Le dé­fi de l’ordre pu­blic

Le Télégramme - Carhaix - - FRANCE - Vu par Hubert Cou­du­rier @Hu­bertCou­du­rier

« Ca­pi­tale de l’émeute » de­puis plu­sieurs se­maines, se­lon la for­mule des plus ra­di­caux sur les ré­seaux so­ciaux, Paris l’était dé­jà avant Em­ma­nuel Ma­cron. En ef­fet, sous François Hol­lande, la loi Tra­vail avait don­né lieu aux pre­miers dé­fer­le­ments des Blacks Blocs. Les­quels, qui s’étaient fait re­mar­quer à plu­sieurs som­mets du G20 dont Gênes et Seat­tle, ap­pa­raissent comme des forces an­ti­sys­tèmes. Et donc de potentiels hé­ri­tiers de la RAF (Rote Ar­mee Frak­tion) en Al­le­magne et des Bri­gades Rouges ita­liennes. Fort heu­reu­se­ment, pour l’ins­tant, il n’y a pas de morts à dé­plo­rer. Après que les ter­ro­ristes is­la­mistes de Daesh ont mis Paris à feu et à sang, le chef de l’État hé­rite ain­si d’une ver­sion dé­gra­dée de ce que les autres pays européens connurent dans les an­nées 70.

Cette ra­di­ca­li­sa­tion in­ter­vient sur fond de fragmentation de la gauche puis­qu’après la mort du Par­ti com­mu­niste, le Par­ti socialiste a im­plo­sé et cette ma­ni­fes­ta­tion du 1er mai au­ra si­gné la mar­gi­na­li­sa­tion de la CGT dans un dé­fi­lé dont elle contrô­lait ja­dis l’or­ga­ni­sa­tion. Entre les Blacks Blocs et les ul­tra­jaunes, il y a un conti­nuum qui rend toute né­go­cia­tion im­pos­sible et pose un dif­fi­cile pro­blème de ges­tion de l’ordre pu­blic à l’Exé­cu­tif. Car après avoir énor­mé­ment « lâ­ché » sur le plan so­cial, au risque d’anéan­tir le pro­jet de ré­forme qu’il res­sas­sait sur tous les tons, l’État s’avère re­la­ti­ve­ment im­puis­sant au plan ré­ga­lien. Et ce­la, même si cette ma­ni­fes­ta­tion du 1er mai au­rait pu plus mal tour­ner. Le dan­ger est donc d’ou­vrir la voie à un re­tour en force d’un ré­gime au­to­ri­taire lors de fu­tures élec­tions.

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