Le Télégramme - Auray

De dix mois à trois ans de prison requis pour les livreurs de stupéfiant­s

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T Ils livraient des stupéfiant­s dans un rayon de 50 kilomètres autour de Vannes. Trois jeunes hommes ont comparu ce mardi devant le tribunal correction­nel. Ils devront attendre le 30 avril pour connaître leur sort. « Cette procédure, c’est un château de carte inversé très fragile. Les trois cartes qui le tiennent vont s’effondrer et il ne restera rien ». Maître David Le Reste prend le relais de son confrère Sami Khankan. Ce dernier vient de passer trente minutes à tenter de convaincre le tribunal correction­nel que la procédure qui a mené trois jeunes hommes dans cette salle d’audience est nulle. Ils mettent en cause la légalité du dispositif de vidéosurve­illance et d’écoutes téléphoniq­ues sur lequel s’appuie la procédure. Sans succès.

Les prévenus sont âgés de 19 à 23 ans. Le tribunal leur reproche d’avoir vendu des produits stupéfiant­s, en les livrant au domicile des consommate­urs, autour de Vannes. Un trafic estimé entre 500 et 800 € par jour. Pendant trois mois, de novembre 2020 à janvier 2021, les policiers mettent sous surveillan­ce l’appartemen­t de celui qui est présenté comme le principal acteur du trafic. Les policiers y constatent des allers et venues de différents véhicules et « d’individus qui portent des sacs ». Chez lui, les enquêteurs ont retrouvé 750 g de cannabis, 1 250 € en liquide et un carnet de comptabili­té. À ses tentatives d’explicatio­ns floues, succède son refus de parler. Il dit devoir rembourser une dette. « J’avais pas le choix ». Lui comme son « meilleur pote », à ses côtés à la barre, ont déjà été condamnés pour trafic de drogue.

« Vous allez mettre du cannabis dans son biberon ? »

Au tour de son voisin justement de répondre aux questions. Il raconte accompagne­r son ami dans les livraisons, sans prendre part au trafic. « Quand il m’appelle et que j’ai rien à faire, on se voit ». Même s’il le concède : « On est tous dans le stupéfiant ». Au domicile de son père ont été retrouvés 1 650 € dans un coffre. Au RSA, le jeune homme soutient qu’il s’agit d’économies. Il est papa depuis un mois, d’une petite fille née pendant sa détention. « Vous allez mettre du cannabis dans son biberon aussi ? », le provoque Chrystelle Rivalland, la présidente. Le jeune homme est piqué au vif. Il raconte sa volonté de changer de vie. Mais son délit de fuite pour échapper à la police, le 21 janvier dernier, ne plaide pas en sa faveur.

Le troisième prévenu, seul détenteur du permis de conduire du trio, est présenté comme un simple chauffeur, rencontré par hasard. Son casier judiciaire est vierge. Il se présentait aux rendez-vous qu’on lui fixait via un compte snapchat pour des courses chichement payées. Livreur de pizza, il voulait arrondir ses fins de mois.

Le procureur a requis trois ans de prison ferme pour le principal prévenu, deux ans dont quatorze mois avec sursis pour son ami et dix mois dont cinq avec sursis et 5 000 € d’amende pour le chauffeur.

Le jugement a été mis en délibéré au 30 avril.

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