Gi­lets jaunes. Lan­gueux à bout de nerfs

De­puis le 18 no­vembre, c’est de­ve­nu un ri­tuel chaque dé­but de se­maine : dé­blayer et ré­pa­rer la chaus­sée dé­gra­dée de la RN1 2 et du gi­ra­toire du Bur­ger King, au ni­veau de Lan­gueux. La rai­son ? Les dé­bor­de­ments gé­né­rés en marge des ac­tions des gi­lets jaunes

Le Télégramme - Loudéac - Rostrenen - - SAINT-BRIEUC. ACTUS -

Ils at­tendent là, pai­si­ble­ment, à même le sol. Sur les bas-cô­tés, de part et d’autre de la RN12, au ni­veau du res­tau­rant Cam­pa­nile de Lan­gueux, sens Rennes-Saint-Brieuc, deux triangles de si­gna­li­sa­tion ar­borent un ex­pli­cite « Chaus­sée dé­gra­dée ». Leur cou­leur oran­gée in­dique, en théo­rie, leur ca­rac­tère pro­vi­soire. Tout laisse à pen­ser qu’ils vont res­ter ici en­core un mo­ment.

De­puis le 18 no­vembre, pre­mier jour de la mo­bi­li­sa­tion brio­chine des gi­lets jaunes, le bi­tume est le souffre-dou­leur d’une contes­ta­tion dont il n’est pas res­pon­sable. Point de ral­lie­ment du mou­ve­ment, le gi­ra­toire de Bur­ger King et ses abords se re­trouvent chaque wee­kend sous le feu des pro­jec­teurs. Des pro­jec­teurs et des bra­siers al­lu­més à coups de pa­lettes et de cad­dies. Au pe­tit ma­tin des nuits agi­tées, les des ser­vices tech­niques de la Ville de Lan­gueux et ceux de la Dir Ouest (*) sont les pre­miers à as­sis­ter au spec­tacle de dé­so­la­tion. Leur mis­sion : dé­blayer la chaus­sée des ob­jets en tous genres cal­ci­nés pour per­mettre une re­prise sé­cu­ri­sée et nor­male de la cir­cu­la­tion.

Une fac­ture de plus en plus sa­lée

« J’es­père vrai­ment que ça va s’ar­rê­ter bien­tôt, souffle Thé­rèse Jous­seaume, maire de Lan­gueux. Sur le fond des re­ven­di­ca­tions, il y au­rait certes beau­coup à dire. Mais la co­lère ne peut pas se tra­duire par un tel sac­cage. C’est de­ve­nu très pé­nible. Nos agents tra­vaillent la nuit et les week-ends, ils sont épui­sés. Pour le mo­ment, ils ne peuvent que net­toyer. On pour­ra en­vi­sa­ger une vraie re­mise en état le jour où le mou­ve­ment se se­ra apai­sé ». Dif­fi­cile d’es­ti­mer avec pré­ci­sion le mon­tant de ces tra­vaux, même si les cinq chiffres de­vraient vite être at­teints. « On peut dé­jà comp­ta­bi­li­ser la cen­taine d’heures sup­plé­men­taires de nos agents. On fe­ra le dé­compte à la fin, et on en­ver­ra la fac­ture à l’État. Ce n’est pas aux contri­buables lan­gueu­siens de la payer ». Même constat du cô­té de la Dir Ouest qui in­ter­vient sur la voie ex­press et les bre­telles d’ac­cès. « Tout évo­lue au jour le jour, il faut sans cesse s’adap­ter. Notre prio­ri­té, c’est d’as­su­rer la sé­cu­ri­té des usa­gers de la RN12 24 heures/24, in­forme Co­rinne Vincent-Le Roux, chef du dis­trict de Saint-Brieuc. À chaque fois que des feux en­dom­magent la chaus­sée, nos équipes dé­blaient, ba­lisent les en­droits abî­més, et mettent en place des dé­via­tions si né­ces­saires. Il faut agir ra­pi­dea­gents ment. Blo­quer une voie pen­dant trois se­maines n’est pas en­vi­sa­geable. Ça oc­ca­sion­ne­rait des per­tur­ba­tions trop im­por­tantes sur le tra­fic ».

Un casse-tête ad­mi­nis­tra­tif

Flammes et épi­sodes de pluie dé­gradent pe­tit à pe­tit le gou­dron. À ce jour, une seule purge (rem­pla­ce­ment de la couche su­pé­rieure de bi­tume) a été réa­li­sée par une so­cié­té ex­té­rieure. Dans l’ur­gence. « Plu­sieurs feux avaient com­men­cé à creu­ser la route. Ça de­ve­nait très dan­ge­reux pour les au­to­mo­bi­listes qui roulent à 90 km/h sur cette por­tion », Co­rinne Vincent-Le Roux. Un pro­gramme com­plet de purges se­ra à terme, écha­fau­dé. Chaus­sée, ram­bardes du pont, pan­neaux rou­tiers, to­tems, vé­gé­ta­tion, etc. Là aus­si, la fac­ture s’an­nonce d’ores et dé­jà sa­lée. « À force de ré­pé­ter ces in­ter­ven­tions, no­tam­ment la nuit, il y a une fa­tigue et une ten­sion ner­veuse qui s’ins­tallent dans les équipes. Il ne fau­drait pas que ça dure jus­qu’à Noël ». Sur cet es­pace re­la­ti­ve­ment res­treint, qui s’étend rue Jules-Verne entre le rond-point de Saint-Ma­clou et ce­lui si­tué de l’autre cô­té de la voie ex­press, s’ajoute un casse-tête d’ordre ad­mi­nis­tra­tif. Trois col­lec­ti­vi­tés se par­tagent le gâ­teau : la Ville de Lan­gueux, l’État (Dir Ouest), et Saint-Brieuc Ar­mor Ag­glo­mé­ra­tion. « On s’ef­force de tra­vailler en bonne in­tel­li­gence. On se met­tra d’ac­cord le mo­ment ve­nu pour éta­blir le de­vis to­tal », sou­ligne Thé­rèse Jous­seaume qui n’ou­blie pas les « 100 000 € de tra­vaux in­ves­tis il y a quelques an­nées, au même en­droit ».

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.