Com­ment la France se pré­pare

Cô­té fran­çais, on se pré­pare aus­si au « hard Brexit ». Les dé­pu­tés viennent ain­si de vo­ter un texte qui laisse au gou­ver­ne­ment la pos­si­bi­li­té d’agir par or­don­nances pour faire face aux pro­blèmes qui pour­raient se po­ser.

Le Télégramme - Morlaix - - LE FAIT DU JOUR - Sté­phane Bu­gat

Les échanges de per­sonnes et de mar­chan­dises entre la France et l’An­gle­terre se­ront les plus di­rec­te­ment et lour­de­ment im­pac­tés. Le re­tour des contraintes ad­mi­nis­tra­tives et doua­nières va gran­de­ment com­pli­quer et ra­len­tir les flux. Ce­la concerne les quatre mil­lions de Bri­tan­niques qui viennent chaque an­née dans l’Hexa­gone, ain­si que nos com­pa­triotes de plus en plus nom­breux à vivre et tra­vailler outre-Manche. Des deux cô­tés, les de­mandes de na­tu­ra­li­sa­tion risquent d’ex­plo­ser.

700 doua­niers à for­mer

On sait aus­si que les contrôles aux fron­tières vont consi­dé­ra­ble­ment ra­len­tir les temps de pas­sage. Les Douanes pro­cèdent dé­jà au re­cru­te­ment et à la for­ma­tion de 700 doua­niers sup­plé­men­taires.

Plus fon­da­men­ta­le­ment, le « hard Brexit » contrain­drait à une re­né­go­cia­tion de l’en­semble des ac­cords ré­gle­men­taires et com­mer­ciaux entre la France et l’An­gle­terre. Pre­miers vi­sés, les trans­por­teurs, en par­ti­cu­lier les com­pa­gnies aé­riennes pour les liai­sons Pa­ris-Londres, et Eu­ros­tar.

Re­tour du pro­tec­tion­nisme ?

Mais les choses vont chan­ger pour toutes les en­tre­prises fran­çaises ha­bi­tuées à com­mer­cer avec nos voi­sins, avec le mi­ni­mum de contraintes, con­for­mé­ment au prin­cipe de libre concur­rence im­po­sé par l’Eu­rope. Au pro­gramme, outre le ré­ta­blis­se­ment des droits de douane, ce­lui des cer­ti­fi­ca­tions et des contrôles ad­mi­nis­tra­tifs et sa­ni­taires, de cer­taines bar­rières ré­gle­men­taires à l’ex­port et à l’im­port, la fin de la libre cir­cu­la­tion des ca­pi­taux, etc.

Il est pro­bable qu’un cer­tain pro­tec­tion­nisme va re­trou­ver ses droits. Les chiffres les plus alar­mants cir­culent à cet égard. Cer­taines études an­noncent un manque à ga­gner de quatre mil­liards d’eu­ros pour les en­tre­prises fran­çaises. Le sec­teur le plus tou­ché se­rait ce­lui de l’agroa­li­men­taire. L’in­cer­ti­tude étant en­core de ri­gueur, le mi­nis­tère de l’Éco­no­mie et des Fi­nances a ce­pen­dant ins­tal­lé un dis­po­si­tif d’in­for­ma­tion des en­tre­prises, en leur rap­pe­lant que « la pré­pa­ra­tion est l’af­faire de tous ».

Les éven­tuels im­pacts ont été re­cen­sés et les ser­vices comme les sites des ad­mi­nis­tra­tions concer­nées (la Di­rec­tion des en­tre­prises, celle du Tré­sor, les Douanes, l’agri­cul­ture, etc.) sont mo­bi­li­sés pour ap­por­ter les ré­ponses né­ces­saires. « Nous fai­sons ce que nous pou­vons, confie un haut fonc­tion­naire de Ber­cy, mais nous avan­çons dans le brouillard vers une si­tua­tion qu’il est im­pos­sible de pré­voir et qui va bou­le­ver­ser nos pra­tiques et nos ha­bi­tudes »

Pho­to Mo­nique Ke­ro­mnès

Les contrôles doua­niers (comme ici à Ros­coff) vont consi­dé­ra­ble­ment aug­men­ter et risquent de ra­len­tir les flux de per­sonnes et de mar­chan­dises.

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