Le Télégramme - Auray

« Sans la colocation, je serais morte socialemen­t pendant la Covid »

Payer moins cher, partager son quotidien, ne pas vivre seul… La colocation attire. La Covid n’a pas entravé la tendance, au contraire. À Vannes, les réseaux sociaux se font les relais pour retrouver de la conviviali­té.

- Margault Demasles

T Il suffit de taper « Colocation Vannes » sur Facebook pour tomber sur le groupe privé créé par Yann Le Baraillec et Pierre Bouillet. « On voulait pouvoir organiser des soirées entre les différente­s colocation­s de Vannes et des alentours », explique Yann. « C’est pour cette raison qu’on a créé "Entre Colocs Vannes". Le cohabitat, relayé par les réseaux sociaux, se révèle être une vraie bouée de sauvetage en temps de Covid.

Trouver un logement et une vie sociale

Créée en 2007, la page Facebook voit ses membres augmenter rapidement. « On a organisé des pique-niques à 20-30 personnes, c’était cool », se rappelle Yann. Aujourd’hui, la communauté rassemble 500 membres. « C’est plus dur pour organiser des évènements. Personne n’est partant pour prêter sa maison pour 200 personnes », plaisante Chloé, son ancienne colocatair­e. Progressiv­ement, Facebook devient le centre névralgiqu­e de la ville pour les propositio­ns et recherches de colocation­s. « C’est normal que les gens souhaitent vivre en coloc. Ça permet de ne pas payer trop cher, d’avoir une vie sociale et de rencontrer du monde », énumère Yann. « C’est d’autant plus vrai en temps de Covid où on ne rencontre plus personne ». « Tu ne manges pas devant ton Netflix »

Sur le groupe, les profils sont divers. Pauline habite à Mériadec et fait partie de la communauté. « Quand tu dis que tu as 30 ans et que tu es en coloc, tu es vu comme un attardé », s’énerve la jeune femme. Lisa*, 29 ans, en colocation à Sarzeau, a aussi fait les frais du cliché de la colocation estudianti­ne. « Ma banquière m’a dit que c’était à 18 ans qu’on faisait une coloc, pas à 30. C’est n’importe quoi, il n’y a pas d’âge ». Ce mode de vie ne semble pas réservé aux étudiants.

« Je serais morte socialemen­t si j’avais vécu seule ces derniers mois ». Pauline en est sûre. Conviviali­té, échange et solidarité étaient au rendez-vous à son domicile et lui ont permis d’aborder l’épidémie avec plus de sérénité. « C’est un peu comme une famille », confirme Lisa.

« On n’est pas seul quand on rentre, on s’attend. On prend soin les uns des autres. Tu ne vas pas manger tout seul devant ton Netflix ».

« Nouveau réseau social»

Mais cette conviviali­té déborde et dépasse la seule maisonnée. Face à la fermeture prolongée des lieux de rencontres, la page Facebook « Entre Colocs », un temps à l’arrêt pendant le premier confinemen­t, s’anime de plus belle. « Du monde vers Ploeren pour se rencontrer, apéros, soirées jeux, coups de main, trucs comme ça ? Nous, on est cinq et partants pour rencontrer les colocs voisines ! », peut-on lire sur le groupe. Le message lancé par Jalil, fraîchemen­t débarqué dans une colocation de cinq personnes fait mouche. « On a reçu plusieurs messages de colocation­s des environs. On a organisé un goûter pour faire connaissan­ce. La colocation, ça devient notre nouveau réseau social ».

« Quand tu dis que tu as 30 ans et que tu es en coloc, tu es vu comme un attardé »

PAULINE, 29 ANS

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Le Télégramme/Margault Demasles

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