Pêche : la grande in­con­nue

Le Télégramme - Vannes - - LE FAIT DU JOUR - F. A.

Aus­si étrange que ce­la puisse pa­raître, ja­mais il n’est ques­tion de la pêche dans les plans dé­ployés jus­qu’à pré­sent cô­té eu­ro­péen en cas de Brexit dur. Pour­tant plus de 40 % des prises des pê­cheurs du Nord de l’Eu­rope, de la pointe de la Bre­tagne à la Suède, viennent des eaux bri­tan­niques qui, en théo­rie, leur se­ront in­ter­dites d’ac­cès à par­tir du 30 mars. Lors du der­nier con­seil des mi­nistres en charge de la Pêche, le su­jet n’avait pas été mis sur l’agen­da.

Un risque de mul­ti­pli­ca­tion des ac­cords

Le pro­jet des né­go­cia­teurs eu­ro­péens consis­tait à échan­ger un ac­cès aux eaux contre une en­trée des pro­duits de la pêche bri­tan­nique sur le mar­ché eu­ro­péen sans droit de douanes. Mais cet ar­ran­ge­ment semble peu conce­vable hors du cadre de l’ac­cord gé­né­ral né­go­cié en no­vembre der­nier. Bruxelles ne re­doute, en ef­fet, rien tant qu’une jux­ta­po­si­tion d’ac­cords sec­to­riels, à l’ins­tar de ceux qui lient l’Union eu­ro­péenne à la Suisse et se sont ré­vé­lés, au fil des ans, de plus en plus dif­fi­ciles à gé­rer. La seule branche à la­quelle peuvent se rac­cro­cher les pê­cheurs ir­lan­dais et ceux du Con­tinent est une dé­cla­ra­tion du se­cré­taire d’État bri­tan­nique à l’en­vi­ron­ne­ment , Mi­chael Gove, de­vant son par­le­ment, où il in­di­quait que le Royaume-Uni était prêt à ap­pli­quer les dé­ci­sions sur les TAC et quo­tas prises en dé­cembre, à Vingt-Huit, jus­qu’à la fin de l’an­née 2019. Ce­la ne l’a pas em­pê­ché, dans le même temps, de lan­cer au Par­le­ment l’exa­men de la nou­velle « loi sur la pêche » post-Brexit, « la plus im­por­tante lé­gis­la­tion » de­puis 30 ans, as­sure la NFFO, le lob­by des pê­cheurs bri­tan­niques. Elle met no­tam­ment en place un sys­tème pu­re­ment na­tio­nal d’at­tri­bu­tion des droits de pêche.

Pho­to EPA

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