Sy­rie : peu de voix dis­cor­dantes

Le Télégramme - Saint-Brieuc - - LE FAIT DU JOUR - Vu par Jean Guis­nel

En ligne avec les pré­cé­dentes opé­ra­tions mi­li­taires de ces der­nières dé­cen­nies, les frappes fran­çaises contre la Sy­rie ne sus­citent pas de débat in­tense en France. Même si la cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion de l’Exé­cu­tif a été in­tense, le fait est que les voix dis­cor­dantes sont dis­crètes. Lun­di, à l’As­sem­blée, les ora­teurs ont loué le pro­ces­sus condui­sant le Pre­mier mi­nistre à in­for­mer les lea­ders de l’op­po­si­tion. Les­quels n’en conservent pas moins des in­ter­ro­ga­tions, à l’ins­tar de Chris­tian Ja­cob : « C’est une réus­site opé­ra­tion­nelle dont rien ne dit à cette heure qu’elle est une réus­site po­li­tique ». Les points durs concernent d’abord la « lé­gi­ti­mi­té » de l’opé­ra­tion. La ré­so­lu­tion 2118 n’au­to­rise nul­le­ment un quel­conque pays à in­ter­ve­nir de son propre chef. Et le cha­pitre 7 de la Charte de l’Onu est ex­pli­cite : « Les plans pour l’em­ploi de la force ar­mée sont éta­blis par le Conseil de sé­cu­ri­té avec l’aide du Co­mi­té d’étatmajor ». Autre pro­blème : les preuves des res­pon­sa­bi­li­tés du ré­gime dans l’at­taque de Dou­ma. Les trois di­ri­geants af­firment qu’ils les dé­tiennent, mais ne les ont pas ren­dues pu­bliques. Ils se­raient bien ins­pi­rés de le faire. Tout en ex­pli­quant pour­quoi ils ont frappé dès sa­me­di, alors même que les ins­pec­teurs de l’OIAC ar­ri­vaient sur place. Pour­quoi cette pré­ci­pi­ta­tion ?

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