« Il faut se po­ser la ques­tion »

Le Télégramme - Carhaix - - QUIMPER -

Mo­bi­li­sés, les bé­né­voles de l’as­so­cia­tion pour le droit de mourir dans la di­gni­té sont al­lés à la ren­contre du pu­blic, sa­me­di, dans le cadre des jour­nées na­tio­nales de sen­si­bi­li­sa­tion.

Pour An­drée Guilla­met, la dé­lé­guée dé­par­te­men­tale, cha­cun doit se po­ser la ques­tion de la fin de vie. > Qui sont les per­sonnes qui viennent vous voir ?

Il s’agit sou­vent de fa­milles qui ont mal vé­cu la fin de vie d’un proche en mi­lieu hos­pi­ta­lier. Elles se de­mandent comment évi­ter une fin de vie comme cel­le­là pour eux-mêmes.

> La ques­tion est-elle de moins en moins ta­boue de­puis la loi Leo­net­ti ?

La fin de vie est de­ve­nue ta­boue vers les an­nées 60. En­fant, je fai­sais les visites mor­tuaires. À cette pé­riode, on a es­ca­mo­té le dé­funt en créant les chambres mor­tuaires et on n’a plus em­me­né les en­fants aux en­ter­re­ments. Par­ler de la mort, ça per­met pour­tant de profiter plei­ne­ment de la vie. 80 à 90 % des Fran­çais sont d’ailleurs fa­vo­rables à une lé­ga­li­sa­tion de l’aide mé­di­cale à mourir.

> L’af­faire Vincent Lambert dé­montre qu’il est par­fois com­pli­qué de s’op­po­ser à la de­mande de la famille.

Si Vincent Lambert avait été en me­sure de dé­si­gner une per­sonne de confiance, la dé­ci­sion des mé­de­cins au­rait pu être mise en oeuvre. Une per­sonne de confiance, dé­si­gnée dans le cadre des di­rec­tives an­ti­ci­pées que cha­cun peut ré­di­ger dès l’âge de 18 ans, peut s’op­po­ser à la de­mande de la famille. Il faut se po­ser la ques­tion. Il y a près de 1 500 cas si­mi­laires en France, c’est pour­quoi nous défendons les droits des ma­lades.

> Que per­met la loi Leo­net­ti ?

Elle per­met la li­ber­té de choix à tra­vers la di­rec­tive an­ti­ci­pée. En 2012, 50 % des mé­de­cins ne connais­saient pas la loi Leo­net­ti de 2005 des­ti­née à pros­crire l’achar­ne­ment thé­ra­peu­tique. De­puis 2016, le mé­de­cin trai­tant doit in­for­mer ses patients sur la pos­si­bi­li­té de si­gner ce do­cu­ment et de dé­si­gner une per­sonne de confiance. Les ser­vices hos­pi­ta­liers, no­tam­ment ceux de ré­ani­ma­tion, en ont au­jourd’hui une bonne connais­sance.

▼ Pra­tique

L’as­so­cia­tion pour le droit à mourir dans la di­gni­té or­ga­nise des per­ma­nences chaque ven­dre­di de 10 h 30 à 12 h à l’es­pace as­so­cia­tif et le pre­mier mardi du mois aux mêmes heures à la mai­son des usa­gers de l’EPSM Etien­neGour­me­len.

Contact : mél. [email protected]

An­drée Guilla­met est la dé­lé­guée dé­par­te­men­tale de l’as­so­cia­tion pour le droit de mourir dans la di­gni­té.

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