Les stocks de poudre dés­équi­librent le mar­ché

Les stocks eu­ro­péens de poudre de lait écré­mé pèsent sur le prix du lait payé aux éle­veurs. Coop de France mé­tiers du lait es­père leur re­trait du mar­ché.

Le Télégramme - Saint-Brieuc - - ÉCONOMIE - Pierre Lan­gault

Les co­opé­ra­tives lai­tières fran­çaises ne bé­né­fi­cient pas plei­ne­ment du dy­na­misme de la pro­duc­tion lai­tière au ni­veau mon­dial. En France, la crise du lait in­fan­tile conta­mi­né à la sal­mo­nelle, pro­duite par le groupe Lac­ta­lis, a quelque peu en­ta­ché l’image de toute la fi­lière in­fan­tile en Asie no­tam­ment. Bien que cet ac­ci­dent ait af­fec­té un groupe pri­vé, les co­opé­ra­tives n’ont pas été pour au­tant épar­gnées « alors que la sé­cu­ri­té ali­men­taire de la poudre de lait in­fan­tile est notre prio­ri­té », a dé­cla­ré Da­mien La­combe, pré­sident de Coop de France, mé­tiers du lait (ex-FNCL). Pour re­don­ner la con- fiance à leurs clients im­por­ta­teurs, « les co­opé­ra­tives ont re­vi­si­té la sé­cu­ri­té de cette pro­duc­tion ». Pour cer­taines d’entre-elles, l’en­jeu est consi­dé­rable. Les ex­por­ta­tions de lait in­fan­tile représentent 50 % de leur chiffre d’af­faires !

380 000 tonnes de poudre sto­ckées

Au ni­veau eu­ro­péen, le stock de 380 000 tonnes de poudre de lait écré­mé dés­équi­libre les mar­chés des pro­duits lai­tiers. Pour les éle­veurs, le manque à ga­gner po­ten­tiel se­rait de 50 € par 1 000 litres, se­lon Da­mien La­combe. Ces der­nières se­maines, l’ef­fon­dre­ment du prix du lait en Eu­rope du Nord tra­duit une nou­velle fois ce dés­équi­libre. Il ac­cen­tue l’ab­sence de vi­si­bi­li­té des éle­veurs sur leur ave­nir et sur ce­lui de leur co­opé­ra­tive. Mais 67 % des co­opé­ra­teurs sont per­son­nel­le­ment at­ta­chés au sys­tème co­opé­ra­tif (*) et 59 % des moins de 45 ans pensent que leur co­opé­ra­tive les a bien ac­com­pa­gnés pour s’ins­tal­ler. L’as­sai­nis­se­ment du mar­ché eu­ro­péen des pro­duits lai­tiers im­pose l’apu­re­ment des stocks de poudre de lait écré­mé. Ce su­jet a été por­té le 12 avril der­nier à la Com­mis­sion eu­ro­péenne. Da­mien La­combe es­père que Phil Ho­gan, le com­mis­saire eu­ro­péen à l’agri­cul­ture, pren­dra des dé­ci­sions fa­vo­rables pour les pro­duc­teurs lai­tiers. L’idée dé­fen­due par le pré­sident de Coop de France, mé­tiers du lait est le re­trait dé­fi­ni­tif des 380 000 tonnes de poudre du mar­ché et leur af­fec­ta­tion à l’ali­men­ta­tion ani­male. Mais cette me­sure coû­te­rait 110 mil­lions par lot de 100 000 tonnes dé­clas­sé au bud­get eu­ro­péen ! Tou­te­fois, comp­ter sur les ventes par ad­ju­di­ca­tions pour écou­ler ces stocks de poudre ne se­ra pas ef­fi­cace. Et pen­ser que le sta­tut quo soit la so­lu­tion pour évi­ter une re­lance ex­ces­sive de la pro­duc­tion eu­ro­péenne de lait est un non-sens. « Pour ré­gu­ler la col­lecte, nous avons d’autres ou­tils plus ef­fi­caces comme l’aide à la ré­duc­tion vo­lon­taire de la pro­duc­tion de lait », af­firme Da­mien La­combe. (*) D’après une en­quête conduite au­près de 301 éle­veurs par Coop de France mé­tiers du lait.

Pho­to Le Té­lé­gramme

Au ni­veau eu­ro­péen, le stock de 380 000 tonnes de poudre de lait écré­mé dés­équi­libre les mar­chés des pro­duits lai­tiers.

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