Ma­cron. Les fronts se mul­ti­plient

SNCF, Notre-Dame-desLandes, Sy­rie, droit d’asile… Em­ma­nuel Ma­cron a choi­si d’ou­vrir de nom­breux fronts en même temps. Une stra­té­gie non dé­nuée de risques.

Le Télégramme - Saint-Brieuc - - LE FAIT DU JOUR -

Sy­rie

Avec l’in­ter­ven­tion en Sy­rie, Em­ma­nuel Ma­cron a en­dos­sé les ha­bits de chef de guerre. Lorsque ses pré­dé­ces­seurs l’ont fait, ce­la s’est sou­vent tra­duit par une hausse de po­pu­la­ri­té dans les en­quêtes d’opi­nion. Le débat sans vote sur l’in­ter­ven­tion en Sy­rie, or­ga­ni­sé lun­di à l’As­sem­blée, a ce­pen­dant mon­tré qu’il n’exis­tait pas d’« union sa­crée » sur le su­jet.

Notre-Dame-des-Landes

Après une se­maine d’opé­ra­tions, la si­tua­tion ap­pa­raît blo­quée à No­treDame-des-Landes, les forces de l’ordre dé­ga­geant des bar­ri­cades aus­si­tôt re­cons­truites. L’opé­ra­tion pour­rait ra­pi­de­ment être ana­ly­sée comme un fias­co, s’il ap­pa­raît que l’Exé­cu­tif est in­ca­pable de faire ré­ta­blir l’« ordre ré­pu­bli­cain » sur la Zad, pour re­prendre les termes uti­li- sés di­manche soir par le chef de l’État.

Grèves

Nou­velle se­maine ten­due sur le front so­cial, avec deux jour­nées de grève à Air France (ce mar­di et mercredi), et sur­tout à la SNCF (mercredi et jeudi). Le point d’orgue de cette se­maine so­ciale ? La jour­née du jeudi 19 avril, puisque la CGT ap­pelle à une jour­née in­ter­pro­fes­sion­nelle d’ac­tions. Un test sur la ca­pa­ci­té de la cen­trale syn­di­cale à faire conver­ger les luttes.

Uni­ver­si­tés

Autre point chaud, po­ten­tiel­le­ment ex­plo­sif : la pro­tes­ta­tion contre la ré­forme de l’ac­cès à la fac ne fai­blit pas. Lun­di, la qua­si-to­ta­li­té de l’uni­ver­si­té de Nan­terre était blo­quée, avec, pour consé­quence, le re­port des par­tiels pré­vus dans la ma­ti­née. Le cam­pus pa­ri­sien de Tol­biac, blo­qué de­puis le 26 mars, ap­pa­raît comme le lieu em­blé­ma­tique de cette contes­ta­tion qui in­quiète de plus en plus en cette pé­riode d’exa­mens.

Droit d’asile

Les dé­bats à l’As­sem­blée sur le pro­jet de loi asile et im­mi­gra­tion vont mettre la ma­jo­ri­té à l’épreuve toute la se­maine. Se­lon le mi­nistre de l’In­té­rieur, Gé­rard Col­lomb, l’ob­jec­tif de ce texte est de per­mettre un trai­te­ment plus ra­pide des de­mandes d’asile. Le dé­fen­seur des droits, Jacques Tou­bon, et de nom­breuses as­so­cia­tions s’in­quiètent, es­ti­mant que la ré­duc­tion des dé­lais va fra­gi­li­ser les de­man­deurs d’asile. Plu­sieurs dé­pu­tés de la ma­jo­ri­té me­nacent de vo­ter contre le texte, s’il n’est pas suf­fi­sam­ment amen­dé. Sans comp­ter les tirs croi­sés qui s’an­noncent, avec des dé­pu­tés LR criant au laxisme, et des dé­pu­tés de gauche dé­non­çant un af­fais­se­ment des droits fon­da­men­taux.

Eu­rope

Ce mar­di ma­tin, Em­ma­nuel Ma­cron est at­ten­du sur le front de l’Eu­rope. Dans l’hé­mi­cycle de Stras­bourg, il doit pré­sen­ter ses pro­jets de ré­forme aux dé­pu­tés eu­ro­péens. Il a dit, à de nom­breuses re­prises, son am­bi­tion de faire bou­ger les lignes. Mais la par­tie s’an­nonce dif­fi­cile. Il lui fau­dra im­po­ser sa vi­sion à ses ho­mo­logues eu­ro­péens (dont une An­ge­la Mer­kel fra­gi­li­sée, qu’il ren­con­tre­ra jeudi). Et en­suite être en me­sure de pe­ser au Par­le­ment de l’UE, à l’is­sue des élec­tions de 2019, en fai­sant élire suf­fi­sam­ment de dé­pu­tés eu­ro­péens. Le dé­fi est de taille. C’est tou­te­fois le seul dos­sier où le chef de l’État a du temps de­vant lui…

AFP

Le chef de l’État ba­taille­ra, ce mar­di, sur le front eu­ro­péen.

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