Saint-Lau­neuc. L’éle­vage de chiens de chasse à courre en passe d’être re­mis en selle

Le Télégramme - Quimper - - BRETAGNE - Guillaume Frouin/ Press­Pep­per

Les ser­vices de l’État et l’Équi­page de la Har­doui­nais ont fait ap­pel, ven­dre­di, à Nantes, de l’an­nu­la­tion de l’au­to­ri­sa­tion d’ex­ploi­ta­tion qui avait été ac­cor­dée, en avril 2014, à l’éle­vage de chiens de chasse à courre de SaintLau­neuc (22), consi­dé­ré comme une « ré­fé­rence » par­mi les meutes fran­çaises.

En mars 2017, le tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Rennes avait an­nu­lé l’ar­rê­té du pré­fet des Côtes-d’Ar­mor au­to­ri­sant ce che­nil - ins­tal­lé au coeur du com­plexe tou­ris­tique de l’an­cien pré­sident du Stade ren­nais, Re­né Ruel­lo - à éle­ver 180 chiens et 30 chiots. Les juges avaient, en ce­la, don­né rai­son à cinq ri­ve­rains, in­quiets des « nui­sances so­nores et ol­fac­tives ». Depuis, trois d’entre eux se sont dé­sis­tés « sous les pres­sions po­li­tiques », a af­fir­mé, à l’au­dience, leur avo­cat, Me Is­maël Tou­mi.

Un im­pact so­nore « mi­nime »

Mais ven­dre­di, à Nantes, le rap­por­teur pu­blic a ob­ser­vé que les pre­miers ri­ve­rains se trou­vaient pré­ci­sé­ment « à 577 mètres » de l’éle­vage. Or, son im­pact so­nore est « mi­nime », se­lon le ma­gis­trat, dont les avis sont sou­vent sui­vis par les juges. Par ailleurs, des « bac­té­ries fé­cales » ont bien été re­trou­vées à la sor­tie d’une buse de trai­te­ment des eaux usées, après la ro­se­lière cen­sée les fil­trer, mais des « ré­ajus­te­ments » sont pré­vus par l’Équi­page de la Har­doui­nais, a no­té le ma­gis­trat. Le rap­por­teur pu­blic a pré­co­ni­sé l’an­nu­la­tion du ju­ge­ment ini­tial et le re­jet des re­quêtes faites par les ri­ve­rains : ils ne sont pas lé­gi­times à at­ta­quer l’ar­rê­té pré­fec­to­ral, se­lon lui. Et, sur le fond, il re­jette aus­si leurs ar­gu­ments. L’avo­cat des ri­ve­rains, lui, a main­te­nu que ses clients avaient un « in­té­rêt à agir » contre la dé­ci­sion : des « di­va­ga­tions de chiens » se sont dé­jà pro­duites « à quelques re­prises », ce qui est consti­tu­tif d’un « dan­ger » pour le voi­si­nage. Sur­tout, les « nui­sances » so­nores et en­vi­ron­ne­men­tales sont « ef­fec­ti­ve­ment consti­tuées » dans ce dossier, se­lon Me Is­maël Tou­mi.

De « très im­por­tantes » dé­jec­tions ca­nines

Pour convaincre les -juges nan­tais, l’avo­cat leur a mon­tré une vi­déo sur son té­lé­phone por­table, dans la­quelle on en­tend « qua­rante chiens » jap­per en choeur quand leur re­pas leur est ser­vi… Pour Me Is­maël Tou­mi : de « fortes odeurs nau­séa­bondes » se dé­gagent de la ro­se­lière cen­sée fil­trer les eaux, se­lon un constat d’huis­sier. « L’huis­sier a aus­si consta­té l’ab­sence de ro­seaux là où il en était pré­vu », a-t-il in­sis­té dans sa plai­doi­rie. L’avo­cat a en­fin pro­duit une at­tes­ta­tion d’un agent im­mo­bi­lier, se­lon le­quel la pré­sence de l’éle­vage de chiens de chasse à courre di­mi­nue « de 10 à 15 % » la va­leur des mai­sons des en­vi­rons.

L’avo­cate de l’Éle­vage de la Har­doui­nais, pour sa part, s’est conten­tée des ob­ser­va­tions men­tion­nées dans son dossier écrit. La cour ad­mi­nis­tra­tive d’ap­pel de Nantes, qui a mis sa dé­ci­sion en dé­li­bé­ré, ren­dra son ar­rêt d’ici un mois en­vi­ron.

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