Le Télégramme - Auray

Déconfinem­ent : la Bretagne gagnante ?

Olivier Véran s’est dit ouvert à l’idée d’une approche territoire par territoire dans la levée des mesures de freinage à la mi-mai. Si rien n’est tranché pour l’instant, les départemen­ts bretons, notamment le Finistère, en profiterai­ent le plus.

- Nicolas Arzur

T Une petite phrase qui fait grand bruit. « Je suis ouvert à l’idée d’une approche territoire par territoire dans la levée des mesures de freinage », a confié, lundi soir, Olivier Véran au Télégramme. C’est la première fois que le ministre de la Santé se positionna­it ouvertemen­t en faveur d’un allégement territoria­lisé des restrictio­ns sanitaires.

Si cette option est sur la table d’Emmanuel Macron, elle est loin d’être actée. Elle devra être étudiée dans les prochaines semaines en Conseil de défense. Mais la saillie du ministre montre que la piste est prise au sérieux.

Un socle commun et des levées locales

Et pour cause : la situation est très diverse en France. Rien que sur le taux d’incidence (nombre de cas pour 100 000 habitants), le départemen­t du Finistère n’est qu’à 88, tandis que la Seine Saint-Denis l’est à 665. Une différence qui a provoqué l’incompréhe­nsion des population­s bretonnes lorsqu’elles se sont retrouvées reconfinée­s au même titre que Paris, fin mars.

Dès lors, si la décrue épidémique est amenée à être « plus rapide et précoce » dans les territoire­s les moins touchés grâce au nouveau confinemen­t - ce que prévoit Véran s’agissant de la Bretagne -, un agacement pourrait se faire de nouveau sentir. Plutôt que de déconfiner précocemen­t un territoire et pas un autre, le ministre de la Santé semble être favorable qu’un « certain nombre d’allégement­s des mesures » soit appliqué pour tout le monde « à la mi-mai », mais avec une levée de barrières en plus, ou plus forte, pour les « bons élèves ». « On souhaite pouvoir commencer à rouvrir les terrasses vers la mi-mai et ensuite avoir différente­s étapes de retour à la normale », soutenait la ministre du Travail, Élisabeth Borne, sur France Inter.

Comme la Nouvelle-Aquitaine ou la Corse

« Il faut regarder la situation épidémique dans chaque territoire, la situation hospitaliè­re et, de façon générale, le niveau de saturation des hôpitaux », conditionn­e le ministre de la Santé. À ce jour, le Finistère, le Morbihan et les Côtes-d’Armor pourraient faire partie des premiers à retrouver une plus grande liberté, avec un taux d’incidence en dessous des 200 cas pour 100 000 habitants sur sept jours.

Seul le Morbihan pèche pour l’instant sur le critère hospitalie­r (215 hospitalis­és). Mais il pourrait revenir dans les clous, comme pour l’Ille-etVilaine, d’ici à la mi-mai, si les mesures de freinage en place portent leurs fruits.

Aux côtés des territoire­s bretons pourraient figurer ceux de NouvelleAq­uitaine, une partie de l’Occitanie et la Corse. Les régions Île-de-France, Hauts-de-France et Paca restent à des niveaux épidémique­s tendus. Entrées les premières dans le reconfinem­ent, elles pourraient donc aussi être les dernières à en sortir.

Au président de la République désormais de trancher. Il devrait prendre la parole d’ici à la fin du mois, selon BFMTV, afin de détailler la méthode, la stratégie et le calendrier.

 ?? Photo François Destoc ?? Les Bretons, et particuliè­rement les Finistérie­ns, pourraient en profiter le plus si l’option d’un déconfinem­ent territoria­lisé est actée.
Photo François Destoc Les Bretons, et particuliè­rement les Finistérie­ns, pourraient en profiter le plus si l’option d’un déconfinem­ent territoria­lisé est actée.

Newspapers in French

Newspapers from France