad­mi­nis­tra­tion fis­cale qui doit être jointe en cas de pro­blème ou de ques­tions du sa­la­rié, il pour­ra ar­ri­ver à un chef d’en­tre­prise d’être sol­li­ci­té. Il se re­tour­ne­ra alors vers son ex­pert­comp­table. Les tra­vaux sup­plé­men­taires ef­fec­tués de­vront être fac­tu­rés ». L’une des autres craintes des pe­tits pa­trons touche à la baisse du mon­tant af­fi­ché de la paye sur le bul­le­tin des sa­la­riés : « Il y au­ra une ten­dance plus forte à de­man­der des aug­men­ta­tions de sa­laire », pense Her­vé Ker­mor­gant.

Par ailleurs, 45 % des chefs de pe­tites en­tre­prises es­timent que le pré­lè­ve­ment à la source peut être une dif­fi­cul­té sup­plé­men­taire pour em­bau­cher un pre­mier sa­la­rié.

Ils sont aus­si nom­breux à ré­cla­mer un droit à l’er­reur spé­ci­fique et un cré­dit d’im­pôt pour com­pen­ser les sommes en­ga­gées pour ap­pli­quer la ré­forme.

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