L’Eve­rest mène au pa­ra­dis

Stade Ren­nais - Paris SG

Le Télégramme - Carhaix - - FOOTBALL - Ro­main Le­roux ▼ Ce sa­me­di (21 h) au Stade de France

Le Stade Ren­nais s’at­taque, ce sa­me­di (21 h) en fi­nale de la Coupe de France, au plus grand dé­fi de sa sai­son. Se­vrés de titre de­puis 1971, les Bre­tilliens de­vront réa­li­ser un ex­ploit pour ra­vir le titre au Paris Saint-Ger­main, qua­druple tenant du titre.

C’est une émo­tion que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître. A Rennes, seuls les sup­por­ters d’âge mûr se sou­viennent de l’ivresse des titres en Coupe de France de 1965 et 1971. De­puis, les Ren­nais ont da­van­tage été ha­bi­tués aux quo­li­bets et à cette image de « club de la lose » qui leur collent à la peau de­puis les deux dé­faites face au voi­sin guin­gam­pais en fi­nale de la doyenne des com­pé­ti­tions fran­çaises, en 2009 et 2013.

Mais ça, c’était avant ce prin­temps 2018 qui a vu les Rouge et Noir, 5es de Ligue 1 à l’is­sue de la sai­son, re­trou­ver l’Eu­rope. Ça, c’était avant for­mi­dable épo­pée européenne, la pre­mière de l’his­toire du club. Avant la qua­li­fi­ca­tion contre le Be­tis Sé­ville (3-3, 3-1) en 16e de fi­nale et sur­tout avant la vic­toire his­to­rique en 8e de fi­nale al­ler face au grand Ar­se­nal (3-1) dans un Roaz­hon Park en fu­sion.

Paris re­trouve ses stars

Oli­vier Lé­tang, le pré­sident du Stade Ren­nais, l’af­firme sans dé­tour, « sur le plan des émo­tions, il y a eu une mon­tée en puis­sance de­puis 19 mois : Mont­pel­lier en mai 2018, puis Ja­blo­nec, As­ta­na, Sé­ville, Ar­se­nal ». Reste à lan­cer le feu d’ar­ti­fice au Stade de France. Et ra­me­ner ce titre qui per­met­trait au club de chan­ger pour de bon son image.

Mais pour ce­la, il fau­dra gra­vir une mon­tagne, sans doute en­core plus haute que celle in­car­née par Ar­se­nal. Car face aux Ben Arfa, Niang et André, se dresse un Paris Saint-Ger­main qui re­trouve l’es­sen­tiel de ses forces. Les bles­sés Ney­mar, Di Ma­ria et Ca­va­ni se­ront là, au moins pour en­trer en cours de jeu. Pré­sents dans le groupe, Thia­go Sil­va et Marco Ver­rat­ti, clé de voûte du mi­lieu de ter­rain fran­ci­lien, sont, en re­vanche, in­cer­tains. Et puis, il y a Mbap­pé. L’arme fa­tale des cham­cette pions de France cette sai­son... qui a dû in­ter­rompre son en­traî­ne­ment, ven­dre­di, après avoir res­sen­ti une dou­leur à la jambe droite.

Alors, mis­sion impossible ? Pas tout à fait. Bien sûr, Rennes s’avance à SaintDe­nis en out­si­der et sans ga­ran­tie spor­tive ré­cente (une vic­toire lors de ses 8 der­niers matchs). Mais cette sai­son, un nou­veau res­sort psy­cho­lo­gique a fait son apparition. A Sé­ville, dans le bouillant stade Be­ni­to-Villa­ma­rin, le Stade Ren­nais a fait preuve d’une vraie force de ca­rac­tère pour al­ler cher­cher sa qua­li­fi­ca­tion (3-1). Idem au Roaz­hon Park au tour suivant, quand les Rouge et Noir, me­nés 1-0 de­puis le tout dé­but de match face à Ar­se­nal, ont trou­vé les res­sources pour se don­ner deux buts d’avance avant le match re­tour (3-1).

En Coupe de France aus­si, Rennes a eu du ré­pon­dant. Face à Brest, d’abord, en 32es de fi­nale (2-2 après avoir été me­né 2-0, 5-4 tab), puis face à Lille, dau­phin du PSG en Ligue 1, en 8e (2-1, après avoir été me­né 1-0 à la 65’), et en­fin à Lyon, en de­mie (3-2).

Rennes ar­mé pour le contre

Face à Paris, la re­cette se­ra la même. « On doit conclure avec un im­mense match de notre part, une in­croyable dé­bauche d’éner­gie, ar­guait Ju­lien Ste­phan il y a quelques jours au mi­cro de France 3. Ils sont ar­chi-fa­vo­ris. C’est une réa­li­té. Ils ont l’ex­pé­rience, ils ont les moyens, ils ont beau­coup de choses de plus que nous. Nous, on de­vra avoir plus de coeur qu’eux. Et on va devoir jouer avec ça ». Du coeur, les quelque 25 000 sup­por­ters Rouge et Noir at­ten­dus au Stade de France devraient leur en don­ner.

Et puis, comme le rap­pelle Ju­lien Ste­phan, Rennes aus­si a « du ta­lent ». No­tam­ment de­vant. Car si le mi­lieu parisien de­vrait avoir le pied sur le bal­lon, Rennes a tous les atouts dans sa manche pour faire mal à ce PSG en contre. Les cham­pions de France le savent. Ils ne sont pas à l’abri d’un ex­ploit d’Ha­tem Ben Arfa. Ni d’une che­vau­chée de la flèche Is­maï­la Sarr, d’une ful­gu­rance de Mbaye Niang, mé­ta­mor­pho­sé de­puis plu­sieurs mois (onze buts sur l’an­née 2019), ou en­core d’un coup de patte de Ben­ja­min Bou­ri­geaud. Face à Paris, Rennes avance sans peur. Et c’est dé­jà beau­coup.

Pho­to AFP

Em­me­nés par Ha­tem Ben Arfa, les Ren­nais ont dé­cou­vert la pe­louse du Stade de France, ven­dre­di en fin d’après-mi­di.

Pho­to AFP

Les Ren­nais viennent d’éli­mi­ner Lyon en de­mi-fi­nale et sa­vourent leur bon­heur. Une joie si­mi­laire, ce sa­me­di, face au PSG ?

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.