« Je ne suis pas To­ny Mar­tin »

Le Télégramme - Vannes - - HIPPISME - Re­cueilli par Ph. P.

Laurent Pi­chon va bien, mer­ci pour lui ! Échap­pé pen­dant 160 ki­lo­mètres, la veille, entre Brest et Mûr-de-Bre­tagne, le Fi­nis­té­rien de l’équipe For­tu­neo-Sam­sic a re­mis ça, ven­dre­di, sur la route de Chartres. En so­li­taire et du­rant une cin­quan­taine de bornes. > Laurent Pi­chon, les jambes ont l’air d’être plu­tôt bonnes…

Sin­cè­re­ment, j’avais pré­vu de res­ter sage au­jourd’hui (ven­dre­di). Je pen­sais d’abord à ré­cu­pé­rer des ef­forts de la veille. Et puis, quand Yoann Of­fre­do s’est fait rat­tra­per par le pe­lo­ton, je me suis dit « al­lez, pour­quoi pas ! ». À la base, je vou­lais de­van­cer un éven­tuel coup de bor­dure afin de me re­trou­ver dans le groupe de de­vant. Fi­na­le­ment, il n’y a pas eu de coup de bor­dure.

> Mais vous avez in­sis­té…

Je me sen­tais bien alors j’ai conti­nué sur ma lan­cée sans m’af­fo­ler. J’ai creu­sé jusque deux mi­nutes et j’ai lais­sé le pe­lo­ton gé­rer. De toute fa­çon, c’est tou­jours lui qui a la clé, c’est lui qui a la poi­gnée d’ac­cé­lé­ra­teur. Je me di­sais que si j’avais en­core un écart cor­rect dans les vingt der­niers ki­lo­mètres, je don­ne­rais tout. Mal­heu­reu­se­ment, il m’a re­pris avant (à 38 km de la ligne d’ar­ri­vée).

> On ima­gine que vous au­riez ai­mé re­ce­voir du ren­fort…

À deux ou trois, ça au­rait été plus fa­cile. Per­sonne n’est re­ve­nu. Avec ce vent qui souf­flait as­sez fort, par­fois de cô­té, par­fois de face, je sa­vais que c’était com­pro­mis tout seul. Ce n’était pas simple. Je ne suis pas To­ny Mar­tin… Main­te­nant, je ne me suis ja­mais de­man­dé où je m’em­bar­quais. Il ne res­tait que 80 ki­lo­mètres et j’en ai ef­fec­tué 50 de­vant. Un peu plus d’une heure de vé­lo, ce n’est pas tant que ça. Et puis, ce­la m’a per­mis de dé­cro­cher le prix de la com­ba­ti­vi­té.

> Yoann Of­fre­do, jus­te­ment, a re­gret­té de ne pas l’avoir eu. Com­pre­nez-vous sa dé­cep­tion ?

For­cé­ment, il est en co­lère. Je peux le com­prendre. Ce­la dit, en 2016 (lors de l’étape d’An­gers), Ar­min­do Fon­se­ca (son co­équi­pier) avait fait l’étape de­vant et il ne l’avait pas eu non plus. Voi­là… Chez ASO, on m’a dit que j’avais rou­lé bien plus vite qu’Of­fre­do lors de son es­ca­pade. C’est sans doute la rai­son pour la­quelle on m’a don­né ce prix. Le fait d’avoir été de­vant hier (jeu­di) a peut-être éga­le­ment pen­ché dans la ba­lance.

> 160 ki­lo­mètres à l’avant jeu­di, 50 ki­lo­mètres ven­dre­di, on ima­gine que vous êtes sa­tis­fait de votre pre­mière se­maine…

Oui et puis à Sar­zeau (mar­di), j’ai fait un top 20 (19e) au sprint même si je pense que j’avais le top 10 dans les jambes. Je ne suis pas du tout dans les mêmes condi­tions que l’an pas­sé où j’étais ar­ri­vé émous­sé. Je suis plus frais, je me fais vrai­ment plai­sir. C’était su­per d’ou­vrir la route du Tour au­jourd’hui, je voyais bien que les gens étaient im­pa­tients de voir le pre­mier cou­reur.

> Ja­mais deux sans trois ?

Ah non, de­main (ce sa­me­di), je ne bouge pas une oreille ! Il y a les pa­vés (di­manche) et la mon­tagne (à par­tir de mar­di). Je ne veux pas me cra­mer, je me dois d’être pré­sent pour War­ren (Bar­guil). Je vais es­sayer de me ca­na­li­ser (rires).

Ven­dre­di, lors de la 7e étape entre Fou­gères et Chartres, Laurent Pi­chon s’est à nou­veau échap­pé.

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