Un prêtre dé­cé­dé ac­cu­sé de « gestes dé­pla­cés »

Le Télégramme - Morlaix - - BRETAGNE - Gwen Ca­the­line

Dé­cé­dé en 2004, le fon­da­teur du Foyer de cha­ri­té de Tres­saint, près de Di­nan (22), fait l’ob­jet de plu­sieurs ac­cu­sa­tions d’at­tou­che­ments et de gestes dé­pla­cés. Les Foyers de cha­ri­té eux-mêmes ont ren­du l’af­faire pu­blique, ven­dre­di, pour « li­bé­rer la pa­role » d’autres éven­tuelles vic­times.

Le père Moïse Ndione, « père mo­dé­ra­teur » des Foyers de cha­ri­té de l’Église ca­tho­lique, a ré­vé­lé les faits, ven­dre­di, sur le site in­ter­net de l’ins­ti­tu­tion consa­crée aux « re­traites spi­ri­tuelles ». « Plu­sieurs té­moi­gnages ont été por­tés à ma connais­sance et font état de gestes dé­pla­cés et de com­por­te­ments in­ap­pro­priés que le père An­dréMa­rie van der Borght a eus à l’égard de femmes, no­tam­ment dans le cadre de l’ac­com­pa­gne­ment et du sa­cre­ment du par­don. Ces gestes sont in­ac­cep­tables de la part d’un prêtre », dé­non­cet-il.

À Tres­saint de 1966 à 2004

Fon­da­teur, en 1966, du Foyer de cha­ri­té de Tres­saint, si­tué à Lan­val­lay, aux portes de Di­nan, An­dré-Ma­rie van der Borght a di­ri­gé ce centre jus­qu’en 2003. Soit un an avant sa mort, en 2004, mort qui rend im­pos­sible toute en­quête de jus­tice. Plu­sieurs mil­liers de per­sonnes sont ac­cueillies chaque an­née au sein du foyer de Tres­saint, pour des sé­jours plus ou moins longs. À ce stade, les té­moi­gnages pro­viennent de femmes, et concernent la pé­riode d’ac­ti­vi­té à Tres­saint du prêtre, qui avait au­pa­ra­vant exer­cé dans le dio­cèse du Mans, où il a été or­don­né, en 1950.

« Au­pa­ra­vant, il exis­tait des ru­meurs, des af­fir­ma­tions orales. Et puis, ces der­niers mois, des té­moi­gnages écrits concor­dants nous sont par­ve­nus. Ils nous ont conduits à rendre pu­blique cette af­faire, pour per­mettre à d’autres per­sonnes de par­ler », ex­plique Ho­no­rine Gras­set, la porte-pa­role des foyers de cha­ri­té. La ré­vé­la­tion de ces faits a d’ailleurs dé­jà fait af­fluer de nou­veaux té­moi­gnages.

Au­cune plainte ja­mais dé­po­sée

« Ce qu’on peut dire, c’est que jus­qu’à pré­sent, il ne s’agit ni de pé­do­phi­lie, ni de viol. Si ce­la se pré­sen­tait, nous le si­gna­le­rions au pro­cu­reur de la Ré­pu­blique. À notre connais­sance, au­cune plainte n’a ja­mais été dé­po­sée », pré­cise la porte-pa­role.

« Les pour­suites ne sont pas pos­sibles, mais il n’y a pas de pres­crip­tion à la souf­france. Nous di­sons à celles, et peut-être ceux, qui ont été bles­sés par ces at­ti­tudes et gestes in­ac­cep­tables qu’elles peuvent être écou­tées, et re­con­nues », pour­suit Ho­no­rine Gras­set. Les foyers de cha­ri­té in­vitent les éven­tuelles vic­times à contac­ter la

« cel­lule de lutte contre les abus » mise en place il y a un an et de­mi par les foyers de cha­ri­té (pa­ro­le­de­vic­time@les­foyers­de­cha­rite.com) ou celle lan­cée par l’Église ca­tho­lique fran­çaise (pa­ro­le­de­vic­times@cef.fr).

Pho­to G. C.

L'en­trée du foyer de cha­ri­té de Tres­saint, un lieu de re­traite créé en 1966 à Lan­val­lay, aux portes de Di­nan.

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