« Je chan­te­rai La Mar­seillaise sous ma douche... »

Le Télégramme - Vannes - - ATHLÉTISME -

Mal­gré sa mé­daille de bronze eu­ro­péenne sur 800 m, le cham­pion du monde Pierre-Am­broise Bosse a gar­dé le sou­rire sa­me­di à Ber­lin après avoir été bat­tu par le Po­lo­nais Adam Kszc­zot, as­su­rant qu’il al­lait « chan­ter La Mar­seillaise sous la douche ».

> Quelle était votre tac­tique ?

Ma tac­tique était mé­lan­gée. Je vou­lais par­tir der­nier, qu’ils sentent ma res­pi­ra­tion der­rière. Par contre quand je suis ren­tré dans le stade, j’ai vu qu’il y avait beau­coup de vent, par­ti­cu­liè­re­ment dans la ligne op­po­sée. Je me suis dit : " Ouh la la Pier­rot, si tu at­taques à ce mo­ment­là, tu vas te griller et ça va te coû­ter une mé­daille ". Adam (Kszc­zot, ndlr) pa­nique un peu juste avant la cloche, il lui ar­rive un truc bi­zarre, il est blo­qué et je vois qu’il veut dé­pas­ser mais qu’il n’y ar­rive pas parce qu’il est au mi­lieu du pe­lo­ton. Et là je l’at­taque. Peut-être que mon er­reur a été de ne pen­ser qu’à lui. Ma tac­tique a failli être payante.

> Il n’y a pas une pointe de dé­cep­tion ?

Non. Parce que je n’ai pas fait 810 m. J’ai vu la course de Re­nelle (La­mote, 2e du 800 dames ven­dre­di) avec pas­sion et je me suis dit : " p…, c’est elle la meilleure mais elle ne peut rien faire, elle a trop mal cou­ru ". Elle sait qu’elle a fait 812 m, qu’elle a fait deux-trois vi­rages au cou­loir 2. Au­jourd’hui, je n’ai pas mal cou­ru, je n’étais juste pas le plus fort, c’est tout. Je chan­te­rai La Mar­seillaise sous ma douche.

> Qu’est-ce qui vous a man­qué ?

Peut-être un peu de fon­cier. J’ai fait trois courses en trois jours, ce n’est pas for­cé­ment évident. J’ai en­core quelques dou­leurs qui per­sistent et même si j’ai un os­téo­pathe qui me fait de l’acu­punc­ture tous les soirs, ce n’est pas ce qu’il y a de plus fa­cile. Je rap­pelle qu’en jan­vier, j’avais en­core du mal à en­chaî­ner les séances à cause de mes is­chios.

> Quelle est la dif­fé­rence entre cette mé­daille de bronze eu­ro­péenne et celle de 2012 ?

La pre­mière c’était celle de la fougue, de la jeu­nesse, d’un mec qui veut tout cas­ser. Et là, c’est plus à la lu­ci­di­té, à l’ex­pé­rience. Je prends les deux vo­lon­tiers, même si je n’ai pas la cou­leur que je vou­lais.

Pierre-Am­broise Bosse et son « bour­reau », le Po­lo­nais Adam Kszc­zot.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.