Gilles Lhote. « John­ny sou­tien­drait les gi­lets jaunes »

Le Télégramme - Quimper - - BRETAGNE - Pro­pos re­cueillis par Syl­vain Clé­ment Pho­to S. C.

Pho­to­graphe, globe-trot­ter, puis jour­na­liste à VSD, Té­lé 7 Jours et en­core à l’heure ac­tuelle pour Pa­ris Match, Gilles Lhote, pou­vait se tar­guer d’être l’ami de John­ny Hal­ly­day et le bio­graphe of­fi­ciel de la lé­gende. Il était à Vannes, ven­dre­di soir, pour dé­di­ca­cer son der­nier ou­vrage (*).

> Est-ce que votre der­nier ou­vrage, écrit avec Pa­trick Ma­hé, était votre ul­time livre sur la lé­gende du rock fran­çais ?

Il y a pas mal de choses à faire sur John­ny. Au ni­veau pho­tos, c’est un su­jet qua­si in­épui­sable. En termes d’écrits, le vrai livre « des­troy » reste à écrire car le mec était hors normes, hors ca­té­go­ries, mais ça irait trop loin, ça se­rait trop rock’n roll. Avec Pa­trick Ma­hé, on pré­pare, pour 2020, un gros livre sur John­ny, in­édit au ni­veau de la concep­tion et de la réa­li­sa­tion. Un énorme truc avec un angle très par­ti­cu­lier que l’on garde se­cret.

> Êtes-vous al­lé lui rendre hom­mage à Saint-Bar­thé­lé­my ?

Je suis al­lé 15 jours en août, à SaintBarth, lui dire bon­jour. Cet été, on s’est re­trou­vés à le cé­lé­brer et ce fut un mo­ment mé­mo­rable. Tous les soirs, au cou­cher du so­leil, Laeticia or­ga­ni­sait une veillée. Les gens ame­naient leurs play­lists, des haut-par­leurs étaient bran­chés sur la tombe. Un soir, Joy a pas­sé la chan­son de son père qu’elle pré­fé­rait : « Je te pro­mets ». C’était très émou­vant, car depuis qu’il était mort, per­sonne n’avait osé pas­ser une de ses chan­sons.

> Et dans l’af­faire des gi­lets jaunes, il se­rait plu­tôt de quel cô­té ? Ce­lui de la grogne so­ciale ou du pré­sident Ma­cron ?

Il a été à l’écoute de toutes les ré­voltes, de toutes les mu­siques. Il sou­tien­drait le mou­ve­ment des gi­lets jaunes, mais pas les cas­seurs, at­ten­tion, car il avait un coeur énorme. Il se­rait der­rière ce mou­ve­ment so­cial pour as­sis­ter les plus dé­fa­vo­ri­sés.

> Un pe­tit sou­ve­nir entre vous, John­ny et la Bre­tagne ?

Tous les ans, on al­lait en cure à Qui­be­ron (56), avant chaque tour­née. Je me sou­viens d’une an­née où il y fai­sait un temps ma­gni­fique, où on s’était ba­la­dés à che­val et où on avait fait une séance pho­tos avec Ade­line Blon­dieau sa pre­mière femme.

> Un an après sa mort, John­ny semble tou­jours au­tant présent dans les mé­dias que de son vi­vant. Qu’ai­me­riez-vous lui dire ?

Beau­coup ont pen­sé que l’af­faire Laeticia al­lait cas­ser la lé­gende, mais non, elle est in­tacte. Le mec est tou­jours là. Il avait un slo­gan qui me fai­sait hur­ler de rire : « Quand je ne suis pas im­pri­mé, je suis dé­pri­mé ». Depuis qu’il est mort, il n’a ja­mais été au­tant im­pri­mé, donc il doit s’écla­ter. Lui dire un pe­tit mot ? Bra­vo mon pote, tu conti­nues de nous faire rê­ver

* « John­ny Hal­ly­day Ni Dieu, ni Diable, his­toires se­crètes », co-écrit aec Pa­trick Ma­hé (édi­tions Ro­bert Laf­font).

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