Le Télégramme - Auray

UN MOLOSSE TUE UN PETIT CHIEN DANS LES BRAS DE SA MAÎTRESSE

Le yorkshire de 2 kg a été sauvagemen­t attaqué par un american bully en furie, à Locquirec (29).

- Patrick Certain

Mardi, la cour d’assises du Morbihan a condamné

Nathalie Perroux à la réclusion criminelle à perpétuité. Accusée du meurtre de son fils de 9 ans, le 28 juillet 2017, à Elven, elle n’a exprimé aucun regret jusqu’à la fin du procès.

T Sans la moindre émotion, comme tout au long de son procès qui a duré trois jours devant la cour d’assises du Morbihan, à Vannes, Nathalie Perroux n’a pas réagi en entendant sa condamnati­on : la réclusion criminelle à perpétuité. Celle qui a été reconnue coupable, sans altération de ses facultés mentales, du meurtre, par égorgement, de son fils, Nathan, âgé de 9 ans, le 28 juillet 2017 dans la maison familiale à Elven, n’a pas relevé la tête, le visage caché dans son épaisse chevelure. Sans exprimer le moindre regret.

Impossible de contrôler ses actes

Quatre heures plus tôt, pour tenter de minimiser les réquisitio­ns de 25 à 30 ans de réclusion criminelle de l’avocat général Stéphane Candéro, son avocate, Me Alexandra Nokovitch, à la tâche compliquée, avait expliqué : « Elle n’a jamais souhaité que je plaide. Elle a imposé son droit au silence. Mais elle s’est trompée en pensant qu’elle aurait toujours le contrôle, même celui de sa peine. Mais, même si les faits sont horribles, ce n’est pas un monstre qui est dans ce box mais une femme, humaine ». Allant jusqu’à soutenir qu’au moment de l’acte tragique, « il y a eu dissociati­on chez cette mère. Son trouble de l’adaptation, souligné par l’expert psychiatre, l’a mise dans l’impossibil­ité de contrôler ses actes ».

« Ses moteurs sont la haine et la violence »

En revanche, au préalable, en dénonçant les silences de l’accusée, l’avocat général avait lancé, avec force : « C’est une carapace de confort, de manque de courage, de provocatio­n en disant qu’elle est bien en prison. Mais ses moteurs sont la haine et la violence, pour avoir le dernier mot en ayant commis le pire, pour détruire son conjoint, alors que c’est elle qui avait initié leur rupture ».

Le procureur a misen exergue la préparatio­n de l’acte de l’accusée : « Elle a imaginé une liaison entre son compagnon et sa soeur. Auparavant, elle a fait à la fois une tentative de suicide et elle a monté un rapt de son fils. L’assassinat de son fils est très réfléchi, prémédité, avec ce mot laissé à l’adresse du père pour expliquer son acte précis, déterminé et conscient. Elle n’a jamais essayé de sauver Nathan qui saignait abondammen­t. Elle ne lui a laissé aucune chance ».

« Pas d’amnésie »

Défenseur du père de Nathan, Me David Le Reste avait déjà, auparavant, décoché les premières flèches contre Nathalie Perroux : « Avec son geste préparé, déterminé et sans hésitation, l’accusée a fait un bras d’honneur à sa famille. Et durant tout ce procès, elle a continué avec la cour d’assises en se taisant, a-t-il lancé. Je ne crois pas à son amnésie. Elle ne parle pas afin de se faire passer pour une victime, qui a agi en état de faiblesse. En fait, cette mère a réduit Nathan à un objet pour anéantir son conjoint. Quand celui-ci a découvert le corps sans vie de son fils, elle a même souri, avec la satisfacti­on de voir ce père dans la détresse. Pour lui, c’est un crime inimaginab­le. Car, à 9 ans, la victime était innocente. Aujourd’hui encore celui-ci a exprimé ses envies de la tuer mais il ne fera jamais ». Au premier jour du procès, l’accusée avait lancé : « Je n’ai pas envie de sortir de prison. J’y rêve de mettre fin à mes jours ». Quelques-uns de ses (trop) rares mots pour tenter de comprendre son acte.

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Photo archives François Destoc Nathalie Perroux a été condamnée par la cour d’assises du Morbihan à la perpétuité.

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