Ri­chard Fer­rand en­ten­du par la jus­tice

En­ten­du mer­cre­di par la jus­tice, à Lille, dans l’af­faire des Mu­tuelles de Bre­tagne, le pré­sident de l’As­sem­blée na­tio­nale, Ri­chard Fer­rand, est in­ti­me­ment convain­cu que, s’il y a pro­cès, il en res­sor­ti­ra blan­chi.

Le Télégramme - Brest - - LA UNE - Philippe Cré­hange

Ri­chard Fer­rand, pré­sident de l’As­sem­blée na­tio­nale, a été en­ten­du par la jus­tice mer­cre­di, à Lille, dans le cadre de l’af­faire im­mo­bi­lière des Mu­tuelles de Bre­tagne. Quelle qu’ait été l’is­sue de cette au­di­tion qui s’est ter­mi­née tard dans la nuit, l’élu bre­ton « n’en­vi­sa­geait pas de dé­mis­sion­ner », a as­su­ré son en­tou­rage au Té­lé­gramme.

« Droit dans ses bottes », comme l’ex­pres­sion si chère à Alain Jup­pé à qui il a of­fert une place de choix au Con­seil consti­tu­tion­nel. En­ten­du de­puis mer­cre­di, 10 h 15, par la jus­tice, à Lille, pour l’af­faire des Mu­tuelles de Bre­tagne, Ri­chard Fer­rand conti­nue de cla­mer son in­no­cence. Et quoi qu’il ad­vienne à sa sor­tie, sans doute tard dans la nuit, il ne quit­te­ra pas le per­choir de l’As­sem­blée na­tio­nale. Y com­pris s’il est mis en exa­men, l’une des hy­po­thèses avec celle de té­moin as­sis­té.

« Cette his­toire, il la connaît par­fai­te­ment. Comme il est sûr que, sur le fond, en droit, il n’y a rien, il est dans la lo­gique que s’il est mis en exa­men et qu’un pro­cès est pro­gram­mé, il en sor­ti­ra sans condam­na­tion. Il n’y a pas d’élé­ments nou­veaux. À au­cun mo­ment, il n’en­vi­sage de dé­mis­sion­ner s’il est mis en exa­men », ré­pète-ton au Té­lé­gramme dans l’en­tou­rage de Ri­chard Fer­rand.

Du cô­té des proches du pré­sident de l’As­sem­blée na­tio­nale, on veut res­ter froid face à l’ac­tua­li­té. « Le cô­té ras­su­rant, c’est qu’il n’y a rien de nou­veau. Il est plu­tôt serein ». Le Fi­nis­té­rien, qui a été pré­ve­nu de cette au­di­tion, il y a une di­zaine de jours, se pré­pare de­puis plu­sieurs mois à cette échéance. Il a no­tam­ment ob­ser­vé que son épouse et le res­pon­sable des mu­tuelles, eux aus­si, avaient été en­ten­dus lors des cinq ou six au­di­tions ayant dé­jà eu lieu.

La dé­li­cate ques­tion de l’image

Reste que la pers­pec­tive d’une mise en exa­men - ou mieux, un sta­tut de té­moin as­sis­té - va com­pli­quer la tâche de Ri­chard Fer­rand dans l’exer­cice du pou­voir pour les mois qui viennent. En par­ti­cu­lier, dans une pé­riode de cam­pagne élec­to­rale pour les mu­ni­ci­pales où tous les coups se­ront per­mis du cô­té des op­po­sants à La Ré­pu­blique en Marche.

Une étape ju­di­ciaire qui in­ter­vient - ha­sard du ca­len­drier - le jour même où Fran­çois Bay­rou est, de son cô­té, en­ten­du par les po­li­ciers pour l’af­faire des em­plois pré­su­més fic­tifs au Par­le­ment eu­ro­péen. Deux af­faires dia­mé­tra­le­ment op­po­sées, fait-on tou­te­fois re­mar­quer chez les pro-Fer­rand, puis­qu’il s’agit, dans le cas du MoDem, de fonds pu­blics alors que, dans le dos­sier du pré­sident de l’As­sem­blée na­tio­nale, c’est de l’ar­gent pri­vé.

Quoi qu’il en soit, on sait, dans l’en­tou­rage du Fi­nis­té­rien, qu’il n’y a rien de pire qu’une mise en exa­men pour l’image. No­tam­ment aux yeux de nombre de ci­toyens qui l’ont dé­jà condam­né sur les ré­seaux so­ciaux. Et puis, tous ont en tête la dé­sor­mais cé­lèbre phrase de Fran­çois Fillon, lors de son nau­frage de 2017 : « Qui ima­gine le Gé­né­ral de Gaulle mis en exa­men ».

Pho­to AFP

Le pré­sident de l’As­sem­blée a été au­di­tion­né par la jus­tice, mer­cre­di, à Lille, pour des soup­çons de prise illé­gale d’in­té­rêts dans l’af­faire des Mu­tuelles de Bre­tagne.

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