Le Télégramme - Auray

MOBILISATI­ON CONTRE LES ÉPREUVES EN PRÉSENTIEL

Dans quelques jours débuteront les épreuves du BTS en présentiel. Ce que contestent de très nombreux étudiants, pour des raisons sanitaires mais aussi d’égalité avec d’autres filières du supérieur. Une requête a été déposée au Conseil d’État.

- Didier Déniel

Les étudiants contestent la tenue des examens en présentiel pour raisons sanitaires.

T L’an dernier, le ministère de l’Enseigneme­nt supérieur avait décidé, au vu de la situation sanitaire, de valider le BTS sur la base du contrôle continu. Cette année, alors que la covid frappe toujours durement, ce même ministère a décidé de maintenir les épreuves en présentiel. Des candidats en ont informé des élus et ont mis en ligne une pétition signée par plus de 67 000 personnes.

Lundi, une trentaine de sénateurs ont écrit à Frédérique Vidal, ministre de l’Enseigneme­nt supérieur. « Aujourd’hui, les futurs candidats aux examens ont réalisé 75 % de leurs cours en visioconfé­rence et, pourtant, ils viennent de recevoir une convocatio­n pour les épreuves prochainem­ent. Au moment où le virus touche de plus en plus de jeunes, comprenez la peur que ressentent ces étudiants à qui l’on demande de se rendre en présentiel, dans des salles de classe souvent trop petites où la distanciat­ion sociale est difficile à tenir. »

Un zéro pointé ?

Une autre critique porte sur le fait que tous les candidats empêchés de se présenter, même pour des raisons de santé, se verraient attribuer la note de 0 sur 20. C’est écrit noir sur blanc dans un courrier en date du 16 avril, signé Frédérique Vidal. En clair, un candidat cloué au lit par la covid ou considéré comme cas contact payerait le prix cher. Parallèlem­ent, la ministre explique avoir ouvert exceptionn­ellement une session de rattrapage pour « l’ensemble des candidats qui n’auront pas pu valider leur diplôme ».

Le temps presse

Plus loin, la ministre explique que,

« sachant que la validation de l’examen est une moyenne, il y a donc possibilit­é de compensati­on ».

« C’est n’importe quoi, commentent des élèves brestois en seconde année BTS. Certaines matières ont un coefficien­t de 4 ou de 5. Un zéro dans ces matières et c’est l’échec assuré ». Quant au repêchage qui serait prévu en septembre, les étudiants interrogés ne veulent pas en entendre parler : « Comment feront celles et ceux qui se sont engagés sur la voie de l’alternance pour poursuivre leurs études ? À cette date, ils devraient se trouver en entreprise. »

Certains de ces étudiants se sont regroupés et ont décidé de saisir la Justice. Deux avocats ont déposé une requête devant le Conseil d’État, dont Me Vincent Brenguarth, avocat au barreau de Paris, que nous avons contacté. « Nous ne comprenons pas la position du ministère. C’est aberrant. Ces mesures vont inciter les élèves qui auront des symptômes à se présenter aux épreuves pour ne pas louper leur examen. Je défends une quinzaine d’étudiants. S’il est fait droit au référé-liberté, il bénéficier­a à toute la population étudiante ». Le temps presse car les premières épreuves débuteront la semaine prochaine, le gros des examens étant fixé du 10 mai à début juin. « Le droit à la santé est un droit absolu, poursuit l’avocat. On ne cesse de nous le dire quand nous défendons des gestionnai­res de salles de sport ou de théâtre. Aujourd’hui, quelle est la nécessité de ces examens en présentiel ? ». Effectivem­ent, on peut se demander pourquoi le présentiel est retenu pour les BTS. Dans beaucoup de facs, comme à Rennes 2, pour les examens terminaux, on privilégie les épreuves en ligne et les oraux à distance. Ces derniers peuvent avoir lieu en présentiel, à la seule demande du candidat.

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François Destoc Photo d’illustrati­on Les premières épreuves de BTS doivent débuter la semaine prochaine.

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