Le Télégramme - Auray

Stups dans les fesses : il y a maldonne, dit le dealer

- Arnaud Morvan

Ambiance « La vérité si je mens », ce mardi, au tribunal de Vannes. Jurant qu’il y a maldonne, un jeune Nantais, retrouvé avec des stupéfiant­s dans son fondement, a écopé de dix mois de prison pour détention et transport de drogue.

T « Et les 14 g de cocaïne, ils sont arrivés tout seul dans votre culotte ? » A la barre, le prévenu Nantais de 19 ans qui comparaît ce mardi en comparutio­n immédiate devant le tribunal judiciaire de Vannes, soutient mordicus à la présidente du tribunal qu’il y a maldonne. « J’ai paniqué madame. Je les ai trouvés, je voulais m’en débarrasse­r », bredouille le gamin arrêté le 15 avril, vers 13 h, rue Henri-Dunant, à Kercado.

Fouille au corps

Depuis quinze jours, le groupe stups du commissari­at surveille ce nouveau point de deal et relève les allers et venues du prévenu qui écume les halls d’immeubles. Lors de son arrestatio­n, les policiers l’ont entendu glisser des cocottes de cocaïnes et héroïne dans une colonne sèche d’une des HLM. Sur lui, 345 €. Dans le tube, plus de 40 g de cocaïne et d’héroïne. Et dans son intimité, les fameux 14 g de poudre blanche...

Avec aplomb malgré les multiples

Le jeune dealer nantais a été condamné à dix mois de prison, dont six assortis du sursis et mise à l’épreuve.

embardées avec la vérité, il assure n’être à Vannes que pour visiter sa copine et trois copains (dont il ne connaît pas le lieu de résidence). L’argent dans ses poches ? Issus de paris sportifs. Son portable ? Inutile de lui demander le code. Et s’il visite les cages d’escalier de manière régulière, comme lors de l’interpella­tion, ce ne serait juste que pour vérifier qu’il « n’y a pas de policier » dans le secteur. Une hantise, une sorte de TOC qu’il aurait conçu depuis de précédente­s (mais jamais prouvées)

« violences policières ».

Un bagou et un côté « La vérité si je mens » qui agace le tribunal. Sentant que ça chauffe pour son matricule, le jeune Nantais sort les mouchoirs. « Le milieu carcéral, c’est dur ». En détention provisoire, il a rencontré des gens peu fréquentab­les. « C’est pas mon milieu » implore le prévenu déjà largement condamné quand il était mineur.

« Je ne veux plus être dans cette ville. Elle m’a détruit, cette ville », ponctue celui qui veut passer le Bafa

et s’occuper de jeunes. Dans la salle, trois copains s’esclaffent de rire.

Les réquisitio­ns du procureur Sylvain Darchy ramènent un brin de solennité. Le magistrat espérait « un choc carcéral, de nature à faire réfléchir » le client du jour. « On a le droit de mentir, mais quand on ment il faut être crédible », assène le Ministère public qui réclame dix mois de prison, dont six mois avec sursis et mise à l’épreuve.

Vérité judiciaire

Me Pradines, qui n’aurait rien eu contre « d’autres explicatio­ns », demande de la « bienveilla­nce » pour le petit baratineur qui enfonce le clou. « Je vous jure que vous m’avez fait une leçon de vie. Je m’en souviendra­i encore à 50 ans » dit-il à la fin l’audience. Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le jeune Marvin à dix mois de prison, dont six assortis du sursis et mise à l’épreuve. Il est interdit de séjour en Morbihan pour deux ans. La vérité du jour. Celle de la Justice..

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