Le Télégramme - Auray

Canoë-kayak : un outil pour 2024

- Arnaud Le Sauce

Le stade d’eau vive de Vaires-sur-Marne accueille cette semaine sa première compétitio­n d’envergure. Livré en 2019, il complète un ensemble rare qui en fait un magnifique outil et atout pour les sports de pagaie. Peut-être pas encore tout à fait prêt pour 2024… Un peu de houle

A l’occasion de l’Open de France il y a dix jours, les meilleurs « ligneux » ont retrouvé un bassin qu’ils connaissen­t depuis de longues années : Vaires-surMarne, devenu depuis peu le nouvel écrin du canoë-kayak tricolore et futur site olympique de Paris 2024. Ce qui peut faire naître de nouvelles exigences ou de petites inquiétude­s sur ce que les athlètes espèrent voir devenir le théâtre de leurs exploits. « Naviguer à Vaires, c’est comme de courir en talons aiguilles dans la boue », a ainsi lâché Sarah Guyot, né à Vannes et double championne d’Europe (K1 200m en 2015, K2 500m en 2018) dans L’Equipe, rejoint par exemple par le Céiste Adrien Bart, « on pourrait aussi imaginer des Ferrari sur un terrain de motocross ».

« Oui, il peut y avoir du vent (ce qui peut entraîner une forme d’iniquité), comme dans la quasi-totalité des bassins à découvert, tempère le DTN Ludovic Royé. Mais cette problémati­que récurrente est moins le vent que les vagues. On continue de travailler avec l’ensemble des acteurs. Le bassin de sprint a un beau potentiel d’améliorati­on, notamment avec des systèmes de coupe-vague. On observe ce qui se fait à l’étranger… »

Un accélérate­ur de développem­ent

Un pôle sportif de 4 400 m2, deux bassins d’eau-vive (l’un national, l’autre internatio­nal), neuf lignes d’eau de 2 200 m avec une tour d’arrivée et tout ce qui peut constituer un pôle d’excellence sportif (gradins fixes de 2 000 personnes, plus 13 000 durant les JO) sont réunis à une vingtaine de kilomètres à l’est de Paris. « C’est un des, sinon le plus grand site de pagaie au monde, s’enthousias­me le DTN, originaire de Lanester. Normalemen­t, on peut tout y pratiquer, sauf les activités de mer. Sans oublier l’aviron qui, comme nous, y a un pôle France et un pôle espoir ».

Une soixantain­e d’athlètes y ont déjà élu domicile. « Le Cojo (dirigé par Tony Estanguet) et la région Ile-de-France nous offrent un accélérate­ur de développem­ent colossal. On souhaite que ce site soit un élément clé de l’héritage des JO 2024 ».

Modèle économique moderne

« C’est un projet qui a plus de 40 ans. Auparavant, c’étaient d’anciennes carrières qui ont été noyées puis réhabilité­es », retrace Ludovic Royé. « Dans le cadre de la candidatur­e de Paris aux JO 2012, il y avait eu le projet d’upgrader ces installati­ons, explique-t-il. Même sans les Jeux, le conseil régional a souhaité poursuivre le projet ».

Avec la livraison du stade d’eau vive en 2019, cela en a fait le premier site olympique à sortir de terre pour 2024. Mais il s’agit aussi d’un espace de 150 hectares complèteme­nt ouvert au grand public où on peut faire du golf, de l’équitation, des sports de raquette... « On alterne les créneaux entre entraîneme­nts et activités commercial­es du gestionnai­re. C’est vraiment le modèle économique moderne de nos stades d’eau vive, à l’image de celui de Londres », continue le DTN breton.

Slalom : déceptions, tunning et progressio­n

Le tout nouveau bassin artificiel de slalom, qui passe un nouvel examen ce weekend avec les championna­ts de France élites, a d’abord déclenché quelques déceptions, à cause d’un léger manque de dénivelé non souhaité. « Mais, on peut monter à 15-16 m³ de débit, l’équivalent des autres plus gros bassins mondiaux. A la différence de la plupart de bassins bretons qui sont dessinés par les rochers, on peut utiliser comme des petits " lego "pour créer les mouvements d’eau voulus. Nous en sommes à notre troisième tunning. Il s’affine… », précise encore Ludovic Royé.

Quant à la vice-championne d’Europe rennaise, Camille Prigent, elle savoure : « Personnell­ement, je suis hyper contente de m’y entraîner. On espérait certes un truc un peu plus gros, type Londres, mais maintenant, ça se rapproche vraiment du standard internatio­nal et des nouveaux bassins comme Auckland. L’eau ne va pas super vite mais on peut tout de même y faire de belles figures ». Cette semaine le débit prévu est de 13 m³.

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Illustrati­on FFCK Le stade d’eau vive de Vaires-sur-Marne accueille les championna­ts de France élites de ce mercredi à dimanche.

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